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Me
Mathias Morouba, avocat, et
assistant de la représentante légale des victimes de l’Organisation pour
la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD)
dans l’affaire en cours devant la Cour pénale internationale (CPI)
« Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo », a été
abordé le 17 novembre 2009 aux
alentours de 10 heures, dans la salle des pas perdus du Tribunal de
grande instance de Bangui. Un
homme, identifié comme un partisan de l’ancien président de la République
Centrafricaine M. Ange Félix Patassé, lui a lancé : "C’est
toi qui nous tire dessus", avant de donner, à la demande de Me. Morouba, des précisions sur l’identité de ces
personnes : "Nous qui sommes à l’extérieur".
Le
lendemain, un client de Me Morouba lui a répété à deux reprises la phrase
suivante en présence de l’avocat dans le cabinet duquel il était venu
réaliser une transaction et devant deux autres témoins : "Tu
déranges notre président Ange Félix Patassé. Je ne suis pas d’accord avec
toi !" Avant d’avertir à nouveau Me. Morouba
en privé : "Lors de nos réunions, tout le monde ne parle que
de toi. Tu déranges notre président Ange Félix Patassé".
En
outre, le 23 novembre 2009, une source judiciaire identifiée a informé Me
Mathias Morouba de la présence en RCA de sept
mercenaires étrangers qui « sont en contact avec les partisans
d’AFP [Ange Félix Patassé] et participent à leurs réunions et dont on ne
connaît pas le mandat précis". Ces sept hommes auraient été
arrêtés récemment en possession notamment d’une forte somme de dollars
américains et de certificats de formation militaire. Ils seraient
actuellement détenus par les autorités centrafricaines dans la ville de
Bossangoa. L’objet de leur présence en RCA demeure inconnu.
Selon la FIDH, ces actes d’intimidation à l’encontre
de Me Mathias Morouba s’inscrivent dans le
contexte tendu du retour de l’ancien président de la République
Centrafricaine, M. Ange Félix Patassé en RCA, avec l’intention
affichée de se présenter aux élections présidentielles de 2010. De même,
l’année 2010 devrait voir l’ouverture du procès de M. Jean-Pierre Bemba,
accusé par la CPI d’être responsable des crimes de guerre et crimes
contre l’humanité perpétrés par ses troupes du MLC en 2002 et 2003 en RCA
alors même que M. Ange Félix Patassé était le président de la RCA.
Force
est de rappeler que le décès de Me. Goungaye Wanfiyo,
président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) et
avocat devant la CPI, est survenu, le 27 décembre 2008, dans des
circonstances qui laissent planer la possibilité d’un assassinat en
raison de son rôle central dans la dénonciation des violations des droits
de l’Homme en RCA ainsi que du soutien qu’il apportait aux victimes
devant la CPI[2].
L’Observatoire
exprime donc sa plus vive préoccupation pour l’intégrité physique et
psychologique de Me Mathias Morouba du fait de
ses activités de lutte contre l’impunité contre les auteurs des
violations des droits de l’Homme commises notamment sous la présidence de
M. Ange Félix Patassé.
L’Observatoire
rappelle également que l’article 12.2 de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme des Nations unies prévoit que “l’Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de
facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”.
ACTIONS
DEMANDEE :
Ecrire
aux autorités centrafricaines en leur demandant de :
- Garantir en toutes circonstances l’intégrité
physique et psychologique de Me Mathias Morouba
ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en
République Centrafricaine ;
- Mener une enquête indépendante sur les
menaces décrites ci-dessus, afin que leurs auteurs soient
identifiés, dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi
centrafricaine et aux dispositions internationales en matière de
protection des droits de l’Homme ;
- Veiller à ce qu’un terme soit mis à toute
forme de menaces et de harcèlement à l’encontre de Me Mathias Morouba et de tous les défenseurs des droits de
l’Homme en République Centrafricaine ;
- Se conformer aux dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement à son article 1 qui stipule que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de
toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et
international” et son article 12.2 susmentionné ;
- Plus généralement, se conformer aux
dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et
instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de
l’Homme ratifiés par la République Centrafricaine.
Copiez la lettre ci-dessous et envoyez-la à l'adresse
suivante.
ADRESSES:
M. Francois Bozize, Président de la République. Fax : +236 05 56
20 ;
M. Faustin
Touadéra,
Premier Ministre. Fax : + 236 61 42 71 ;
M. Raymond
Ndougou,
Ministre de l’Intérieur chargé de l’Administration du territoire.
Fax : + 236 61 26 27 ;
M. Thierry
Maléyombo,
Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et de la bonne gouvernance.
Fax : + 236 61 1579 ;
Monsieur le Président, [Monsieur le Ministre]
Notre institut est alerté par
des informations reçues de l’Observatoire pour la protection des
défenseurs des droits de l’Homme, sur le cas de notre confrère ,Me Mathias
Morouba,, qui intervient au nom des victimes de l’Organisation pour
la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD)
dans l’affaire en cours devant la Cour pénale internationale (CPI)
« Procureur c. Jean-Pierre
Bemba Gombo ».
Il nous est, en effet, indiqué
que celui-ci a reçu, entre le 17et le 23 novembre 2009 dans la salle des pas perdus du Tribunal
de grande instance de Bangui. , puis dans un cabinet d'avocat devant deux autres témoins,
des informations mettant en péril sa sécurité personnelle
Notre institut est vivement
préoccupé par ces actes d’intimidation à l’encontre de
Me Mathias Morouba qui font craindre pour
l’intégrité physique et psychologique de Me Mathias Morouba
du fait de ses activités de lutte contre l’impunité contre les auteurs
des violations des droits de l’Homme commises notamment sous la
présidence de M. Ange Félix Patassé.
Ils semblent s'inscrire dans le
contexte d'un retour de l’ancien président, M. Ange Félix Patassé en RCA, dans l’intention
annoncée d'une candidature aux élections présidentielles de 2010. De
même, l’année 2010 est celle qui devrait voir l’ouverture du procès de
M. Jean-Pierre Bemba, accusé par la CPI d’être responsable des
crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par ses troupes du
MLC en 2002 et 2003 en RCA alors même que M. Ange Félix Patassé
était le président de la RCA.
Force est de rappeler que Me. Goungaye Wanfiyo,
président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) et
avocat devant la CPI, avait lui aussi reçu des menaces et qu'il est décédé
le 27 décembre 2008, dans des circonstances qui laissent planer la
possibilité d’un assassinat en raison de son rôle central dans la
dénonciation des violations des droits de l’Homme en RCA ainsi que du
soutien qu’il apportait aux victimes devant la CPI.
Aussi nous apparaît-il urgent de vous demander respectueusement
d’exhorter tous ceux qui sont
placés sous votre haute autorité à œuvrer pour que puisse être
effectivement garantie l’intégrité physique et psychologique de Me
Mathias Morouba ainsi que de l’ensemble des
défenseurs des droits de l’Homme en République Centrafricaine ; à veiller à ce que soit ordonnée une enquête indépendante sur les menaces
décrites ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés, dûment
jugés et sanctionnés conformément à la loi centrafricaine et aux
dispositions internationales en matière de protection des droits de
l’Homme , mais surtout à veiller à ce qu’un terme soit mis à toute
forme de menaces et de harcèlement à l’encontre de Me Mathias Morouba et de tous les défenseurs des droits de
l’Homme en République Centrafricaine et à se conformer à l’article 12.2 de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme des Nations unies
prévoit que “l’Etat prend toutes
les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes
protègent toute personne, individuellement ou en association avec
d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de
facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de
l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”.
En
espérant que notre requête sera prise en considération,
Nous
vous prions de croire, Monsieur le Président à l’assurance de nos
sentiments déférents.
AGISSEZ AU PLUS VITE !
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT
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