Bayron Ricardo Góngora, avocat
colombien travaillant pour l’organisation de défense des droits humains Corporación Jurídica Libertad (CJL) a appris qu’il faisait l’objet d’un
complot en vue de l’assassiner. L’avocat qui, entre autres activités,
défend des prisonniers politiques dans la ville de Medellín (département
d’Antioquia) et travaille auprès des proches de
personnes tuées par les forces de sécurité , est
en grand danger.
Le 9 février, un avocat
travaillant pour une autre organisation a fait savoir à Bayron Ricardo Góngora
qu’un prisonnier récemment libéré connaissant Bayron
Ricardo Góngora en raison de ses interventions
dans la prison l’avait informé d’un complot contre celui-ci.
Selon les informations que cette personne avait reçues, des prisonniers
de droit commun avaient été chargés d’informer un groupe armé illégal
opérant dans le quartier de Campo Valdés, dans le nord-est de Medellín,
sur les habitudes et les horaires de visite à la prison de Bayron Ricardo Góngora.
Selon les prisonniers, le groupe armé aurait touché de l’argent pour tuer
l’avocat.
Deux jours plus tard, un contact de la CJL dans le quartier de Campo
Valdés a indiqué à des membres de l’organisation qu’il avait entendu les
mêmes informations au sujet de ce complot.
Bayron Ricardo Góngora travaille
également depuis 2007 sur des cas d’exécution extrajudiciaire aux mains
des forces de sécurité. À l’heure actuelle, il est l’avocat des familles
dans 65 affaires de ce type. En février 2009, il a porté plainte auprès
du Bureau du procureur général contre deux hauts responsables de l’armée
colombienne soupçonnés d’être impliqués dans des exécutions
extrajudiciaires en 2004 et 2005. Il a également demandé au Bureau du
procureur général d’ouvrir une enquête sur l’ancien commandant en chef de
l’armée colombienne, Mario Montoya Uribe, pour
des exécutions extrajudiciaires commises en mars 2009. Bayron Ricardo Góngora a
insisté plusieurs fois auprès du Bureau du procureur général pour qu’il
ouvre une enquête sur cette affaire. Son intervention dans d’autres
affaires a déjà permis que des membres des forces de sécurité soient
déférés à la justice pour leur implication dans des exécutions
extrajudiciaires.
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