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IDHAE L' Globebservatoire Mondial des Droits de la Défense et des violations des droits des avocats

 

 

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Observatoire – Day of the Endangered Lawyer - 24 January 2018

 

 

 PORTRAITS*

12. Ibrahim Metwally Hegazy

10 septembre 2017 : L’avocat de la famille de Giulio Regeni, et cofondateur de « Familles des Disparus en Égypte » disparaît à l'aéroport du Caire     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ibrahim Abdel Moneim Metwally Hegazy, 53 ans, membre de la Commission égyptienne du droit et les libertés et cofondateur de l’association Familles des Disparus en Égypte - « Families of the Disappeared in Egypt », a disparu à son tour, le 10 septembre 2017, alors qu'il était sur le point d'embarquer sur le vol Egyptair MS 771 pour Genève. Il était l’invité du Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires des Nations Unies et il devait participer à une conférence de presse sur les graves violations qui se poursuivent en Égypte. Son retour était prévu pour le 16 septembre. Selon ses collègues de la « Commission égyptienne du droit et des libertés », il a été intercepté par des agents des forces de sécurité à l'aéroport du Caire.

Ibrahim Metwaly Hegazy, qui est l'un des avocats égyptiens l'étudiant italien, Giulio Regeni, tué en Égypte entre janvier et février 2016, a déclaré à ses avocats le 20 septembre qu’après son arrestation, les forces de sécurité l'ont détenu pendant la nuit avant de le transférer au quartier général de la Sûreté d’État, dans le quartier d'Abasseya, au Caire, où il a subit tortures psychologiques et physiques durant deux jours. Il a raconté, en outre que les agents de la sécurité l'ont dépouillé, l'ont électrocuté sur diverses parties du corps, lui ont jeté de l'eau et l'ont battu. Les enquêteurs lui ont ensuite demandé, hors la présence d'un avocat, des informations sur ses activités.

Deux jours après son interpellation, Ibrahim Metwaly a déclaré au procureur de la sécurité nationale qu'il avait été torturé. Mais, aucune enquête n’a été ouverte.

Ibrahim Metwaly a été transféré à la prison de sécurité maximale de Tora, dans la banlieue sud du Caire, où il est depuis incarcéré en isolement cellulaire dans des conditions de détention inacceptables. Le plancher de sa cellule est rempli d’eau croupie, il n'y a pas d'électricité et pas de literie. Bien que son avocat ait protesté contre de telles conditions, les autorités pénitentiaires n'ont pas répondu. Depuis le 10 septembre, il n'a pas pu voir sa famille, l'autorité pénitentiaire affirmant qu'il lui était interdit de recevoir des visiteurs.

Ibrahim Metwaly est poursuivi, notamment, pour "fondation et la gestion d'un groupe illégal", - en l’occurrence « Familles des Disparus en Égypte » - de "conspiration avec des parties étrangères contre la sécurité nationale égyptienne" et de "publication de fausses nouvelles". Compte tenu de ces graves chefs d’accusation, il risque la peine de mort, en vertu de la « loi antiterroriste » égyptienne, Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé le 5 novembre 2017 la convocation des ambassadeurs de Grande-Bretagne, du Canada, d'Italie, des Pays-Bas et d'Allemagne après la publication d’un communiqué commun dénonçant l’arrestation Ibrahim Metwally Hegazy.

Ibrahim Metwaly, qui fait partie de la Commission égyptienne pour les droits et la liberté, lutte ouvertement, depuis la découverte du corps de Giulio Regeni, pour établir la vérité sur la disparition de l’étudiant italien. Ibrahim Metwaly Hegazy, lui-même, a perdu son fils ainé, Abdelmoneim, disparu le 8 juillet 2013, durant la sanglante répression des sit-in des place Rabea Al-Adawiya et Nahda, au Caire, qui avait fait plus de 1600 morts en 3 jours. Il a cherché en vain son fils – qui n’avait aucun engagement politique, et n’était aucunement membre des Frères musulmans - dans tous les hôpitaux, dans les morgues et les postes de police, où les fonctionnaires lui ont demandé de s’adresser au ministère de l'Intérieur. Finalement, en janvier 2016, il a fondé « Families of the Disappeared in Egypt » afin de pouvoir constituer les dossiers de plaintes destinées à alimenter le Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées et involontaires, mais aussi de recenser les abus qui frappent la société égyptienne depuis l’arrivée au pouvoir du maréchal Al-Sissi.

 

Ibrahim Metwally Hegazy, a member of the Egyptian Commission for Rights and Freedoms, had disappeared,on 10 September from Cairo International Airport while he was on the way to attend a meeting with the United Nations Working Group on Enforced Disappearances at the 36th session of the Human Rights Council in Geneva, Switzerland.

Ibrahim Metwally Hegazy, the lawyer who was investigating the abduction and death of Italian Cambridge student Giulio Regeni in Egypt, was arrested on charges of “establishing an illegal organization”, “communicating with foreign entities to harm state security” and “disseminating false news”.

Ibrahim Metwally Hegazy is currently being held in Al-Aqrab maximum security section of Tora prison, where he has reported poor detention conditions, lack of adequate food, and lack of adequate medical testing for his anaemia. He reported to his lawyers that he was subjected to torture, electrocution while naked, and that he is being held in solitary confinement, Ibrahim Metwally Hegazy Hegazy’s family said in a statement.

On November 5, 2017, Egyptian Foreign Minister announced it had summoned the ambassadors of Canada, Germany, Italy, the Netherlands and Britain after they criticised the disappearance of Ibrahim Metwally Hegazy.

 Ibrahim Metwally Hegazy became an active human rights defender working on the issue of enforced disappearances after the disappearance of his son Amr Ibrahim Metwally, who went missing on 8 July 2013. He founded the “Association of the Families of the Disappeared”.

 

(*Texte extrait du Supplément spécial 2018 de « Ces Avocats persécutés dans le monde » consacré à la « Journée de l’avocat en Danger »).