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Menacé en février 2005, Hüseyin
Aygün, 35 ans, avocat et défenseur des droits
humains, se retrouve aujourd’hui finalement
poursuivi dans le cadre de trois affaires pour diffamation et atteinte
à la réputation du commandant de gendarmerie.
Le procès devait s’ouvrir le 20 juillet.
En février 2005, Hüseyin Aygün aurait reçu une série de menaces de la part du
commandant des forces de gendarmerie du département de Tunceli. Hüseyin Aygün a déposé une plainte concernant
ces menaces auprès du procureur, qui a ouvert une enquête. Toutefois, peu de
temps après, alors que l’enquête suivait son cours, des poursuites
judiciaires ont rapidement été lancées à l’encontre de Hüseyin Aygün par
rapport à sa plainte. Une troisième procédure
a été lancée contre , dans laquelle le commandant de gendarmerie
réclame 30000 lires turques (environ 20000 euros) de réparation pour atteinte
à sa réputation.
Le 13 février, Hüseyin Aygün a donné une conférence de presse à Tunceli afin
d’attirer l’attention sur les menaces qu’il avait reçues de la part du
commandant de gendarmerie. Ses propos ont été publiés dans le journal
national, Özgür Gündem. Par la suite, le commandant de gendarmerie a
déposé une plainte auprès du procureur et des poursuites pour diffamation ont
été lancées à l’encontre de Hüseyin Aygün, du rédacteur en chef et du patron
du journal Özgür Gündem. S’ils sont reconnus coupables, ils encourent
de trois mois à un an d’emprisonnement ou une amende. Le procureur a, en
outre, demandé que la peine prononcée contre les trois hommes soit encore
plus sévère, car ils auraient commis un délit envers un représentant de
l’État en service. Le 11 juillet, lors de la seconde audience dans le cadre
du procès pour diffamation, le juge a décidé de traiter cette affaire en même
temps qu’une deuxième affaire concernant la plainte. La date de la prochaine
audience n’a pas encore été arrêtée.
Le 24 juin, près de Tunceli, un taxi a roulé sur une mine terrestre, qui a pu
être placée là dans le cadre du conflit entre les forces gouvernementales et
le groupe armé du Partiya Karkeren Kurdistan (PKK, Parti des
travailleurs du Kurdistan). Les forces de sécurité chargées d’examiner les
lieux ont installé sur la carcasse du taxi des pancartes sur lesquelles on
pouvait lire : «Défenseurs des droits humains, avez-vous vu cette voiture
? Membres de l’Association des avocats du département de Tunceli, pourquoi
restez-vous silencieux ? Ceux qui font des déclarations à la presse à propos
des oiseaux dans les montagnes, vont-ils parler de cela ? Nous attendons avec
impatience.»
L’Association des avocats du département de Tunceli a déposé une plainte
concernant ces pancartes auprès du procureur, qui a ordonné qu’elles soient
retirées. Les responsables de l’association ont déclaré : «L’Association
des avocats du département de Tunceli a toujours été du côté de la loi. Les
gens qui ont écrit ces pancartes sont gênés par le travail de notre
association et des organisations de la société civile.»
Amnesty International pense que les pancartes placées sur la carcasse du taxi
pourraient amener d’autres personnes à remettre en question le rôle des
défenseurs des droits humains, ce qui pourrait se traduire par des menaces et
des attaques à l’encontre des personnes engagées en faveur des droits
fondamentaux, comme cela est arrivé par le passé.
Huseyin Aygun, avocat à Tunceli a
été l’un des créateurs du barreau et en a été président à deux reprises.
Connu pour ses engagements en faveur des droits de l’homme, il a pris une
part active dans la défense des paysans expulsés en masse de leur village,
des victimes d’emprisonnements, tortures, assassinats et disparitions dûs au
processus militaire, notamment les disparus de Mirig pour lesquels il
continue aujourd’hui à demander des comptes aux autorités militaires turques.
Il a grandement contribué à la naissance du journal Munzur Haber, premier a
être publié dans la langue d’origine, le zaza, interdit jusqu'il y a peu de
temps, journal qui dénonce la répression et les violations quotidiennes des
droits de l’homme et s’attache à la valeur de la liberté.
Huseyin Aygun a porté près de 150 procès concernant les exactions commises à
Dersim devant la cour de justice européenne. Ses engagements courageux en
font une cible pour ceux dont il gêne les projets, aussi nous lui faisons
part de tout notre soutien.
Plus : Lire l’APPEL INITIAL DE L’IDHAE.
Plus : Lire le NOUVEL APPEL DE L’IDHAE.
Un
grand merci à tous ceux et toutes celles qui ont envoyé des appels. Nous
allons continuer à faire campagne en faveur de Hüseyin Aygün au moyen
d’actions à plus long terme.
NOUVELLE ACTION RECOMMANDEE :
Dans la dernière série d’appels
que vous ferez parvenir au plus vite, dans la mesure du possible, aux
destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en français ou dans votre
propre langue) :
– faites part des craintes que vous inspirent les accusations retenues contre
Hüseyin Aygün et les employés du journal Özgür Gündem par rapport aux
plaintes déposées par Hüseyin Aygün, après que cet homme eut été menacé ;
– soulignez que ces poursuites judiciaires sont d’autant plus préoccupantes
que l’enquête ouverte à la suite de ces plaintes est toujours en cours ;
– saluez l’ouverture d’une enquête par les autorités sur les menaces
apparemment proférées par des représentants de la gendarmerie à l’encontre de
Hüseyin Aygün et demandez que ses conclusions soient rendues publiques et que
tous les responsables présumés soient traduits en justice ;
– appelez les autorités à agir de manière efficace afin que tous les
représentants de l’État reconnaissent la légitimité de l’action des
défenseurs des droits humains ainsi que leur droit de mener leurs activités
sans restrictions ni craintes de représailles, conformément à la Déclaration
des Nations unie sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et
organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les
libertés fondamentales universellement reconnus ;
– demandez l’ouverture d’une enquête approfondie et impartiale sur les
pancartes installées le 24 juin par des membres des forces de sécurité, qui
sous-entendaient que les défenseurs des droits humains soutenaient les
groupes armés, demandez également que ses résultats soient rendus publics et
que les tous les responsables présumés soient traduits en justice ;
– exhortez les autorités à condamner publiquement le comportement des forces
de sécurité le 24 juin dernier et à faire une déclaration publique
réaffirmant la légitimité du rôle et des objectifs des associations de
défense des droits humains, y compris l’association des avocats du
département de Tunceli.
APPELS
À
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Ministre de la Justice :
Mr Cemil Çiçek
Ministry of Justice
Adalet Bakanlýðý
06659 Ankara, Turquie
Fax : +90 312 418 5667
Courriers électroniques: cemilcicek@adalet.gov.tr
Formule d’appel: Dear Minister / Monsieur le Ministre,
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Ministre de l’Intérieur :
Mr Abdulkadir Aksu
Ministry of Interior
Içisleri Bakanligi
Ankara, Turquie
Fax : +90 312 418 1795
Courriers électroniques : aaksu@icisleri.gov.tr
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
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COPIES
À
Ministre d’État chargé des droits humains et Ministre des Affaires
étrangères :
Mr Abdullah Gül
Office of the Prime Minister
Basbakanlik
06573 Ankara, Turquie
Fax : +90 312 287 8811
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Turquie dans votre pays.
MERCI
D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
DOCUMENT PUBLIC
EUR 44/025/2005
Action complémentaire sur l’AU 36/05 (EUR 44/006/2005 du 15 février 2005)
ÉFAI
Londres, le 15 juillet 2005
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