Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf
Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed sont détenus au secret par
les forces de sécurité et risquent d’être victimes de mauvais traitements,
voire d’actes de torture. Ils auraient été arrêtés parce qu’ils envisageaient
de commémorer le quinzième anniversaire de la mort de leurs proches, exécutés
sommairement en 1990. Amnesty International pense qu’il s’agit de prisonniers
d’opinion car ils ont été placés en détention alors qu’ils n’ont fait
qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et d’association.
Les quatre hommes ont été
appréhendés le 21 avril à Khartoum. Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed
ont été interpellés en même temps que quatre adolescents âgés de quinze à
dix-huit ans. Environ 35 membres des forces de sécurité auraient cerné la
maison dans laquelle ils s’étaient retrouvés afin d’organiser une
manifestation, le 23 avril, en hommage à leurs proches décédés. Ces derniers
figuraient parmi 28 officiers exécutés le 24 avril 1990 après avoir été accusés
d’avoir fomenté un coup d’État militaire. Sati Mohamed Al Hajj et Yusuf
Hussein, qui envisageaient d’apporter leur soutien à cet événement, ont été
arrêtés chez eux et sont détenus dans un lieu inconnu.
Après leur arrestation, les forces
de sécurité ont emmené Tariq Ahmed Gasim, Fawaz Salah Al Sayed et les quatre
adolescents dans leurs bureaux, à Khartoum-Nord. Les quatre jeunes ont été
libérés le jour même, dans la soirée. Ils ont affirmé que des membres des
forces de sécurité les avaient battus et forcés à faire des bonds sur un sol
brûlant.
Le 22 avril, à 10 heures du matin,
les familles de Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont manifesté devant
les locaux des forces de sécurité à Khartoum-Nord afin d’obtenir leur remise en
liberté. Les deux hommes ont été produits devant leurs proches dans la salle de
réception des bureaux, avant d’être ramenés en détention. D’après leurs
familles, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed semblaient avoir été
battus. Le 22 avril, les forces de sécurité ont arrêté puis relâché d’autres
organisateurs de la commémoration. L’un d’eux aurait été sauvagement battu et
aurait reçu 40 coups de fouet avant d’être libéré. Amnesty International ignore
si des charges ont été retenues contre Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein,
Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed.
Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf
Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont été libérés le 22 avril
vers 23 heures. Aucune charge n’a été retenue contre eux.
Ces hommes étaient détenus au
secret par les forces de sécurité, une situation qui les exposait fortement au
risque d’être torturés. Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed sont
apparentés à des officiers exécutés sommairement le 28 avril 1990, après avoir
été accusés de préparer un coup d’État. Ils ont été arrêtés le 21 avril 2005
parce qu’ils envisageaient de commémorer le quinzième anniversaire de la mort
des officiers. Ils ont été placés en détention alors qu’ils n’avaient fait
qu’exercer pacifiquement leur droit d’exprimer leurs opinions et Amnesty
International les considérait, à ce titre, comme des prisonniers d’opinion.
Merci beaucoup à tous ceux qui sont intervenus en faveur de
ces hommes.
Dans la dernière série d’appels que
vous ferez parvenir, dans la mesure du possible, aux destinataires mentionnés
ci-après (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites que vous vous réjouissez de
la remise en liberté de Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein, Tariq Ahmed Gasim
et Fawaz Salah Al Sayed ;
– déclarez-vous gravement préoccupé
par les informations selon lesquelles Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed
ont été torturés, au mépris de l’article 7 du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Soudan est partie, et de
l’article 115-2 du Code pénal de 1991 ;
– demandez que soit conduite une
enquête exhaustive et impartiale sur ces allégations et que toute personne
soupçonnée d’avoir infligé des actes de torture ou toute autre forme de mauvais
traitements soit traduite en justice ;
– soulignez que ces quatre hommes
ont été détenus au secret et sans être inculpés, ce qui est contraire à
l’article 9 du PIDCP, qui interdit la détention arbitraire et dispose : «Tout
individu arrêté ou détenu du chef d'une infraction pénale sera traduit dans le
plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à
exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable
ou libéré.»
APPELS À
Remarque : Les lignes de fax sont
parfois difficiles à obtenir au Soudan, merci de vous montrer persévérants. Si
votre fax ne parvient pas à son destinataire, veuillez envoyer votre appel par
courrier postal.
Premier vice-président :
Mr
Ali Osman Mohamed Taha
First
Vice-President
People’s
Palace
PO Box 281
Khartoum, Soudan
Fax : +249 183 771025
Formule d'appel : Your Excellency,
/ Monsieur le Premier vice-président, Ministre des Affaires étrangères :
Mr
Mustafa Osman Ismail
Minister
of Foreign Affairs
Ministry
of Foreign Affairs
PO Box 873
Khartoum
Soudan
Fax : +249 183 779383
Formule d'appel : Dear Minister, /
Monsieur le Ministre,
COPIES À
Président du Comité des plaintes au
sein du
Conseil consultatif pour les droits
de l’homme :
El
Tayeb Harun Ali
Head
of Complaints Committee
Human
Rights Advisory Council
Khartoum, Soudan
Fax : +249 183 781343
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques du Soudan dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
Amnesty International ; DOCUMENT PUBLIC
AFR 54/042/2005