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ACTION URGENTE

 

 

SOUDAN

 

21 avril 2005

 

Sati Mohamed Al Hajj

avocat spécialisé dans les droits humains

détenu au secret par les forces de sécurité

Ils ont été libérés le 22 avril.

 


 

Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed sont détenus au secret par les forces de sécurité et risquent d’être victimes de mauvais traitements, voire d’actes de torture. Ils auraient été arrêtés parce qu’ils envisageaient de commémorer le quinzième anniversaire de la mort de leurs proches, exécutés sommairement en 1990. Amnesty International pense qu’il s’agit de prisonniers d’opinion car ils ont été placés en détention alors qu’ils n’ont fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et d’association.

Les quatre hommes ont été appréhendés le 21 avril à Khartoum. Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont été interpellés en même temps que quatre adolescents âgés de quinze à dix-huit ans. Environ 35 membres des forces de sécurité auraient cerné la maison dans laquelle ils s’étaient retrouvés afin d’organiser une manifestation, le 23 avril, en hommage à leurs proches décédés. Ces derniers figuraient parmi 28 officiers exécutés le 24 avril 1990 après avoir été accusés d’avoir fomenté un coup d’État militaire. Sati Mohamed Al Hajj et Yusuf Hussein, qui envisageaient d’apporter leur soutien à cet événement, ont été arrêtés chez eux et sont détenus dans un lieu inconnu.

Après leur arrestation, les forces de sécurité ont emmené Tariq Ahmed Gasim, Fawaz Salah Al Sayed et les quatre adolescents dans leurs bureaux, à Khartoum-Nord. Les quatre jeunes ont été libérés le jour même, dans la soirée. Ils ont affirmé que des membres des forces de sécurité les avaient battus et forcés à faire des bonds sur un sol brûlant.

Le 22 avril, à 10 heures du matin, les familles de Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont manifesté devant les locaux des forces de sécurité à Khartoum-Nord afin d’obtenir leur remise en liberté. Les deux hommes ont été produits devant leurs proches dans la salle de réception des bureaux, avant d’être ramenés en détention. D’après leurs familles, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed semblaient avoir été battus. Le 22 avril, les forces de sécurité ont arrêté puis relâché d’autres organisateurs de la commémoration. L’un d’eux aurait été sauvagement battu et aurait reçu 40 coups de fouet avant d’être libéré. Amnesty International ignore si des charges ont été retenues contre Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed.

Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont été libérés le 22 avril vers 23 heures. Aucune charge n’a été retenue contre eux.

Ces hommes étaient détenus au secret par les forces de sécurité, une situation qui les exposait fortement au risque d’être torturés. Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed sont apparentés à des officiers exécutés sommairement le 28 avril 1990, après avoir été accusés de préparer un coup d’État. Ils ont été arrêtés le 21 avril 2005 parce qu’ils envisageaient de commémorer le quinzième anniversaire de la mort des officiers. Ils ont été placés en détention alors qu’ils n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leur droit d’exprimer leurs opinions et Amnesty International les considérait, à ce titre, comme des prisonniers d’opinion.

 

Merci beaucoup à tous ceux qui sont intervenus en faveur de ces hommes.

 

 

Dans la dernière série d’appels que vous ferez parvenir, dans la mesure du possible, aux destinataires mentionnés ci-après (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

 

– dites que vous vous réjouissez de la remise en liberté de Sati Mohamed Al Hajj, Yusuf Hussein, Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ;

 

– déclarez-vous gravement préoccupé par les informations selon lesquelles Tariq Ahmed Gasim et Fawaz Salah Al Sayed ont été torturés, au mépris de l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Soudan est partie, et de l’article 115-2 du Code pénal de 1991 ;

 

– demandez que soit conduite une enquête exhaustive et impartiale sur ces allégations et que toute personne soupçonnée d’avoir infligé des actes de torture ou toute autre forme de mauvais traitements soit traduite en justice ;

 

– soulignez que ces quatre hommes ont été détenus au secret et sans être inculpés, ce qui est contraire à l’article 9 du PIDCP, qui interdit la détention arbitraire et dispose : «Tout individu arrêté ou détenu du chef d'une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré.»

 

APPELS À

 

Remarque : Les lignes de fax sont parfois difficiles à obtenir au Soudan, merci de vous montrer persévérants. Si votre fax ne parvient pas à son destinataire, veuillez envoyer votre appel par courrier postal.

 

Premier vice-président :

Mr Ali Osman Mohamed Taha

First Vice-President

People’s Palace

PO Box 281

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 771025

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier vice-président, Ministre des Affaires étrangères :

Mr Mustafa Osman Ismail

Minister of Foreign Affairs

Ministry of Foreign Affairs

PO Box 873

Khartoum

Soudan

Fax : +249 183 779383

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

 

COPIES À

 

Président du Comité des plaintes au sein du

Conseil consultatif pour les droits de l’homme :

El Tayeb Harun Ali

Head of Complaints Committee

Human Rights Advisory Council

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 781343

 

ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays.

 

PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

 

Amnesty International ; DOCUMENT PUBLIC

AFR 54/042/2005

 

 

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