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TUNISIE
"La Campagne "Libérez Mohamed ABBOU ! "


Mohamed
Abbou
en grève de la faim
pour protester contre ses conditions de détention qui se
sont aggravées depuis le 11 mars 2006
Il a accepté
d'arrêter sa grève de la faim au 35ème jour (14/04.06).
MISE A
JOUR : 20 avril 2006 : Selon Samia Abbou jointe par téléphone le 20 avril 2006, son mari,
Mohammed ABBOU, a accepté d'arrêter sa grève de la faim, au 35ème
jour, à la suite de sa visite précédente (jeudi 13 avril) durant laquelle
elle lui avait transmis les demandes pressantes de ses confrères.
Pour cette dernière visite, elle était accompagnée de Sihem Bensedrine,
de Oum Zied et de trois membres du réseau IFEX (International freedom of
expression exchange). Ces derniers avaient précédemment été reçus
par le ministre de la Justice tunisien avec qui ils s'étaient entretenu
du cas de Mohamed Abbou ;
Contrairement aux semaines
précédentes, le trajet entre Tunis et le Kef s'est déroulé sans incident.
Arrivés devant la prison, les membres d'IFEX ont demandé, sans
succès, à rencontrer le directeur de la prison. Alors qu'ils avaient tous
un autocollant portant la mention "Libérez Abbou", les gardiens
ont demandé à Samia de l'enlever avant de voir son mari, ce qu'elle a
refusé.
Elle a donc pu voir Mohammed Abbou, avec son autocollant, pendant 1/4
d'heure, ce qui lui a permis de constater qu'il avait repris des forces,
se tenant mieux debout et parvenant à parler.
RAPPEL 6 mars 2006 : Incarcéré depuis le 1er
mars 2005 pour avoir publié une tribune sur Internet en août 2004, dans
laquelle il dénonçait les conditions de détention en Tunisie, Mohamed
Abbou, ancien dirigeant de l’Association des jeunes avocats (AJA), membre
du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et de
l’Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques
(AISSP) a entamé une grève de la faim depuis le 11 mars 2006 pour
protester contre ses conditions de détention qui se sont aggravées depuis
le 2 mars 2006, date à laquelle de nombreuses personnes se sont
rassemblées devant la prison de Kef, malgré l’interdiction de la police
et la garde nationale.
Depuis lors, Me Mohamed Abbou a été réveillé à
plusieurs reprises en pleine nuit par les gardiens qui ont procédé à des
fouilles par mesure de rétorsion. L’administration carcérale aurait
également incité certains co-détenus de droit commun à le harceler et
colporter des rumeurs touchant à son honneur et celui de sa famille. De
même, les gardiens ont interrompu la visite hebdomadaire après trois
minutes, malgré l’insistance de sa mère, qui ne l’avait pas vu depuis
trois mois. Sa femme, Mme Samia Abbou, a décidé depuis le 2 mars 2006 de
ne plus rencontrer son mari derrière les barreaux durant la visite
hebdomadaire, et de se contenter d’un sit-in devant la prison chaque
jeudi, jour de visite, en signe de protestation contre le sort injuste
que subit son mari. Un impressionnant dispositif policier l’a alors
entourée durant son sit-in. De nombreuses voitures de la sûreté de l’Etat
et de la garde nationale l’ont également « escortée » durant
tout le trajet qui mène de Tunis à Kef (170 Km) et la voiture de Me
Idoudi, qui l’avait accompagnée, a été « contrôlée » une
dizaine de fois durant ce trajet, les documents de sa voiture ont été
saisis et un procès-verbal a été dressé à son encontre.
Le 23 mars 2006, jour de visite, la femme de M. Abbou, Mme Samia Abbou,
accompagnée de la mère de son mari et de ses trois enfants, qui n’avaient
pas vu leur père depuis deux mois et demi, ont été interdits de lui
rendre visite, alors même que la prison de Kef est à plus de 250 km de
leur domicile. Aucune explication ne leur a été donnée.
En outre, le 20 mars 2006, Mme Samia Abbou, qui rentrait alors de Genève
(Suisse), a été fouillée à son arrivée à l’aéroport, et une photo de son
mari, qu’elle porte toujours sur elle, lui a été confisquée.
L’IDHAE demande aux autorités
tunisiennes de libérer immédiatement Me Mohammed ABBOU et de mettre un
terme aux actes de harcèlement à l’encontre de la famille de Me Abbou.
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