INSTITUT DES DROITS DE L'HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX   VOUS ETES SUR LE SITE DE L'IDHBB - IL EST :               

CANDIDATS AU PRIX LUDOVIC TRARIEUX 2002:

  • 1. Henri BURIN DES ROZIERS (Brésil)

  • 2. Eren KESKIN (Turquie)

  • 3. Mahmoud KELLILI (Algérie)

  • 4. Gibson Kamau KURIA (Kenya)

  • 5. Karinna MOSKALENKO (Russie)
  • 6. Rugemeleza NSHALA (Tanzanie)

  • 7. Digna OCHOA (Mexique)

  • 8. Luis Guillermo PÉREZ CASAS (Colombie)

  • 9. Saligram SAPKOTA (Népal)

  • 10. Mamadou SAVADOGO (Burkina Faso)
  • 11. Khader SHKIRAT (Palestine)

  • 12. Willy WENGA ILOMBE (R. dém. du Congo)

  • 13. XU Jian (Chine)

  • 14. Barbara ZAMORA (Mexique)

  • Henri Burin des Roziers

    Henri Burin des Roziers

     

    Brésil

     

    Henri Burin des Roziers est né à Paris le 18 février 1930. Il déclare : « J’ai appris presque instinctivement dans le milieu où je suis né, et cela n’était pas fréquent à cette époque, que les personnes et les peuples ont droit à disposer d’eux-mêmes ». Ce sentiment se renforce alors qu’il accomplit son service militaire entre 1954 et 1956. Avec le grade de sous lieutenant, il est envoyé en Tunisie et au Maroc, et enfin en Algérie. « J’ai découvert, dit-il, la pauvreté des colonisés, l’enrichissement des colonisateurs, l’exploitation des peuples et leur soif d’indépendance. »

     

    Licencié ès lettres en 1956, il obtient un diplôme de droit comparé à Cambridge en 1957 et devient docteur en droit de l’Université de Paris en 1958. Il soutient une thèse en droit comparé en 1959 et obtient le Prix Lévy Ullmann. Promis au plus brillant avenir, sa rencontre avec le Père Congar, théologien condamné au silence par le Pape Pie XII, éveille sa vocation religieuse. Il décide de devenir dominicain. Ordonné prêtre en 1963, il sera nommé directeur du Centre Saint Yves, Centre catholique des étudiants des Facultés de Droit et Sciences économiques de l’Université de Paris de 1964 à 1970. En 1968 le Centre St Yves bouillonne d’agitation, on y pratique les méthodes de prises de parole spontanée, ce que le Vatican désapprouve… mais que le Frère Henri évoque avec une certaine nostalgie : « Pour nous, le mouvement de mai 68 représentait un rêve… pour une société juste, fraternelle, sans exclus, sans barrières. En ce sens, c’était un rêve beau, biblique, évangélique. »

     

    En 1971, avec quelques frères dominicains, le Frère Henri se rend à Besançon où il est embauché aux usines Rhodia. Il découvre le monde ouvrier, et réagit vivement aux injustices et au racisme frappant les travailleurs étrangers. Il vit parmi eux, et s’attache à constituer des dossiers qui seront plaidés par des avocats dévoués, lui-même n’étant pas encore inscrit au barreau. De 1972 à 1978 il travaille dans l’administration publique de la santé, à Annecy, et se voit chargé de chercher une solution au problème du manque de logements pour les travailleurs étrangers, particulièrement les arabes, victime d’une société xénophobe.

     

    Après ces années où il réalise un travail social considérable dans des Associations de Défense des Droits des travailleurs Etrangers, il aspire à une nouvelle mission, et obtient son envoi au Brésil où il arrive en 1978.

     

    Il y avait plus de deux ans que cette affectation était bloquée par le gouvernement brésilien qui refusait tout visa aux missionnaires français. Il s’empresse de commencer l’étude du portugais ainsi que celle de la culture et des traditions du pays, découvrant le travail pastoral parmi les travailleurs ruraux, et l’activité de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), organisme œcuménique, au service des petits paysans et de leurs organisations pour la défense de leurs droits à la terre, à la dignité et à la vie. Il déclare : « Je découvris une population totalement réduite en esclavage, surveillée par des tueurs à gages, des ‘pistoleiros’, sans que personne puisse intervenir. »

     

    Henri Burin des Roziers ayant maîtrisé la langue locale a été inscrit à l’Ordre des avocats du brésil en 1984. Jusqu’en 1990, il est assesseur juridique de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) dans le Nord des Etats du Goias et du Tocantins, région de violents conflits fonciers. Le travail du Secteur juridique de la CPT dans la région sud de l’Etat du Para, de 1991 à 2003 se réalise sur trois fronts :

     

    ·                    Le combat contre l’impunité des assassins des paysans : Entre 1980 et 2003, plus de 400 travailleurs ruraux ont été assassinés. Jusqu’en 1994, aucun responsable de ces crimes n’avait été jugé. Le 18 décembre 85, Joao Canuto Oliveira, premier président du syndicat des paysans de la commune de Rio Maria, était tué. Ce ne sera que les 22 et 23 mai 2003 que les commanditaires de ce crime comparaîtront devant le Tribunal de Belém après une procédure semée d’embûches. Après l’assassinat en février 1991 de son successeur, Expedito Ribeiro de Souza, la CPT, et Henri Burin des Roziers suivront systématiquement les enquêtes concernant les assassins des syndicalistes de Rio Maria. Le 6 juin 2000, et pour la première fois, justice est rendue par la condamnation de l’assassin de Ribeiro de Souza. Stupeur des grands propriétaires confiants dans leur habituelle impunité, et qui se déchaîneront par des menaces de mort contre Frère Henri.

     

    ·                    Le combat contre le travail-esclave : En 2002, la CPT dénonçait dans un rapport que 117 propriétés rurales de la région utilisaient 4330 travailleurs réduits en esclavage. Ces ouvriers saisonniers, ne sont pas payés et ne peuvent s’enfuir étant totalement isolés et surveillés par des gardes armés.. Leurs conditions de travail sont décrites comme dégradantes et inhumaines. Ces révélations susciteront la fureur des grands propriétaires contre la Commission, et surtout contre Frère Henri.

     

    ·                    Le combat contre la violence de la police : Le 12 juillet 2000, la CPT publie un dossier révélant des dizaines de cas de tortures commises dans des commissariats de police. La police de l’Etat de Para réagira par une campagne de diffamation d’une extrême violence contre Henri Burin des Roziers. Le Commissaire général de la Police Civile du Para, portera contre lui les accusations les plus graves et parviendra à faire ouvrir plusieurs procédures à son encontre. En 2001 toutes ces procédures seront reconnues sans fondement et annulées, par décision du tribunal de justice de l’Etat. Depuis 2001, un procès pour torture est ouvert contre deux policiers de la commune, Frère Henri plaide pour les parties civiles. N’hésitant pas, une fois de plus, à mettre sa sécurité en péril.

     

    Entre autres distinctions, il a reçu la Légion d’Honneur au titre des Droits de l’Homme en 1994 et le titre de citoyen d’honneur de l’Assemblée Législative de l’Etat du Para, en 2000. Sa candidature de au Prix Ludovic Trarieux 2003 est présentée par Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT)

     

     

    Eren Keskin

     

    Turquie

     

    Eren Keskin, de nationalité turque, née à Bursa, le 24 mai 1959, est avocate au barreau d’Istamboul. Son engagement pour la défense des droits fondamentaux de la personne humaine est constant, et son courage devant la violence et l’injustice ne s’est jamais démenti.

     

    Bravant les menaces et les injures, elle poursuit un combat résolu auprès des victimes d’atteintes aux droits humains, en particulier les membres de la communauté kurde. Elle paie chèrement cette lutte pour le droit et la justice. Condamnée une première fois en 1995, elle subit une peine d’emprisonnement qui lui vaut d’être adoptée en qualité de prisonnière d’opinion par Amnesty International. Cette condamnation inique soulève l’indignation. En signe de protestation, la section britannique d’Amnesty International fait envoyer à Eren Keskin une multitude de bouquets de fleurs et de messages d’amitiés qui seront déposés par l’association turque de défense des Droits de l’Homme devant la prison de Sagmalcilar où elle est détenue, ses gardiens ayant refusé de les lui remettre. La pression internationale permettra sa libération.

     

    Cette expérience ne sera pas de nature à faire taire Eren Keskin. Ayant osé employer le mot « Kurdistan » au cours d’une interview accordé au journal « Medya Günesi », elle est à nouveau jugée en février 1997, pour « propagande séparatiste ». En application de l’article 8 de la fameuse loi antiterroriste, elle est condamnée à une peine d’emprisonnement d’un an, un mois et dix jours avec sursis.

     

    Assurant la défense d’Abdullah Öcalan, dirigeant du Parti Kurde des Travailleurs (PKK), elle sera l’objet de menaces de mort et de viol. Elle déclarera : « La police nous considère, nous les avocats de la défense, comme des membres du PKK… Ils considèrent comme particulièrement choquant qu’une avocate, une femme, défende un accusé du PKK » . En avril 2001, ces menaces entraînent le lancement d’une Action Urgente d’Amnesty International en sa faveur. Il convient de noter qu’Eren Keskin, a été agressée physiquement par des policiers, et a été victime d’une tentative d’assassinat. Attaquée le 15 novembre 2001 dans les locaux de la section de l’Insan Haklari Dernegi d’Istamboul avec d’autres membres de l’association, une nouvelle Action Urgente d’Amnesty International sera dirigée vers le Ministre de l’Intérieur, et le Ministre de la Justice. Il convient de noter qu’en Turquie, les associations de défense des droits humains, et leurs militants, sont l’objet de harcèlements, de menaces, d’arrestations arbitraires et de tortures très rarement sanctionnés.

     

    Aux côtés des femmes victimes de violences, Eren Keskin, est l’une des fondatrices du Programme d’assistance judiciaire aux femmes victimes de viols ou d’autres violences sexuelles en détention. Cette action si importante, est particulièrement mal vue, dans un pays où ce type de sévices est le plus souvent farouchement nié par les autorités qui peuvent en être responsables. En outre, la législation turque semble peu soucieuse de la protection des victimes. Les crimes de cette nature sont définis comme des « crimes contre la morale publique et l’ordre familial »l’intégrité physique et psychologique de la femme venant en second plan.

     

    En outre, il faut un courage peu commun pour avoir l’audace de briser le silence et affronter l’Etat et la société qui s’emploient à faire taire les plaignantes. Ces malheureuses sont en outre rendues responsable du déshonneur qui éclabousse leurs familles et soumises à de véritables persécutions.

     

    Ayant dénoncé, lors d’une conférence en Allemagne, les viols et autres sévices sexuels infligés à des femmes par des soldats, Eren Keskin est elle-même victime de menaces personnelles à caractère sexuel. Ainsi le chroniqueur de presse Fatih Altayli, a déclaré lors d’une interview radiodiffusée : « Si je n’agresse pas sexuellement Eren Keskin à la première occasion, je ne suis pas vraiment un homme » ajoutant «  je pense que quand Eren Keskin viendra ici, elle n’aura pas volé quelques sévices » Ce personnage a virilement refusé de s’excuser dans la chronique qu’il a publié le 2 mai 2002 dans le quotidien Hürriyet .

     

    Pour avoir dénoncé les viols et les actes de torture imputables aux forces de sécurité, Eren Keskin et une nouvelle fois appelée à comparaître devant les tribunaux. Lors du procès, elle déclare publiquement « Les Mères pour la paix….ont eu les yeux bandés, ont été entièrement déshabillées et ont été victimes de sévices sexuels infligés par des soldats assez jeunes pour être leurs petits-fils. Elles ont été harcelées et insultées, traitées de ‘putains’ et de ‘salopes’ ». Après cette déclaration, l’avocate est poursuivie pour « insultes envers les forces de sécurité de l’Etat ».Il convient de rappeler que celles que l’on appelle « les Mères du samedi », manifestent pacifiquement chaque semaine, à l’instar des « Mères de la Place de Mai argentines, pour réclamer inlassablement des nouvelles de leurs fils, de leurs maris ou de leurs proches « disparus ». Elles sont fréquemment harcelées, injuriées et maltraitées. Eren Keskin, les accompagne dans leur démarche et souffre avec elles des mêmes brutalités.

     

    La nouvelle attitude du barreau d’Istanbul et du barreau turc : Outre les multiples procédures judiciaires auxquelles elle doit faire face, Eren Keskin en janvier 2003, s’est vue frappée d’une suspension de sa licence d’avocat pour un an, en application d’une décision de l’Union des barreaux turcs remontant à sept ans. Cette décision surprenante émanant d’organismes qui avaient habitué à un comportement plus conforme aux principes de la liberté d’expression, a entraîné de vives protestations des défenseurs des droits humains, et d’Amnesty International en particulier.

     

    La candidature d’Eren Keskin est présentée par Jenny Vanderlinden, de Amnesty International Belgique Francophone (AIBF) ainsi que par Amnesty International - Section française.

     

     

     

    Mahmoud Khelili

     

    Algérie

     

    Mahmoud Khellili, Avocat au barreau d’Alger, est né en 1935 à El-Harrach. Epuisé par une vie tout entière consacrée à la défense des droits de l’Homme, il est mort brutalement le 6 mars 2002, alors qu’il venait d’atterrir à l’aéroport de Paris. C’est donc à titre posthume qu’il pourrait être désigné en qualité de lauréat du Prix Ludovic Trarieux 2003.

     

    Après avoir combattu pour la libération de son pays, il a fait partie de la première promotion des commissaires de police de l’Algérie indépendante. Progressivement, il découvrait des pratiques révoltantes d’injustice et de corruption. En 1974, après avoir échappé à une tentative de liquidation pour avoir instruit des affaires de corruption touchant des personnages importants, il démissionnait et reprenait des études de droit.

    Il s’inscrit au barreau d’Alger en octobre 1976. Dès les années 1980, il assure la défense de nombreux prévenus poursuivis lors de grands procès politiques. Devant la Cour de Sûreté de l’Etat, il n’hésite pas à dénoncer les généraux coupables de crimes de torture.

     

    Profitant de l’ouverture démocratique de 1989, il crée le Syndicat national des Avocats algériens (SNAA). Cette initiative provoquera l’hostilité des autorités, mais aussi de son propre barreau, dont il dénonce la dépendance et la corruption, ce qui lui vaudra deux ans de suspension professionnelle.

     

    En 1990 il engage une campagne pour l’abolition de la peine de mort, et organise à ALGER, la première manifestation de rue contre cette peine.

     

    Après le coup d’état de janvier 1992, l’instauration de l’état d’urgence le 9 février, et la promulgation du décret de lutte contre le terrorisme en septembre 1992, il sera parmi les premiers avocats à dénoncer vigoureusement les procès expéditifs des tribunaux d’exception, et leurs dérives, notamment à l’occasion du scandaleux « procès Nouh » en mars 1993 (cinquante accusés, sept condamnés à mort, qui seront exécutés). Il défendra avec le même courage les très nombreux accusés, quels que soient leurs engagements politiques, qui seront déférés devant la Cour de Sûreté de l’Etat.

     

    En 1994 les « services » tenteront de le faire taire en s’en prenant à sa famille, et en arrêtant son fils Farid, accusé de participer à des « activités terroristes ». En 1995, il sera parmi les premiers avocats à dénoncer le massacre de Serkadji, et lancera au nom du SNAA un appel à la solidarité des avocats du monde entier. Ayant participé activement à la rédaction du « Rapport préliminaire sur le carnage de Serkadji », il recevra quelques jours plus tard une lettre du GIA, le condamnant à mort.

     

    4 février 1998 : une troupe fortement armée de policiers investit le logement de Me Khellili au cours de la nuit, maltraite son épouse, frappe ses fils Farid et Karim qui sont enlevés. Karim handicapé mental ne sera relâché que plusieurs jours plus tard, après une Action Urgente d’Amnesty International.. Me Khellili dérange, son acharnement à faire la lumière dans les affaires les plus troubles le désigne à la vindicte de ses adversaires. Il ose en 1999, demander la traduction des généraux putschistes, auteurs de crimes contre l’humanité devant un tribunal pénal international.

     

    Très préoccupé par le grave problème des disparus, il travaille sur les cas concrets de disparitions forcées. Grâce à sa contribution, une liste de 3700 cas de disparitions ainsi qu’une autre concernant 1100 cas d’exécutions sommaires, pourront être établies en janvier 2002 par le Dr Sidhoum, et Algeria-Watch. Il sera le correspondant fidèle de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme, telles qu’Amnesty International, la FIDH, Human Rights Watch, et participera à de nombreux meetings internationaux pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme en Algérie.

     

    Membre de la LADDH et du Réseau Euro-méditerranéen, il est l’un des membres fondateurs, en mai 2001 à La Haye, de Justitia Universalis, organisation internationale de lutte contre l’impunité.

     

    Son activité lui fait courir les risques les plus sérieux. En octobre 2002 il reçoit des menaces de mort téléphoniques, ainsi que son fils. Le message est sans équivoque : « attendez-vous à mourir… vous êtes déjà mort ! » Me Khellili plaidait pour le Directeur de l’Actions sociale de la préfecture d’Oran qui avait dénoncé l’implication de plusieurs officiers supérieurs dans un trafic de drogue. Cet homme était poursuivi en diffamation par le Préfet d’Oran, et le Ministère de la défense, et avait été condamné à un an d’emprisonnement.

     

    Me Khellili a rédigé de nombreux appels et comptes rendus parmi lesquels :Cas de tortures (1998), Kidnapping et exécution sommaire de Youcef Zenati (18 mai 1999), Une affaire d’espionnage lourde de conséquences (18 mai 1999),  Les disparitions suites à des enlèvements par les forces de sécurité, allocution lors de la tournée d’information sur la situation des droits de l’homme en Algérie (octobre-novembre 1999), L’affaire Hachani : tentative de mener un procès clandestinement  (24 novembre 2002).. etc…

     

    Ces informations émanent du SNAA, de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, de la FIDH, de l’OMCT, d’Amnesty International, et du Comite pour la paix civile et la démocratie en Algérie.

     

    La candidature de Mahmoud Khellili au Prix Ludovic Trarieux 2003 est présentée par Amnesty International-France.

     

     

     

     

    Gibbon Kamau Kuria

     

    Kenya

     

     

    Gibbon Kamau Kuria est kenyan et exerce la profession d'avocat à Naïrobi (Kenya) Il est diplômé de l'Université de DAR-ES-SALAAM en 1971 et obtient un Doctorat honoraire de droit délivré par la LEWIS CLARK (Law School For Human Rights).

     

    En 1980, il devient avocat pour fonder en 1981 un cabinet dédié à la protection des droits de l'homme et du constitutionnalisme

     

    Dès le début de sa carrière d'avocat, Gibbon Kamau Kuria a focalisé son énergie sur la lutte sur le respect des droits de l'homme au Kenya.

     

    Seul avocat kenyan à défendre les victimes de tortures et de détention arbitraire des opposants au régime dictatorial du Président Daniel Arap Moi qui a duré vingt-quatre ans (1978-2002), Gibbon Kamau Kuria a payé au prix fort son engagement.

     

    C'est ainsi qu'il fut arrêté et détenu pour les plusieurs mois en 1987. en raison de cette action puis forcé à l'exil jusqu'en 1992, en raison d'un procès dans lequel il avait réussi à obtenir la condamnation de l'état à verser des dommages intérêts à un opposant torturé.

     

    Il exerçait aussi des activités professorales notamment dans des Universités américaines et Kenyanes et de nombreuses publications sur les droits de l'homme et la réforme des institutions judiciaires kenyanes lui sont imputables.

     

    De 1992 à 1996, il a préparé un "Modèle de Constitution" kenyane adoptée par le Parlement en 2002

     

    En 1997, il devint "vice-Président" de la "Law Society" d'Afrique de l'Est pour avoir été l'instigateur de cette réforme constitutionnelle.

     

    En 1999, il a été élu Président de la Law Society of Kenya (LSK), Barreau National du Kenya.

     

    Gibbon Kamau Kuria a également permis, au moyen de nombreuses publications, d'attirer l'attention du monde entier sur les abus du gouvernement kenyan.

     

    En outre, sa lutte judiciaire pour permettre à la "Radio Citizen" de continuer à émettre a eu une influence capitale sur le déroulement démocratique des élections de 2002.

     

    Enfin, et toujours dans le but de voir triompher les droits de l'homme et la démocratie, Gibbon Kamau Kuria a énergiquement combattu pour qu'une réforme constitutionnelle de grande envergure soit votée par le Parlement.

     

    Ce projet de constitution, dont il fut l'auteur, fut adopté en 2002 par le Parlement kenyan.

     

    Elle permet d'assurer à tout citoyen le respect de ses droits élémentaires ainsi que du principe, 1 homme, 1 vote.

     

    La lutte acharnée de Gibbon Kamau Kuria pour la démocratie et le respect des droits de l'homme qui fut menée au péril de sa vie et le conduisit en détention puis à l'exile, fut internationalement reconnue et saluée par la remise de nombreux prix dont le "Human Rights Watch's Award" et le prestigieux "Robert Fitzgerald Kennedy Human Rights Mémorial Award" en 1988. mais a été empêché de se déplacer pour l'accepter le gouvernement ayant confisqué son passeport. Son avocat, Paul Muite, vit aussi son passeport confisqué après qu'il ait accepté la récompense au nom de Kuria.

     

    Bien plus, l'engagement absolu et désintéressé de Gibbon Kamau Kuria permit l'avènement d'un régime démocratique et l'adoption d'une constitution respectueuse des droits du citoyen en 2002.

     

    Sa candidature est présentée par le Robert Fitzgerald Kennedy Mémorial -Center for Human Rights.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Karinna Moskalenko

     

    Russie

     

     

    Ardent défenseur des droits de l'Homme, Karinna Moskalenko crée en 1994, à Moscou l'association dénommée "le Centre de Protection Internationale" (IPC) dont elle est la directrice.

     

    Depuis lors 32 centres existent dans toutes les régions du pays, afin d'aider les personnes à saisir les instances internationales. Le Centre de la Protection international reçoit plus de 400 lettres par mois de prisonniers.

     

    Spécialiste incontesté des droits de l'Homme Karinna Moskalenko se livre inlassablement à un véritable travail pédagogique constituant un véritable collège d’enseignement des droits de l’homme. Elle participe à la formation en cette matière, auprès des autres associations nationales et pour des programmes financés par le Conseil de l'Europe. Depuis plusieurs années, elle milite pour l'abolition de la peine de mort.

     

    En qualité d'avocat, Karinna Moskalenko n’a cessé de promouvoir la mise en œuvre des moyens de protection juridictionnelle internationale pour remédier aux situations de non-droit en Russie.

     

    C’est ainsi qu’elle est l'artisan de la première condamnation de la fédération de Russie par la Cour européenne des Droits de l'Homme avec l’affaire Kalashnikov c/ Russie du 15 juin 2002. Cette décision est d'une importance capitale pour la Russie, les conditions de détention de ce citoyen russe, pour la première fois, ont constitué une violation des art 3, 5et 6 de la Convention.

     

    De même, elle a entraîné la condamnation de la Russie dans les affaires Lantzov pour violation du droit à la vie et Grydin pour violation de la présomption d'innocence, devant le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU.

     

    Elle a défendu -avec succès devant la Cour Constitutionnelle de Russie, un groupe de victimes de la catastrophe de Tchernobyl (19 juin 2002), de Kimirov (26 novembre 2002), décision d'une importance procédurale essentielle: tout condamné peut faire appel territorialement devant la juridiction de 1ère Instance

     

    Dans sa lutte, contre la violation des Droits de l'Homme, bien entendu, Karinna Moskalenko, n'a pu que se faire le porte-parole des victimes en Tchétchènie.

     

    En effet la situation concernant la violation des Droits de l'Homme en Tchétchènie par les forces de l'ordre et les forces armées a été stigmatisée par du Conseil de l'Europe. Pour éviter sa suspension du Conseil de l'Europe, la Russie a créé des commissions indépendantes afin de rechercher et juger les criminels, dont bien l'indépendance n'est que formelle.

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    Sur les 914 requêtes déposées devant la Cour de Strasbourg, 60 concernent le problème de la Tchétchènie et Karinna Moskalenko est en charge de ces dossiers.

     

    Les rapports provenant d'associations locales et fédérales de défense des Droits de l'Homme, indiquent que tous les témoins et notamment les Avocats défenseurs des violations des Droits de l'Homme sont la cible de la police: mauvais traitements, arrestations, et cela afin de couvrir leur action criminelle. Karinna Moskalenko est la première visée par ces pratiques d'intimidation.

     

    Le 28 mars 2000, Karinna Moskalenko a été agressée par l'unité du crime organisé, alors qu'elle tentait d'assister un client illégalement détenu par cette organisation. Elle a déposé plainte auprès du Procureur, celle-ci a été rejetée.

     

    Trente arrestations des défenseurs des droits de l'Homme sont intervenues dont certains pour " entreprise d'activités illégales"

     

    Karinna Moskalenko a déjà reçu des menaces en ce sens de la part de certains magistrats, si elle persistait à soutenir toutes les violations en regard des traités Internationaux.

     

    Madame Moskalenko est présentée par la International Helsinki Federation for Human Rights et l'Institut des Droits de l'Homme de Moscou.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Rugemeleza Nshala

     

    Tanzanie

     

     

    Rugemeleza Nshala est le président du Lawyers’ Environmental Action Team (Groupement des Avocats pour le Droit de l’Environnement) (LEAT), organisation reconnue d’intérêt public en vertu de la loi sur l'environnement en Tanzanie, qui fait partie du réseau E-LAW (Environmental Law Alliance Worldwide) et défend la protection de l’environnement, notamment sur le plan juridique.

     

    Rugemeleza Nshala, est l’avocat des victimes et de leurs familles dans l’affaire du présumé massacre de mineurs de la mine de Bulyanhulu qui, en 1996, a déclenché un raz-de-marée au sein de la communauté internationale des militants des droits de l’homme. Plusieurs dizaines de mineurs auraient été tués lors de l’expulsion par la force de milliers de mineurs de la zone de Bulyanhulu. Cette action visait à permettre de céder la propriété de la mine à la Compagnie Minière Kahama (Kahama Mining Company Ltd, KMCL), appartenant à un conglomérat canadien. Les mineurs avaient été enterrés vivants, après que des bulldozers aient bloqué les entrées des galeries où ils travaillaient.

     

    Le 24 novembre, la police a fouillé les locaux du Lawyers’ Environmental Action Team (LEAT) à Dar Es Salaam et confisqué une cassette vidéo ainsi que certains documents en rapport avec une enquête menée par LEAT sur le massacre de Bulyanhulu en août 1996. Lors de la perquisition, la police a notamment confisqué certaines preuves fournies à LEAT par les familles des mineurs, qui bénéficient de l’assistance des avocats de LEAT.

    La police a ensuite emmené M. Nshala Rugemeleza, président de LEAT.à son domicile et emporté d’autres cassettes vidéo. Puis, M. Rugemeleza a été emmené au poste de police, où il est resté en garde à vue pendant environ 5 heures. Il a été libéré sous caution, mais il est obligé de se présenter quotidiennement à la police. Il est accusé de sédition, en même temps qu’un autre avocat de LEAT, Tundu Lissu, et le leader d’un parti d’opposition ayant demandé une enquête indépendante, Augustine Mrema.

    Lors de sa perquisition, la police a également pris des copies de plusieurs subventions reçues par LEAT. Selon les informations reçues, cela pourrait entraîner des campagnes de diffamation visant à discréditer LEAT auprès de ses donateurs. Par ailleurs, la Barrick Gold Corporation, une importante compagnie minière spécialisée dans l’or basée à Toronto, qui a racheté la Kahama Mining à la compagnie canadienne Sutton Resources en 1999, semble faire pression sur des organisations afin qu’elles arrêtent de financer LEAT.


     

     

    Selon les informations reçues, cette arrestation et cette perquisition ont fait suite à une conférence de presse tenue par LEAT le 19 novembre, lors de laquelle l’organisation a demandé à ce qu’une commission d’enquête internationale se penche sur le massacre de Bulyanhulu en août 1996.

    Rugemeleza Nshala et Tundu Lissu sont actuellement poursuivis pour acte criminel de sédition. Selon le gouvernement, les charges sont basées sur des écrit et les déclarations qui ont prétendument été faites par les deux avocats au cours de la défense de leurs clients.

     

    Les poursuites contre Rugemeleza Nshala sont fondées sur le fait d’avoir rendu publique, en novembre 2001, « avec intention d’appeler au mépris ou d’exciter l’hostilité contre l'autorité légale de la République ou Gouvernement » une lettre au Directeur des Enquêtes Criminelles où figuraient la phrase suivante " en dépit de la haute ordonnance du tribunal, [la Compagnie Minière ] KMCL avec l’aide de la police a, les 4 et 5 août 1996, fait bloquer les galeries de mines en sachant qu'il y avait des gens à l'intérieur de ces galeries et par voie de conséquence approximativement 65 personnes ont été enterrés vivantes dans ces galeries »

    Actuellement, les deux avocats encourent deux années dans prison.


    Ces actes mettent clairement en évidence les obstacles opposés par les autorités tanzaniennes, pour entraver les efforts appelant à la conduite d’une enquête indépendante sur le massacre de Bulyanhulu.. Ils constituent une violation flagrante de la Déclaration sur les Défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998.

     

    La candidature est présentée par Corporate Watch.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Digna Ochoa

     

    Mexique

     

    Digna Ochoa y Plácido, avocate des droits de l’homme au Mexique, a été assassinée le vendredi 19 octobre 2001, à l’age de 37 ans, d'un coup de fusil, alors qu'elle se trouvait à son cabinet de la rue Zacatecas, en plein centre de Mexico.

     

    Avocate depuis 1988, Digna Ochoa, dirigeait le service juridique du Miguel Agustín Pro Centre Juárez pour les Droits Humains (PRODH) et militait depuis 1995 pour la défense des droits humains. A ce titre, elle avait défendu entre autres des personnes accusées de connivence avec le mouvement zapatiste. A maintes reprises, elle a dénoncé la torture et les violences subies par ses clients pendant leur passage dans les services de police. .Lors de ces procès, Maître Ochoa a mis en cause des groupes paramilitaires et intenté une action en justice contre 16 d'entre eux qui officient au Chiapas.

     

    En 1996, des menaces de morts lui sont parvenues au PRODH. Malgré tout, elle a maintenu son combat contre la violation des Droits de l’homme, en assurant la défense des victimes des exactions de l’armée mexicaine. Les événements démontrent une escalade inquiétante dans les menaces et les attaques depuis 1995.

     

    Le 28 octobre 1999, Digna Ochoa a été attaquée à son domicile et les bureaux de PRODH ont été saccagés. Après avoir reçu à plusieurs reprises des menaces diverses, au soir du 28 octobre, Digna Ochoa fut attaquée à son domicile de Mexico City, assommée, les yeux bandés, ligotée, menacée, violemment interrogée sur ses activités et celles de ses collègues et contrainte de signer des documents par au moins deux individus non identifiés, qui ont paru enregistrer ses déclarations sur un ordinateur portable. Ils la questionnèrent avec insistance sur les organisations rebelles du sud du Mexique. Elle fut ensuite abandonnée attachée près d’une bouche de gaz. Sa ligne téléphonique fut coupée. Elle découvrit plus tard des dossiers, apparemment abandonnés sur les lieux par les agresseurs, qui avaient été dérobés après son agression et son enlèvement par d’autres agresseurs inconnus lors de sa précédente agression.

     

    Au matin du 29 octobre 1999, le personnel du PRODH a découvert que les locaux du Centre avaient été saccagés et les bureaux du service juridique fouillés. Ils découvrirent une menace d'attentat griffonnée sur une chemise de dossier. Ce ne sont pas les premières tentatives d’intimidations reçues par cette organisation de lutte contre la violation des droits de l’homme. Les attaques, menaces et harcèlement s'étaient intensifiés depuis début août en dépit des promesses du procureur du district de Mexico, à la fin de septembre 1999 septembre de faire procéder à des enquêtes vigoureuses de la part des autorités chargées du maintien de l’ordre et du respect de la loi. Le 9 août précédent, deux inconnus avaient fait monter Digna Ochoa de force à l’arrière d’une voiture et frappée à l’estomac, puis menacée de mort avant de finir par la relâcher.

    Elle avait quitté Mexico de septembre 2000 à avril 2001 dans l'attente que le danger passe, malgré une protection accordée en novembre 1999 par le gouvernement mexicain. Cette protection avait pris fin le 22 août 2001. .Son assassinat en octobre 2001 démontre que son retour était prématuré. Trois semaines après cet assassinat, deux de ses clients, défenseurs de l'environnement dans l'état de Guerrero ont été libérés par décret présidentiel, après deux et demi de détention.

     

    .Les autorités mexicaines se sont engagées à mener une enquête efficace et impartiale sur le meurtre de Digna Ochoa. Mais l’enquête sur l’assassinat n’a abouti qu’à la thèse absurde d’un supposé suicide d’une femme qui s’était illustrée dans la défense de victimes de violations des droits Humains qui mettaient en cause les institutions de l’Etat, notamment les autorités militaires. Un nouveau représentant du ministère public, la procureure Margarita Guerra, a été chargé de l'enquête le 1er août 2002 et s'est déclarée prête à appliquer les recommandations de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, et à permettre à son équipe internationale d'experts en criminalistique de prendre part aux investigations. Il n'en reste pas moins qu'aucune mesure concrète n'a été prise en ce sens. Au contraire, sa plus proche collaboratrice, Bárbara Zamora, qui mène une contre enquête sur la mort de Digna Ochoa à la demande de sa famille, .a reçu à son tour les mêmes menaces en mars 2002. En octobre 2002, Amnesty International et le Lawyers Committee for Human Rights, ont protesté contre l'absence de réels progrès dans le cadre de l'enquête officielle.

     

    Les attaques directes et violentes, ainsi que le harcèlement envers les défenseurs des Droits humains sont monnaie courante au Mexique. Le PRODH ne compte plus les communiqués de menaces de mort qui arrivent dans ses bureaux depuis 1995, date à laquelle, certains de ses avocats, parmi lesquels Digna Ochoa, ont pris en charge les cas de plusieurs individus accusés de participation à la rébellion de l’armée nationale zapatiste de Libération (EZLN) dans l’Etat du Chiapas. Dans plusieurs de ces cas, le PRODH a fait valoir que les clients désormais représentés par ses avocats avaient été soumis à la torture, ainsi qu’à des violations du processus légal normal, lorsqu’ils se trouvaient aux mains de la police et du Ministère Public.

     

    En 2000, Digna Ochoa y Plácido avait fait partie des 50 défenseurs des Droits de l'Homme honoré par le Président américain Clinton. Elle a également obtenu les Prix des Droits de l'Homme Roque Dalton, d'Amnesty International et du Barreau de New York. Sa candidature au Prix 2000 avait été présentée par le Lawyers Committee for Human Rights, et pour le Prix 2002 par le Canadian Journalists for Free Expression (CJFE) et Lawyer's Rights Watch Canada (LWRC).

     

    Cette dernière organisation a maintenu la candidature pour le Prix Ludovic Trarieux 2003.

     

     

     

     

    Luis Guillermo Pérez Casas

     

    Colombie

     

     

    Luis Guillermo Pérez Casas, avocat colombien, né en 1962, vice-président de la Corporación Colectivo de Abogados "José Alvear Restrepo" (Collectif d'avocats "José Alvear Restrepo") (CAJAR), et actuel secrétaire général adjoint de la Fédération International des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH).

     

    Luis Guillermo Pérez Casas a dû quitter la Colombie une première fois en 1995. Il faisait l'objet de menaces sérieuses et répétées, motivées par son engagement actif tant pour la promotion et la défense des droits et des libertés fondamentales dans son pays, que pour la dénonciation du climat d'impunité des responsables de multiples et graves violations.

     

    De 1995 à 1998, il a vécu en Belgique à la suite de son engagement dans la campagne « Colombia, plan justicia », qui a suscité un débat international jusqu’au parlement européen. La réaction de l’état colombien -et en particulier de l’armée et des para-militaires -, à travers les principaux accusés des crimes dénoncés - ne s’est pas fait attendre :Il a reçu une série de menaces non seulement con,tre sa propre personne mais aussi contre la vie de ses trois fils. Qui avaient à l’époque 14 et 8 ans et le dernier à peine huit jours . A la fin j’ai été contraint de fuir avec ma famille à l’étranger. Cependant même dans sa résidence de Bruxelles, il recevait des menaces .

     

    En 1998, lors de la 54ème session de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies, Luis Guillermo Pérez Casas a dénoncé la violence et la répression en Colombie, caractérisées par la violation systématique des droits de l'homme de la part des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires appuyés et protégés les propres organismes militaires, policiers et autres.

     

    Il retourne en Colombie en février 1999, et commence à travailler avec la Corporación Colectivo de Abogados "José Alvear Restrepo" (Collectif d'avocats "José Alvear Restrepo") (CAJAR), un collectif d’avocat qui depuis 22 ans lutte pour le respect des droits de l’homme en Colombie, qu’il contribue à faire connaître en europe.

     

    Le «Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo », dénonce l’alliance entre le pouvoir, l'armée officielle et les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Les avocats du Collectif d'avocats tentent d'obtenir la comparution en justice des responsables des forces armées impliqués, par action ou par omission, dans de graves violations des droits humains.

     

    En mars 2002, Luis Guillermo Pérez Casas a du de nouveau abandonner la Colombie : .« J'ai dû m’exiler après avoir reçu des informations très précises sur une décision officielle de l'armée et des groupes paramilitaires visant à m’éliminer. » Il s’est à nouveau réfugié en Belgique pour garantir sa protection physique et celle de sa famille, son assassinat étant annoncé. « Plusieurs voix de l’armée annonçait mon assassinat comme imminent de la part des les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie ».

     

    Pendant son exil, il prépare deux procès importants et particulièrement délicats. L’un concerne l’attentat manqué contre le leader syndical Wilson Borja Diaz, l’autre le massacre de la ville de Mapiripan, considéré comme une des pages les plus noires de l’histoire colombienne.

     

    De nombreux avocats spécialisés dans la défense des droits humains ont été tués en Colombie, tandis que d'autres, craignant pour leur vie, ont été contraints à l'exil. Les défenseurs des droits fondamentaux qui tentent d'obtenir la comparution en justice des auteurs présumés de violations, et de dénoncer les liens existant entre les forces de sécurité et les groupes paramilitaires, sont fréquemment eux-mêmes pris pour cibles.

     

    Les formations paramilitaires soutenues par l'armée ont tué plusieurs milliers de civils au cours des cinq dernières années, et continuent de commettre de graves violations des droits humains en bénéficiant d'une impunité quasi totale.

     

    Luis Guillermo Pérez Casas a enseigné le droit constitutionnel et les droits de l’homme dans différentes universités colombiennes et collabore en qualité d’expert avec diverses institutions telles que l’Union européenne l’ONU ainsi q u’à l’organisation de nombreuses conférences internationales.

     

    Pour son action de défenseur des droits de l’homme, Luis Guillermo Peréz Casas a reçu plusieurs récompenses au nombre desquelles le Menschenrechtspreis (Prix des Droits de l’Homme) décerné par la ville de Weimar en 1996.

     

    Sa candidature au Prix est présentée par Association Pro Derechos Humanos (APRODEH) et par la Coordinacion National de Derechos Humanos (CNDDHH).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Saligram SAPKOTA

     

    Népal

     

    Saligram Sapkota, est le Président de l’Ordre des Avocats près la Cour d’Appel du district de Banke (NEPAL) du Janabadi Morsha (Front populaire), un mouvement qualifié de «forum peu structuré  regroupant des personnes orientées à gauche ».

    Il a été arrêté le 12 mars 2002 par sept soldats à son domicile de Nepalgunj, à 4 heures du matin. Il a été conduit au camp militaire de Chisapani dans la même ville.

    Selon des témoins, les soldats ne lui ont pas permis de s’habiller et l’ont fait sortir en sous vêtements. Ils l’ont frappé à coups de poing de manière répétée puis l’ont enfermé dans un fourgon. Des proches se sont rendus au camp militaire pour lui apporter des vêtements. Ils ont indiqué que lorsqu’ils avaient été autorisés à le voir, il présentait des ecchymoses sur le visage et le corps. Ils pensaient qu’il avait été torturé.

    Il a ainsi été arrêté sans jugement dans le cadre de l’état d’urgence et d’une ordonnance du 26 novembre 2001 relative à la prévention et à la répression des activités terroristes et déstabilisatrices qui accorde aux forces de sécurité des pouvoirs considérables en matière d’arrestation à l’égard des personnes impliquées dans des activités « terroristes ». Le parti Communiste Népalais (PCN) maoïste qui était accusé d’avoir soutenu et désigné comme une organisation terroriste par cette ordonnance.

    Depuis l’instauration d’état d’urgence, plusieurs milliers de personnes ont été ainsi arrêtées sans jugement et placées en détention pendant 90 jours renouvelable avec l’accord du ministère des Affaires Intérieures.

    A l’issue d’une campagne internationale efficace menée principalement par l’ACAT France (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) des proches ont pu lui rendre visite en détention et il a été libéré le 4 juin 2002.

    Rappelons que le Népal est un petit pays situé entre l’Inde et la Chine qui s’est manifesté dans l’actualité en juin 2001 par le massacre de toute la famille royale dans leur palais, ce qui a provoqué l’arrivée au pouvoir du roi Gyanendra. Il s’agit en effet d’une monarchie constitutionnelle depuis 1990.

    En février 1996 des militants du Parti Communiste Népalais maoïste ont déclaré « la guerre du peuple ». Depuis cette date les affrontements entre les forces de sécurité népalaises et les membres de ce parti ont fait des milliers de victimes. Les autorités ont décrété l’état d’urgence dans tout le pays et autorisé le déploiement de l’armée le 26 novembre 2001.

    Saligram Sapkota est présenté par Lawyers Rigts Watch Canada (LRWC).

    Sa situation a fait l’objet de nombreux soutiens internationaux d’organisation des droits de l’homme (Amnistie International, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, Institut des Droits de l’Homme du Barreau de Bordeaux…..)

    Mamadou Savadogo

     

    Burkina Faso

     

    Mamadou Savodogo, de nationalité burkinabée, est né le 3 décembre 1962 à Ouahigouya. Il est marié et père de deux enfants.

     

    Après des études de droit à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université de Ouagadougou, il entre au barreau en 1988 à l’âge de 26 ans. Son engagement déterminé en faveur de la défense des Droits de l’Homme sera immédiat. Dès 1989 il participe à l’Assemblée constitutive du Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP), l’association la plus active de défense et de promotion des Droits de l’Homme au Burkina Faso.

     

    Il se dévoue avec courage et désintéressement à la défense de victimes dépourvues de ressources. Ce sera, en 1989, l’affaire Gansore Moumouni C/ Etat du Burkina Faso, dans laquelle il obtiendra la reconnaissance de la responsabilité civile de l’Etat, et le dédommagement d’un malheureux paysan lourdement handicapé après avoir été mitraillé par des membres du « Comité de Défense de la Révolution » Cette nouvelle jurisprudence permettra à de nombreuses victimes des régimes d’exceptions qui ont duré de 1980 à 1991 de faire valoir leurs droits.

     

    Il sera aussi l’avocat déterminé et efficace en 1992 devant les tribunaux ivoiriens, de René Degni Segui, alors président de la Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme, et de Laurent Gbagbo, détenu pour avoir protesté contre les violations de Droits de l’Homme commises par l’Etat ivoirien, et qui en est plus tard devenu Président.

     

    Il défendra avec succès le principe de la liberté de la presse, en 1993 avec l’affaire Dofinita Bonzi , directeur du « Matin » et plaidera ensuite pour d’autres journaux avec d’aussi heureux résultats.

     

    En 1994, il participera à la défense et obtiendra la libération d’Abdoulaye Wade, emprisonné pour raisons politiques et devenu par la suite Président de la République du Sénégal, il fera également libérer Abou Dramane Sangaré, arrêté en Cote d’Ivoire pour « offense » au Ministre de l’Intérieur, et enfin, dans un tout autre registre, il obtiendra au bénéfice de la veuve Some, parfaitement anonyme, restitution d’une indemnité détournée par un avocat indélicat qui sera justement sanctionné.

     

    C’est en 1995 qu’il sera commis par un parti d’opposition, pour dénoncer la fraude massive lors des élections municipales dont il obtiendra l’annulation dans plusieurs circonscriptions. Cette intervention courageuse lui vaudra le saccage de son cabinet lors d’une attaque à main armée, dans la nuit du 14 au 15 août 1995. Le Parquet n’ouvrira même pas d’enquête préliminaire alors que les assaillants ont été formellement identifiés.

     

    En 1996 Mamadou Savadogo est élu Bâtonnier de l’Ordre des Avocats et devient également Président de la Conférence Internationale des Barreaux de Tradition Juridique Commune (française) et sénateur de l’Union Internationale des Avocats.

     

    Membre d’honneur du National Bar Association, il sera aussi représentant spécial de la Commission internationale des Juristes pour observer les premiers procès sur le génocide du Rwanda.

     

    Aux côtés de nos confrères tunisiens, il se constitue pour Mohamed Mouada, victime d’une cabale judiciaire comme tant d’autres opposants politiques, et qui ne sera libéré de plusieurs années d’emprisonnement que le 31 janvier 2002.

     

    Après plusieurs années de lutte, appuyé par la Conférence Internationale des Barreaux, l’opinion publique nationale et internationale et ses confrères du Burkina, il parviendra à faire abolir en 2000, une loi de 1997 supprimant l’indépendance de l’avocat.

     

    Il sera de tous les combats en faveur du respect du droit et de la justice, s’impliquant dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, participant à la défense en décembre 1999 de Halidou Ouedraogo, président de Union Interafricaine des Droits de l’Homme et organisant un collectif d’avocats en faveur Fabien Segatwa qui avait le tort d’assurer la défense de la famille du Président Ndadaye, assassiné par la junte militaire du BurundI.

     

    En 2001, il s’engage dans la défense de Yawovi Agboyibo, ancien bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Togo, obtient l’annulation du jugement le condamnant en première instance et la levée du mandat de dépôt… ce qui n’empêche malheureusement dans l’immédiat pas son maintient en détention au mépris de toute justice : Mamadou Savadogo, poursuit le combat !

     

    Administrateur du Centre pour la Recherche et l’Etude du Droit Africain Unifié (CREDAU), lauréat du concours International de Plaidoirie du Mémorial de CAEN, Chevalier de l’Ordre National du Burkina Faso, Mamadou Savodogo est proposé aux suffrages du Jury du Prix International Ludovic Trarieux par l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Khader SHKIRAT

     

    Israel et Territoires Occupés

     

    Khader Shkirat, né le 18 janvier 1963 à Jérusalem, a fait ses études en Russie, à l’université de Bakou, en république d’Azerbaïdjan de 1982 à 1986 ; puis à l’université de Rostov, de 1986 à 1989 où il a obtenu ses diplômes en droit international.

     

    Il a ensuite exercé en qualité d’avocat dans un cabinet à Ramallah.

     

    En 1990 il est le principal fondateur de « LAW » ( Société palestinienne pour la protection des droits de l’homme et de l’environnement) (Jérusalem), dont il est le Directeur Général et l'avocat, et qui est spécialisée dans le traitement des cas de confiscation des terres, de démolition d’immeubles et de questions d’environnement.

     

    En 1993-1994 il participe à la rédaction d’un projet de lois sur l’environnement en Palestine. Il intervient également sur la violation des droits de l’homme (septembre 1993 - Conférence Pax Christi)

     

    Il va par la suite intervenir dans de nombreux colloques internationaux consacrés à la cause palestinienne et plus particulièrement à la présentation des droits de l’homme dans les territoires autonomes

    ð   en 1994 à Vienne

    ð   octobre 1997 à Gaza

    ð   mars 1997 au Truman Institute à Jérusalem

     

    Khader SHKIRAT est également l’auteur de nombreux articles dans différents journaux sur :

    ð   les questions de confiscation des terres (1990 journal Aj-Khatib )

    ð   la question de l’eau et de la sécurité publié dans le Jerusalem Newspaper en 1991

    ð   les mouvements des droits de l’Homme

    ð   les libertés d’expression dans les territoires autonomes (1998) etc.

     

    Il est également l’auteur de documents publiés dans le Lezobrava (journal juridique de l’université de Bakou) :

    ð   en 1983 : L’Etat et la Loi

    ð   en 1984 : les statuts personnels dans les états socialistes

    ð   en 1985 : les solutions au problème palestinien à travers les lois internationales

    ð   en 1986 : les droits individuels dans le droit soviétique

    ð   en 1987 : Protection des ressources naturelles en droit international etc.

     

    En octobre 1997 il est honoré pour sa contribution au sujet des Droits de l’Homme et de l’Environnement dans la bande de Gaza.

     

    Son activité soutenue pour la défense du respect des droits de l’homme et la suprématie du droit l’ont exposé et l’exposent encore à des obstacles à son exercice professionnel et à des craintes permanentes pour sa sécurité.

     

    Alors qu’il s’est porté candidat aux élections dans son barreau d’avocat, il est l’objet le 9 mai 2000 d’une suspension de ses activités en étant inscrit sur une liste d’avocats interdits de barre (de même que 31 autres confrères travaillant dans le domaine des droits de l’Homme pour des organisations non-gouvernementales). Le président de l’Ordre des Avocats palestinien estimait que l’on ne devrait permettre à aucun directeur d’organisation non-gouvernementale d’être, en même temps, membre de l’Ordre des Avocats en se fondant sur une interprétation restrictive des statuts de l’Association palestinienne des Avocats (paragraphe 7) qui interdiraient aux avocats d’exercer leur profession s’ils détiennent un emploi public ou privé.

     

    Cette mesure est intervenue dans le cadre d’une campagne contre les défenseurs des droits humains qui mettaient en exergue les violations des Droits de l’Homme par l’état israélien envers les Palestiniens.

     

    Le 7 mars 2002 Khader Shkirat et sa famille ont été encerclés par l’armée israélienne (dont une unité des services secrets) dans leur maison de Jérusalem après que tout le secteur avoisinant de Jabel Mukaber dans Jérusalem eut été placé sous un couvre feu.

     

    Les officiers de l’unité ont menacé de bombarder la maison en prétendant qu’il aurait caché un fugitif dans le sous-sol. Craignant pour la sécurité de sa famille et sa maison Shkirat a consenti à suivre l’unité jusqu’au poste de police israélien à Jabel Mukaber où il a dû subir un interrogatoire. Pendant l’interrogation, les forces israéliennes ont prétendu trouver un fugitif caché dans le sous-sol de la maison de Shkirat alors que selon les représentants des organisations palestiniennes et Israéliennes des droits de l’homme appelés immédiatement sur les lieux, cela serait inexact.

     

    Le 15 avril 2002, en qualité d’avocat et de directeur de LAW, il pénètre dans le camp de Jenine, envahi par l’armée israélienne le 3 avril 2002. Il témoignera ainsi des destructions et de l’atroce carnage perpétré au nom de la lutte anti terroriste.

     

    Il ne cesse de lutter pour une solution politique de la question palestinienne et de dénoncer les violations des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

     

    Il est aujourd’hui l’avocat de Marouane Barghouthi, responsable du mouvement FATAH, palestinien le plus célèbre après Arafat, et considéré par Israël qui le poursuit comme l’âme de la deuxième intifada.

     

    Sa candidature est présentée par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH).

     

    Willy Wenga Ilombe

     

    République Démocratique du Congo

     

     

     

    Me Willy Wenga Ilombe, avocat au barreau de Kinshasa/Gombe est un militant de l'organisation non-gouvernementale du Centre pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme, (CAPD) ;

     

    Il a été arrêté le mercredi 20 février 2002 vers 11 heures à Kinshasa/Gombe par un groupe d’OPJ du Parquet près la Cour d’Ordre Militaire (COM) après avoir répondu à une demande de rendez-vous sur appel téléphonique.

     

    Convoqué sur le lieu non autrement précisé dans la commune de la Gombe, il aperçoit assis à bord d’une voiture un groupe d’OPJ du parquet près la COM qu’il salue sans se douter de rien.

     

    Aussitôt, ces hommes s’approchent de l’avocat et lui demandent de les aider à comprendre le texte qu’ils lui présentent. En réalité, il s’agit d’un mandat d’amener portant signature du Juge de la COM.

     

    Aussitôt après avoir lu, Me Willy Wenga Ilombe a été poussé dans la voiture et conduit au parquet de la COM où dès son arrivée où il a été placé en garde à vue et privé de ses chaussures et vêtements, c'est à dire selon l'expression VSV « laissé en culotte ».

     

    Les démarches entreprises par sa famille et par le barreau de Kinshasa/Gombe en vue de connaître le motif de son arrestation auprès du magistrat Likulia se révèlent jusqu’au jeudi 21 février 2001 sans suite. L’instructeur du dossier aurait laissé entendre qu’il n’aurait fait qu’exécuter un ordre reçu sans connaître le motif réel de l’arrestation.

     

    Selon la Voix des Sans Voix, il a passé 2 jours sans être entendu.

     

    Le 22 février, il a été interrogé par quatre magistrats militaires et transféré au CPRK.

     

    Il a été soumis pour la première fois à un interrogatoire sommaire vendredi 23 février 2002 dans l’avant-midi par magistrat Likulia, assisté par ses deux collègues goguenards à la vue de l’avocat en petite tenue. Il a éte ensuite écroué à la Prison de Makala .

     

    Les raisons de son arrestation restent peu claires. Selon certains documents, Me Willy Wenga Ilombe serait victime d’une cabale orchestrée contre lui en raison de son implication antérieure dans une procédure de résiliation de contrat de bail pour un client.

     

    D’autres indiquent qu’il lui aurait été reproché d'être en contact avec des personnes suspectées de porter atteinte à la sécurité nationale, notamment dans le cadre du procès des présumés auteurs de l'assassinat de l'ancien chef de l'Etat, Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001 à Kinshasa.. C’est au cours d’un interrogatoire, qu’on lui aurait appris que le numéro de son téléphone portable se retrouvait sur la liste d’appels du commandant Bora, qui est classé parmi les premiers suspects impliqués dans l’assassinat de l'ancien chef de l'Etat. En outre, l’avocat se serait également entendu dire que son nom ressemble à celui d’un village de Gemena dans la province de l’Equateur.

     

    Il n'a jamais plus été interrogé par la suite.

     

    Une mission de l’OMCT qui s'était rendue à Kinshasa début octobre 2002 avait pu rencontrer en prison Me Wenga Ilombe. La mission a constaté que Me Wenga Ilombe était très éprouvé, tant physiquement que nerveusement.

     

    Dans un mémorandum adressé au président, les Ong congolaises de défense des droits humains et syndicats on demandé au "président de la République" d'ordonner la libération de Willy Wenga, la cessation de l'ingérence de la COM dans les affaires civiles et la fin des intimidations des défenseurs des droits de l'homme.

     

    Après 11 mois de détention sans jugement. Me Willy Wenga Ilombe, a été libéré (en compagnie d'un autre prisonnier d'opinion N’Sii Luanda, président du Comité des Observateurs des droits de l’homme (CODHO) lui-même arrêté le 19 avril 2002) du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasha (CPRK) le dimanche 26 janvier 2003 sur ordre de la Cour d'ordre militaire (COM) sans qu'aucune charge ne soit prononcée contre eux et sans avoir été auditionnés par un tribunal Selon certaines sources, ce serait sur ordre verbal du Président de la République Démocratique du Congo.

     

    Il se trouve donc actuellement en liberté provisoire.

     

    Il convient de noter qu’en toile de fond, les militants des droits de l'Homme sont soumis en République Démocratique du Congo, à un harcèlement, aux enlèvements, aux coups et aux arrestations arbitraires dans leurs efforts pour oeuvrer dans un environnement hostile, aussi bien dans les régions contrôlées par le Gouvernement du Congo que dans celles tenues par les rebelles.

     

    Sa candidature est présentée par les La voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV).

     

     

     

     

     

     

     

    XU Jian

     

    Chine

     

    Spécialisé en droit du travail, XU Jian est un avocat inscrit dans Ville Baotou en Mongolie Intérieure. Il travaille au sein de la Compagnie des avocats Yanaho de Mongolie intérieure. Engagé dans la défense des ouvriers, XU Jian a fourni des consultations aux ouvriers, et a introduit des procédures soit en vue d’arbitrages, soit pour des contentieux. Beaucoup de ses clients était des ouvriers de l'usine principale d'Etat du Neimenggu No.2 (20.000 ouvriers) et des Aciéries de Baotou (Baotou Steel Company - 100 000 ouvriers), qui n'avaient pas été payées depuis presque six mois

     

    Avant de faire des études de droit, XU Jian, aujourd'hui âgé de 41 ans, était lui-même ouvrier à l'Usine Principale au Neimenggu n°2. Il a une fille de 11 ans, et sa femme travaille dans une entreprise de l'état dans la Ville de Baotou.

     

    XU Jian croit que la défense des travailleurs réside dans la force collective des ouvriers eux-mêmes. Au lieu de fournir l'assistance légale simplement, XU Jian a rappelé les ouvriers de leur droit de choisir des fonctionnaires de l'union du magasin-niveau constamment, et la juridiction des ouvriers ' congrès dans entreprises de l'état qui soi-disant ont un dites dans prendre des décisions majeures concernant l'opération de l'entreprise.

     

    Pour informer toujours davantage d'ouvriers, XU Jian n'a pas hésité à entreprendre des activités telles que la distribution de brochures d'information sur les droits des travailleurs confrontés à des fermetures d'usine ou des licenciements, sur le droit du Travail en Chine. Une des brochures d'information iontitulée "Le travailleur peut dire non" énonçait les droits prévus par le droit du Travail, y compris les règles de rémunération, la réglementation relative auau paiement des heures de travail et heures supplémentaires.

     

    XU Jian a été arrêté le 31 décembre 1999 et accusé d'incitation à la subversion. En dépit du caractère strictement légal du travail de XU Jian, le 18 juillet 2000, XU Jian a été condamné à quatre années d'emprisonnement pour " incitation à la subversion" contre l'état. La condamnation " de XU Jian fait référence à ses tentatives d'organier les ouvriers indépendants ce qui, pour le gouvernement Chinois, est une conspiration pour renverser le système socialiste et pouvoir de l'état. XU Jian est actuellement détenu dans le secteur Deux de la Prison de Chifeng en Mongolie Intérieure uniquement pour avoir fourni son assistance juridique aux ouvriers des deux usines étatiques géantes locales.

     

    XU Jian a contracté une hépatite après qu'il ait été incarcéré. Son état de santé s'est détérioré et a atteint un niveau critique. XU Jian a développé de l'hypertension en mai 2002 alors qu'officieusement son hépatite se serait stabilisée. Mais sa demande de traitement médical continue à être repoussé.

     

    Les activités de XU Jian étaient publiques et légales. L'adresse de son cabinet figurait sur les brochures et il a défendu ses clients en respectant les dispositions légales. Ce qui fait qu'il est différent d'autres avocats est son idée selon laquelle la défense effective d'ouvriers réside dans la force collective des ouvriers eux-mêmes. En effet, au lieu de se contenter de leur fournir de simples services juridiques, il a constamment exhorté les ouvriers à exercer pleinement leur droit de prendre des décisions majeures concernant l'entreprise. Son activité lui a valu le surnom de "Mr Syndicat", ce qui est le plus bel hommage des ouvriers dans la communauté locale.

     

    En dépit du caractère conforme à la loi de l'activité de XU Jian, les juges ont écarté ses moyens de défense, consistant à soutenir que ses activités ne pouvaient pas constituer un danger pour l'état. Au contraire, la juridiction a jugé que les activités publiques et légales de XU Jian représentaient un danger pour la sécurité nationale d'une façon ou d'une autre. Le jugement précise même qu'il a été rendu en vue de protéger la sécurité nationale et de défendre la dictature démocratique et le système "socialiste"..

     

    Le parcours de XU Jian ressemble à celui de Zhou Guoquiang qui fut le lauréat du Prix 1998 sans que nous ayons toutefois d'informations précises sur ses engagements au service des droits de l'homme parallèlement à son activité professionnelle de défenseur des travailleurs.

     

    Sa candidature est présentée par China Labour Bulletin (Hong Kong).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Bárbara Zamora López

     

    Mexique

     

    Bárbara Zamora López, avocate des droits de l’homme et collaboratrice de Digna Ochoa service juridique du Miguel Agustín Pro Centre Juárez pour les Droits Humains (PRODH) milite pour la défense des droits de l’homme au Mexique. Elle est depuis l'assassinat de Digna Ochoa avocate du cabinet Tierra y Libertad, qui mène une contre enquête sur la mort de Digna Ochoa à la demande de la famille de Digna Ochoa.

     

    A ce titre l'association Lawyers Committe for Human Rights a demandé la mise en place de mesure de protection en décembre 2001.

     

    Le 18 mars 2002, Barbara Zamora a reçu des menaces par courrier électronique. Ce courrier faisait état de collisions ; le ton et le style étaient très proche des menaces reçues par Digna Ochoa avant sa mort.

     

    Ce n'est pas la première fois que des menaces lui sont lancées puisque au cours de l'année 2001, de nombreuses intimidations téléphoniques lui avaient été faites avec des bruits de coups de feu, des cris et des musiques de requiem.

     

    Ces pressions lui sont faites alors qu'elle multiplie les appels internationaux pour faire avancer l'enquête sur la mort de Digna Ochoa. Cette enquête est actuellement vivement critiquée puisque l'enquête officielle selon certaines fuites tendrait à accréditer la thèse du suicide de Digna Ochoa.

     

    Barbara Zamora se préoccupe plus particulièrement de la problématique des prisonniers politiques et s'en est notamment entretenu avec La 3ème Commission civile Internationale d'Observation des Droits Humains au Chiapas.

     

    En avril 2002, "Action des Chrétiens pour l'abolition de la Torture" a déposé auprès de PBI une demande d'accompagnement, demande toujours en cours d'évaluation à l'heure actuelle. Depuis de nombreux mois, Amnesty International en particulier rappelle que les collègues de Digna Ochoa sont en grand danger, notamment Barbara Zamora, qui travaillait avec elle sur des dossiers se situant au premier plan de l'actualité.

     

    Elle a été conseillère de L'EZLN (Armée Zapatiste de libération nationale) pendant les accords de San Andrés signés le 16 février 1996.

    Déjà en 1999 le personnel du PRODH avait découvert que les locaux du Centre avaient été saccagés et les bureaux du service juridique fouillés avec une menace d'attentat griffonnée sur une chemise de dossier. Les attaques, menaces et harcèlement s'étaient intensifiés depuis début août en dépit des promesses du procureur du district de Mexico, Samuel Del Villar, à la fin de septembre 1999 septembre selon lesquelles les incidents feraient l’objet d’enquêtes vigoureuses de la part des autorités chargées du maintien de l’ordre et du respect de la loi.

     

    Le Centre pour les Droits de l’Homme Miguel Agustin Pro Juárez (Centro de Derechos Humanos Miguel Agustín Pro Juárez, PRODH) ne comptent plus les communiqués de menaces de mort qui arrivent aux bureaux du PRODH. L’un d’entre eux était adressé nommément au personnel juridique. Par ailleurs, plusieurs membres du personnel du PRODH ont reçu des menaces téléphoniques chez eux. Le personnel du PRODH est actuellement en danger, et depuis le 19 octobre 2001, leurs locaux sont sous scellés, les mettant dans l'incapacité de continuer leur travail.

     

    Les attaques directes et violentes, ainsi que le harcèlement envers les défenseurs des Droits humains sont monnaie courante au Mexique. Les organisations non-gouvernementales estiment que de 1995 à 1997, plus de cent d’entre eux ont reçu des menaces de mort et/ou subi le harcèlement, l’enlèvement, les " disparitions ", les viols et les vols avec effraction en raison de leur travail. Ces attaques sont souvent exécutées par des agents de l’Etat ou des complices de ces derniers.

     

    Le PRODH a été régulièrement pris pour cible depuis 1995, date à laquelle, certains de ses avocats, parmi lesquels Digna Ochoa et Barbara Zamora, ont pris en charge les cas de plusieurs individus accusés de participation à la rébellion de l’armée nationale zapatiste de Libération (EZLN) dans l’Etat du Chiapas. Dans plusieurs de ces cas, le PRODH a fait valoir que les clients désormais représentés par ses avocats avaient été soumis à la torture, ainsi qu’à des violations du processus légal normal, lorsqu’ils se trouvaient aux mains de la police et du Ministère Public.

     

    Sa candidature est présentée par "Lawyer's Rights Watch Canada" (LWRC).