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IDHAE L'
bservatoire Mondial des Droits de la Défense et des
violations des droits des avocats
soutient –
supports
Observatoire – Day of the
Endangered Lawyer - 24 January 2018
PORTAITS*
Azza
Soliman
Harcèlement judiciaire continu contre
l’avocate des droits des femmes, fondatrice du Centre d’aide juridique des
femmes (CEWLA).
I
- 24 janvier 2015 - Azza Soliman poursuivie pour «
participation à une manifestation» uniquement parce qu’elle se trouvait dans un
café du Caire
Le 24 janvier 2015,
alors qu’Azza Soliman était dans un café du Caire,
accompagnée de sa famille, elle a entendu le passage d’une manifestation dans
la rue. Il s’agissait d’une marche organisée par l’Alliance populaire
socialiste pour porter des fleurs sur la place Tahrir, afin de commémorer le
souvenir des centaines de personnes qui ont perdu la vie lors de la «
Révolution du 25 janvier ». Sortie du café pour voir ce qui se passait, Azza Soliman a pu voir les forces de l’ordre utiliser une
force disproportionnée pour disperser des manifestants, au moyen de tirs à
balle réelle. La militante et poétesse, Shaima al-Sabbagh, blessée par les forces de police, a succombé à ses
blessures.
Azza Soliman, en tant
que témoin de la scène, s’est présentée spontanément devant le procureur pour
apporter son témoignage, mais après avoir recueilli sa déposition, le procureur
l'a informée qu'elle était inculpée de « rassemblement illégal » et de « participation
à une manifestation non autorisée ayant nui à la sécurité publique». Parmi les
autres personnes inculpées, figuraient 14 participants à la marche, un passant
qui avait seulement aidé à transporter Shaima al-Sabbagh pour la mettre à l’abri dans un café proche, et le
médecin qui avait tenté de sauver la poétesse.
Le 23 mai 2015, le
tribunal correctionnel d’Abedin au Caire, a relaxé
les 17 prévenus. Mais le ministère public a fait appel de la décision. Lors de
l’ouverture du procès en appel, le 13 juin, deux observateurs de l’Union
Européenne étaient présents. Le 24 octobre 2015, la Cour d’appel de Qasr al-Nil
a confirmé la relaxe d’Azza Soliman et des autres
prévenus.
II
- Azza Soliman arrêtée à son domicile et accusée de
recevoir des fonds étrangers
Azza Soliman, fondatrice
du Centre pour l'assistance juridique des femmes égyptiennes (CEWLA), a été
arrêtée chez elle, le 7 décembre 2016 et conduite dans un poste de police du
Caire. Elle a été libérée dans les 24 heures sous caution de 20,000 EGP
(environ 1037 €).
Quelques jours plus
tôt, le 19 novembre, les autorités égyptiennes avaient interpellé Azza Soliman à l'aéroport international du Caire et l’avait
empêchée de se rendre en Jordanie, où elle devait participer à une formation
sur les droits de l’Homme. Les autorités lui ont indiqué qu’elle faisait l’objet
d’une mesure judiciaire d’interdiction de voyager, depuis le 17 novembre.
Le 17 novembre, Azza Soliman avait été informée par sa banque que ses
comptes bancaires personnels et professionnels et celui de l'organisation
avaient été gelés par mesure judiciaire, en raison de son implication dans
l’affaire des « financements étrangers », connu sous le nom d’« Affaire n° 173
». Une décision du tribunal pénal du Caire datée du 17 novembre 2016, a ordonné
le gel de ses biens dans l’« Affaire n° 173 ». Malgré son insistance, aucun
document officiel ne lui a été remis pour expliquer les motifs de cette mesure.
Certains leaders et
des membres des organisations de défense des droits de l’Homme sont accusés à
titre personnel, d'avoir "reçu des financements étrangers" et de
"travailler sans autorisation légale". Dans le cadre d’une autre
affaire, le tribunal pénal de Zeinhom a confirmé, le
17 septembre 2016, la décision de gel des avoirs de cinq éminents défenseurs
des droits de l’Homme, dont Gamal Eid, et de trois ONG (l’Institut du Caire
pour l’étude des droits de l’Homme, du Centre Juridique Hisham
Moubarak et le Centre égyptien pour le droit à l’éducation). En mai 2016, cinq
autres défenseurs des droits de l’Homme avaient été interdits de voyager.
L'Egypte a adopté, en mai 2017, une nouvelle loi sur les associations qui
criminalise le travail des organisations non gouvernementales, prévoyant de
longues peines de prison pour non-respect de ses dispositions, par exemple en
fonctionnant ou en recevant des fonds sans l'approbation du gouvernement.
Le Centre d’aide
juridique pour les femmes égyptiennes (Centre for Women's
Legal Assistance - CEWLA) promeut l’égalité
homme-femme et soutient des réformes législatives allant dans ce sens. Sa
fondatrice, Azza Soliman est une éminente avocate
égyptienne, qui a participé avec succès à l’élaboration d’une loi donnant des
droits aux enfants nés hors mariage. Azza Soliman est
également la fondatrice du Forum pour la Réforme et le Renouveau Religieux
(RRRF), au sein duquel se tiennent des discussions sur la place de la femme
dans l’Islam.
Azza Soliman
was coincidentally in the area of a protest organised
on January 24, 2015, which led to the death of political activist Shaimaa al-Sabbagh. She did not
take part in the protest,but
witnessed the the violent dispersal by security
forces. She voluntary went on the same day to the Public Prosecution’s office
to give her testimony regarding the dispersal and the shooting of the activist.
Upon completion of her testimony, the prosecutor informed her that he was going
to press charges against her for “illegal gathering” and “participating in a
protest that harmed public security”. On May 23, 2015, the Abdeen
Misdemanour Court acquitted Ms. Soliman
on charges of “unauthorised protest” and “breach of
security and public order”. However, the Public Prosecution appealed the
decision. On October 24, 2015, the Qasr Al Nil Appeal Court confirmed the
acquittal of Azza Soliman.
On 7 December 2016, Azza Soliman
was arrested at her home and interrogated as part of an ongoing investigation
in the foreign funding case. This was the first arrest made against a leader of
an NGO in Egypt that is involved in the foreign funding case. She was released
the same day on bail pending investigations. Prior to this development, on 19
November, while at the airport and attempting to go to Jordan to attend a
women’s rights meeting, Azza Soliman
was informed that she had been banned from travel.
On 14 December 2016, the North Cairo Court decided to freeze Azza Soliman’s assets, as well as
that of her organization, in confirmation of a judicial order given on 17
November, on the basis of the human rights defender’s involvement in the
foreign funding case. In the same judicial order Azza
Soliman was also issued a travel ban.
(*Texte extrait du Supplément
spécial 2018 de « Ces Avocats
persécutés dans le monde »
consacré à la « Journée de l’avocat en Danger »).