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IDHAE INFORMATION
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Le 9 mars, un tribunal du district de Nijni Taguil, dans la région de Sverdlovsk, a ordonné le transfert de Mikhaïl Trepachkine dans une colonie pénitentiaire au régime plus sévère que celui de la colonie pénitentiaire ouverte où il était détenu. Depuis son changement d’établissement, Mikhaïl Trepachkine n’a plus qu’un accès limité à sa famille, ses amis, ses avocats et ses sympathisants. De plus, il est exposé à de nouvelles violations de ses droits fondamentaux. Il est notamment à craindre qu’il ne bénéficie toujours pas de soins médicaux adaptés, ce qui risque d’entraîner une nouvelle dégradation de son état de santé. L’administration pénitentiaire avait saisi ce tribunal pour solliciter le transfert de Mikhaïl Trepachkine dans une colonie pénitentiaire plus stricte en affirmant qu’il avait enfreint le règlement de la prison. Amnesty International craint que ce recours n’ait été motivé par des considérations politiques et qu’il n’ait été introduit dans le but d’empêcher cet homme d’avoir des contacts avec des journalistes et avec le grand public. Mikhaïl Trepachkine a été condamné en mai 2004 à quatre années d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire au régime ouvert pour « détention illégale de munitions » et « divulgation de secrets d’État ». Pendant sa détention, il a été placé à plusieurs reprises dans une cellule disciplinaire pendant plusieurs jours après avoir été accusé d’avoir enfreint le règlement de la prison. À une de ces occasions, il avait été sanctionné pour avoir introduit de l’alcool au sein de la colonie pénitentiaire. Selon son avocat, Mikhaïl Trepachkine avait acheté un petit flacon d’eau de toilette (7 ml) un jour où il avait obtenu une permission de sortie pour se rendre dans la ville de Nijni Taguil. À son retour, il avait présenté le flacon aux gardiens afin de s’assurer qu’il s’agissait d’un article autorisé. À une autre occasion, il avait été accusé d’avoir injurié un responsable de l’administration pénitentiaire. Toutefois, lorsque les avocats de Mikhaïl Trepachkine ont interrogé ce responsable devant le tribunal, il aurait répondu que leur client ne lui avait pas adressé la parole et ne l’avait pas insulté, mais qu’il était possible qu’il ait proféré un juron. D’après les avocats de Mikhaïl Trepachkine, l’administration pénitentiaire s’est fondée sur ces deux incidents pour demander son transfert dans une colonie pénitentiaire au régime plus sévère. Un portrait IDHAE de Mikhaïl Trepachkine (Copyright IDHAE 2006).
Par la suite, deux
soeurs (Tatiana et Aliona Morozova) qui ont perdu leur mère, disparue dans
une des maisons explosées, se sont adressées à Trepachkine pour les défendre
devant la Cour dans un procès contre deux originaires de la république
caucasienne, accusés d'avoir transporté des explosifs pour les attentats en
question. Pendant la préparation au procès, Trepachkine a découvert des
informations sur un suspect inconnu, dont la description avait été retirée du
dossier. Cette personne était en effet un de ses anciens collègues de FSB. Trepachkine
a aussi trouvé un témoin qui a confirmé que les dépositions ont été déformées
pour que l'enquête n'accuse pas le FSB Mikhaïl Trepachkine a
été arrêté en octobre 2003, soit une semaine avant une audience lors de
laquelle il devait représenter la famille d'une personne tuée dans les
attentats de 1999. Sa voiture et son appartement ont été perquisitionnées: un
pistolet et des cartouches ont été trouvés et Trepachkine a été emprisonné.
Il est probable que les objets découverts par la police ont été déposés
furtivement pendant les perquisitions. Avant l'arrestation Trepachkine a pu
partager les résultats de son enquête avec un journaliste à Moscou L'accusation d'avoir
gardé illégalement une arme à feu a été annulée par la Cour d'Appel de
Moscou. Cependant, un tribunal militaire a déclaré l'avocat coupable de
«divulgation de secrets d'État» et de «détention illégale de munitions» en
mai 2004 et l'a condamné à une peine de quatre ans d'emprisonnement. Le
Tribunal a considéré que Trepachkine avait enfreint des instructions et avait
gardé, en dehors de l'établissement, des dossiers d'enquête sur des
groupements criminels. Mikhaïl Trepachkine, qui
souffre d'une forme d'asthme bronchique suffisamment grave, au regard du Code
de l'administration pénitentiaire et des directives du ministère de la Santé,
pour justifier sa mise en liberté, a été mis en détention dans la colonie
pénitentiaire IK 13, un établissement ouvert situé dans la région de
Sverdlovsk. Très vite, son état de santé est devenu préoccupant. Le 30 août 2005,
Mikhaïl Trepachkine a bénéficié d’une libération conditionnelle et a quitté
la colonie pénitentiaire IK-13. À son arrivée à Moscou, où il réside, il a
annoncé qu’il allait poursuivre son travail d’investigation. Peu après, le 18
septembre, il a été arrêté chez lui, à Moscou, sans ordonnance d’une instance
judiciaire, puis a été ramené à la colonie pénitentiaire de Nijnii Tagil, dans
la région de Sverdlosk, pour y purger le reste de sa peine. En mai 2006, un
diagnostic préliminaire aurait situé l'asthme de Mikhaïl Trepachkine à un
degré de gravité qui, aux termes de la législation russe, justifierait son
transfert dans un hôpital car la colonie pénitentiaire ne pouvait assurer le
traitement adapté à son cas. Mais le directeur de la prison semble continuer
à s'opposer à ce transfert. Le 29 mai 2006, le tribunal de district de Nijnii
Tagil devait se prononcer sur la demande de prise en charge médicale adaptée.
Pendant l’audience, Mikhaïl Trepachkine a eu une grave crise d’asthme. Le
personnel médical appelé sur place a estimé qu'il avait développé une forme
grave d’asthme bronchique et qu’il avait besoin de soins d’urgence. Le juge a
donc reporté l’audience et ordonné son hospitalisation immédiate. Mais le soir
même, le directeur adjoint de la colonie pénitentiaire se serait rendu à
l’hôpital accompagné de cinq gardiens, et l’aurait ramené dans son
établissement De plus, Mikhaïl Trepachkine
a été mis en cellule disciplinaire à plusieurs reprises, vraisemblablement
parce qu'il demandait à bénéficier du traitement prévu par la loi. Son état
de santé se serait aggravé du fait des conditions pénibles qui lui sont
imposées. Dans les cellules disciplinaires, les prisonniers n'ont pas le
droit de s'asseoir au cours de la journée. Il n'y a ni chauffage ni aération,
même lorsque la température est inférieure à zéro ou supérieure à 30 degrés
centigrades.Selon ses avocats, l'hygiène laisse à désirer même dans les
cellules ordinaires, qui sont infestées de cafards et de rats. En décembre 2006,
Trepachkine a émis le souhait de communiquer aux enquêteurs britanniques des
« informations importantes" qu'il
détiendrait sur la mort d’Alexandre Litvinenko, un autre ancien agent de
renseignement russe, tué par du polonium 210.
Les services pénitentiaires russes se sont opposés à toute rencontre. Informations générales : Cette affaire a mis en
évidence les graves problèmes que connaissait la justice russe : manque
d’indépendance du pouvoir judiciaire, contacts limités des accusés avec leurs
avocats, mauvaises conditions de détention et recours à la torture ou aux
mauvais traitements pour obtenir des « aveux ».Diverses violations de la
législation russe et du droit international en matière de détention ont été
signalées. Des cas de détention arbitraire ou de torture ont notamment été
relevés. Les conditions régnant dans certains centres de détention provisoire
bondés étaient telles qu’elles constituaient, de fait, un traitement cruel,
inhumain et dégradant. Selon Guenri Reznik, président du barreau de Moscou,
il arrive fréquemment que l’on engage des démarches visant à la libération
d’un prisonnier atteint d’une maladie grave, comme la forme d’asthme
bronchique dont souffre Mikhaïl Trepachkine. Guenri Reznik en a déduit que
les autorités refusaient de libérer cet homme en représailles contre les critiques
qu’il a formulées en toute franchise envers les autorités russes.
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