Chen Guangcheng , l'avocat “aux pieds nus”, condamné en 2006 à quatre
années et trois mois dans prison, a été libéré le 9 septembre 2010 de la Prison
de la ville de Linyi , dans la Province de Shandong.
Chen Guangcheng , aveugle
depuis l'enfance, qui a appris le droit en braille, avait été arrêté dans
la nuit du 11 au 12 mars 2006, pour avoir aidé des villageois à intenter
une action en justice contre les autorités de la ville de Linyi, qu’ils
accusaient d’avoir enfreint la loi dans leur mise en œuvre de la
politique de contrôle des naissances. femmes, qui auraient subi des
avortements forcés, parfois à plus de sept mois de grossesse sur ordre des
fonctionnaires locaux pour ne pas troubler les statistiques et ainsi
éviter d'être sanctionnés par leurs supérieurs pour non respect de la
politique de l'enfant unique..
Il avait été condamné en août
2006, par le tribunal populaire de Yinan à quatre ans et trois mois de
prison pour avoir dénoncé les politiques de stérilisation forcée des
autorités de Shandong, qui le poursuivait pour "destruction de
propriété publique" et « organisation de malfaiteurs en
vue de perturber la circulation ». Sa peine avait été confirmée
en appel. Il aura passé quatre ans et six mois en détention.
L'IDHAE
Vous remercie d'avoir soutenu sa Campagne
IDHAE BIOGRAPHIE :
Chen
Guangcheng, aveugle de naissance,
35 ans, défenseur des droits humains et avocat, est un juriste
autodidacte. Il a appris le droit en braille.
Il
a défendu à de multiples reprises les droits des familles vivant dans la
partie orientale de la province de Shandong. Il intervenait pour alléger
les impôts trop élevés des familles déshéritées. Il a défendu la cause de
femmes forcées à avorter, même à plusieurs mois de grossesse. Dans la
province de Shandong, ce sont sans doute plus de 100000 femmes, qui
auraient subi des avortements forcés, parfois à plus de sept mois de
grossesse. Bien qu'officiellement illégales, ces pratiques sont utilisées
par les autorités locales pour ne pas troubler les statistiques en
dépassant leurs quotas et ainsi éviter d'être sanctionnés par leurs
supérieurs pour non respect de la politique de l'enfant unique. Il
recourait avec courage à la justice contre les autorités lorsque les
négociations n’aboutissaient pas. Sur les conseils de Chen Guangcheng,
plusieurs familles décident au début de s’opposer par voie de justice aux
autorités locales contre cette politique antifamiliale.
Son
activité met en lumière trois importants problèmes de société :
-
le statut juridique d'un fœtus ayant plusieurs mois ;
-
la réalité de l'adhésion de la population chinoise à la politique de
l'enfant unique ;
-
le meurtre des bébés féminins dans une société où les parents veulent
avant tout un garçon.
Le
12 août 2005, Chen Guangcheng et sa famille furent assignés à résidence.
Le 6 septembre, Chen réussit à s’enfuir pour rencontrer des diplomates de
l’Ambassade des États-Unis, des juristes et des journalistes étrangers,
afin de demander leur aide et ébruiter l’affaire. La rencontre n’eût pas
lieu, car la police de la province de Shandong l’arrêta dans la capitale
et l’obligea à revenir à Linyi. Il a été de nouveau placé en résidence
surveillée à partir du 6 septembre 2005. La maison de Chen est surveillée
par la police, ses téléphones portable et fixe sont coupés et son
ordinateur personnel lui a été confisqué.
Au
début du mois d’octobre 2005, le professeur en droit, Xu Zhiyong et les
juristes Li Fangping et Li Subin ont essayé de rendre visite à Chen, chez
lui. Voulant négocier avec les autorités la libération de Chen, ils
furent retenus devant la maison. Chen réussît quand même à sortir pour
s’entretenir avec ses visiteurs, mais il fut aussitôt ramené de force
chez lui.
Le
15 février, Yuan Weijing, 29 ans, épouse de Chen Guangcheng,
aurait été rouée de coups par un groupe d’une trentaine de personnes non
identifiées alors qu’elle sortait de chez elle pour aller acheter de la
nourriture. Lorsqu’elle a tenté de se rendre à l’hôpital, le lendemain,
pour y faire soigner ses blessures, un groupe de personnes, parmi
lesquelles figurait un responsable local du Parti communiste chinois,
l’en aurait empêchée.
Chen
Guangcheng, a été arrêté par la police dans la nuit du 11 au 12 mars 2006
avec son cousin, Chen Guangyu, et un habitant du voisinage, Chen
Guangjun. L’épouse de Chen Guangcheng, Yuan Weijing, a été agressée par
la police la même nuit. Elle est restée pendant 3 mois sans information
des autorités locales sur les causes de sa disparition. Ce n’est que le
11 juin 2006 qu’elle apprit officiellement que Guangcheng avait été
arrêté la veille.
Le
21 juin 2006, la mise en détention provisoire de Chen Guangcheng fut
confirmée. Ses défenseurs obtinrent effectivement l’autorisation de
rendre visite à leur client mais les surveillants de la prison ne
permirent pas à Chen Guangcheng de répondre aux questions gênant les
autorités. Le lendemain, des officiers de la police locale interrogèrent
l’un des défenseurs de Chen et battirent violemment les trois juristes
qui décidèrent de continuer les actions en justice engagées par Chen. Les
défenseurs de Chen ont été arrêtés et physiquement retenus devant la
maison de son épouse, le 23 juin 2006.
Prévue
pour le 17 juillet 2006, puis reportée quelques jours plus tard, au 20
juillet 2006, la sentence a été finalement rendue le 19 août 2006. Chen a
été condamné, par le tribunal populaire de Yinan à quatre ans et trois
mois de prison pour "destruction de propriété publique"
et « organisation de malfaiteurs en vue de perturber la
circulation ». Son procès s'était tenu sous haute sécurité et
avait été expédié en deux heures tandis que trois des avocats du prévenu
avaient été placés en détention peu avant l'audience. Sa peine a été
confirmée en appel le 30 novembre
Il
s’est vu confirmer sa sentence le 12 janvier 2007 pour la seconde fois
après avoir épuisé toutes les voies de recours.
Le
16 juin, il a été sauvagement frappé et roué de coups de pied, après son
refus de se faire raser la tête, par six autres prisonniers qui l’ont jeté à terre, sous les
encouragements des gardiens. Il a entamé une grève de la faim en signe de
protestation, refusant eau et nourriture. Chen Guangcheng a déclaré qu’on
le sanctionnait pour « désobéissance », parce qu’il s’obstine à
former un recours devant une instance supérieure de la province.
Chen a reçu plusieurs récompenses pour son
action.. Il a notamment reçu, en 2007,
le Prix Ramon Magsaysay,
que l'on dénomme aussi le "Prix
Nobel d'Asie".
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