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Le 18 octobre 2010, marque le début du procès de 151 des
plus importants prévenus, dont 3 anciens députés, 25 maires,
maires-adjoints et anciens maires, les 3 vice-présidents du DTP, etc.
Parmi eux : Muharrem Erbey, avocat
et vice-président de la plus importante structure turque de défense des
droits de l'homme, l’Association des Droits Humains (IHD), emprisonné
depuis près d’un an et Osman
Baydemir, avocat de profession et maire de Diyarbakir, principale ville du Kurdistan turc et
interdit de quitter le territoire turc depuis janvier dernier.
Mentionnons également Leyla Güven et Seyhmus Bayhan, membres du Conseil
de l’Europe.
Le réquisitoire
de 7578 pages établi par le Procureur de la République de Diyarbakir a
été validé le 18 juin 2010 par la 6ème chambre de la Cour d’assises de Diyarbakir.
Il requiert des peines d’emprisonnement allant de 15 ans à la perpétuité,
contre 151 personnes, dont 103 sont détenues. Parmi les prévenus, on
compte 28 dirigeants du Parti pour une Société Démocratique (DTP) qui a
été interdit, 12 maires, dont Osman Baydemir, maire de Diyarbakir, 2
présidents de Conseils Généraux et 2 conseillers municipaux.
A l’aube du 24 décembre 2009, une opération
été réalisée par les forces de sécurité turque : plus de 80 personnes
parmi lesquelles des anciens députés et des maires ont été mis en garde à
vue. Muharrem Erbey, avocat et vice-président de İnsan
Haklari Derneği – IHD –( la Ligue Turque des Droits de
l’Homme) et président de sa
branche de Diyarbakir, a été arrêté pour appartenance à une
« organisation illégale », bien que la section qu’il préside
soit une association officiellement enregistrée.
Muharrem Erbey a été emmené directement au
siège de l’association où ont été saisis les disques durs de 12
ordinateurs et tous les CD, DVD, livres et documents. Il a été exposé aux
médias, tout comme les élus du DTP, les mains menottées dans la cour du
Palais de justice.
Lors de son interrogatoire chez le Procureur, toutes ses activités au
sein de l’IHD (projets, conférences, participation aux réunions
internationales, etc.) ont été présentées comme des délits. Me Erbey a
alors déclaré que si c’était tout ce qu’on lui reprochait, il l’assumait
complètement et il continuerait à agir de la sorte dès sa sortie de
prison.
Me Erbey a été accusé d’appartenance à une organisation illégale
notamment en raison des activités suivantes :
- avoir
élaboré des projets et organisé des formations sur les droits des
enfants, des femmes, etc. ;
- avoir
participé aux travaux d’élaboration d’une constitution civile et
démocratique aux côtés d’organisations de la société civile ;
- être
le conseiller juridique du Maire de Diyarbakir M. Osman BAYDEMIR, de
l’avoir défendu lors de nombreux procès intentés contre lui et de
s'être rendu fréquemment à la Mairie de Diyarbakir ;
- avoir
accordé une interview à Roj TV (alors que depuis deux ans il accorde
des interviews aux médias locaux et internationaux sans être
inquiété) ;
- avoir
« ridiculisé » l’Etat turc (selon le vocabulaire utilisé
par les autorités turques) lors de ses interventions aux parlements
suédois, belge et anglais ainsi qu’au siège de Genève3 des Nations Unies ;
- avoir
« ridiculisé » les forces de l’ordre, avoir soutenu
moralement l’organisation (PKKet avoir motivé la population alors
qu’aucun procès n'a été entamé contre des centaines de communiqués
de presse que Me Erbey a signés ces deux dernières années.
En se basant sur le témoignage (anonyme) qui accuse Me Erbey d’agir pour
le compte d’une organisation illégale, le Procureur l’a traduit devant le
Juge d’instruction. Ce dernier lui a demandé d’emblée « Pourquoi
assurez-vous la défense de plusieurs justiciables sans être
rémunéré ?».
Me Erbey lui a répondu que de nombreuses victimes de torture, de mauvais
traitements, de violations du droit à la vie et à la liberté d’opinion et
d’expression s’adressaient à l’IHD et en tant que défenseur des droits de
l'homme, il donnait une aide juridique gratuite à plusieurs personnes
démunies. Il lui a également répondu que c’était le lot quotidien des
défenseurs des droits de l'homme à travers le monde, tout en lui
demandant pourquoi une telle attitude serait qualifiée de délit à
Diyarbakir ? Il a également précisé que les défenseurs des droits de
l'homme ne faisaient aucune distinction (origine, sexe, classe sociale,
opinion politique, etc.) entre les victimes à défendre. Ainsi, on peut
trouver parmi elles aussi bien des parents de soldats, des épouses de
policiers, des gardiens de village (milices kurdes armées et payées par
le gouvernement turc) que des sympathisants du PKK et des filles portant
le foulard.
Au terme de la procédure, le juge a ordonné son incarcération au motif
qu'il aurait mené toutes ces activités au nom du PKK
. Me Erbey est actuellement incarcéré à la prison de haute
sécurité (type D) de Diyarbakir.
Après la dissolution du Parti pour une Société
Démocratique, le 11 décembre 2009, par la Cour Constitutionnelle de
Turquie, 94 Maires, les membres des Conseils Généraux des Régions et les
membres des Conseils Municipaux avaient adhéré, le 23 décembre 2009, au
Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP). Moins de 24 heures après le
passage des 94 Maires du parti interdit, le DTP, au BDP, une opération de
police a été menée visant ce parti dans plus de 11 villes. Plus de 80
personnes, dont le co-Président du Congrès de la Société Démocratique
(DTK) ainsi que 9 Maires, ont été interpelés.
Selon l'IHD, l’opération contre le nouveau
Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP)
s’est déroulée au mépris de toute règle de droit : des
appartements ont été endommagés, des portes défoncées et les personnes
ont été mises en garde à vue de façon tout à fait arbitraire. Après
l’arrestation de Me Erbey, la police a perquisitionné tous les
bureaux de la section d’IHD à Diyarbakir – alors que le mandat
apporté ne leur permettait, à l’origine, que de fouiller le bureau de
M. Erbey. Cette attaque au droit d’association des membres de la
section de Diyarbakir s’est accompagnée de la confiscation de la
quasi-totalité des dossiers et des fichiers informatiques de
l’association.
Muharrem Erbey s’était récemment exprimé
devant les parlements belge, suédois et britannique sur la situation des
Kurdes en Turquie, a pris part au festival du film kurde en Italie ainsi
qu’à une conférence sur la Constitution (Constitution Workshop – Anayasa
Çalıştayı) organisée par les associations du barreau local
et le Congrès de la Société Démocratique.
En juillet 2009, avec l'IHD d’Amed ( Diyarbakir), il vait organisé
une conférence de presse, après la publication du rapport semestriel sur
les violations des droits de l’homme dans la région du Kurdistan depuis
le début de 2009. Selon le rapport, les atteintes aux droits de l’Homme,
pour ce premier semestre, se comptaient au nombre de 131 249 et 112 018
personnes ne pouvaient plus bénéficier de la carte verte au motif
qu’elles ont voté pour le DTP lors des élections municipales.
AGISSEZ AU PLUS VITE !
Appelez
les autorités turques à libérer Muharrem Erbey, à mettre un terme à la
procédure engagée contre lui en l’absence de tout motif valable pour
celle-ci. .
AGISSEZ.
ENVOYEZ LA LETTRE IDHAE
Copiez la lettre ci-dessous et envoyez-la à l'adresse
suivante.
ADRESSES:
President Abdullah Gul,
Office of the President,
Cumhurbaskanligi Kosku,
Cankaya,
Ankara, Turquie.
Recep Tayyip ERDOĞAN
Prime Minister
Tel: + 90 (312) 415 40 00
Fax: + 90 (312) 417 04 76
Başbakanlık Merkez Bina
Beşir ATALAY
Minister of the Interior
E-mail: besir.atalay@icisleri.gov.tr
Tel: + 90 (312) 425 40 80
Fax: + 90 (312) 418 17 95
T.C. İçişleri Bakanlığı,
Bakanlıklar
ANKARA
E-mail: bilgiislem@icisleri.gov.tr
Sadullah ERGİN
Minister of Justice
E-mail: sadullahergin@adalet.gov.tr
Tel: + 90 (312) 417 77 70
Fax: + 90 (312) 419 33 70
T.C. Adalet Bakanlığı 06659
Kızılay / ANKARA
E-mail: info@adalet.gov.tr
LETTRE:
[votre nom ici]
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Je suis particulièrement
préoccupé(e) par la nouvelle de l'arrestation de mon confrère, Me Muharrem Erbey, avocat et vice-président de la Ligue Turque des
Droits de l’Homme (İnsan Haklari Derneği – IHD) et président
de sa branche basée à Diyarbakir, défenseur des droits de l’Homme, intervenue
le 24 décembre dernier .
Des
informations reçues, il apparaît qu'il a été arrêté pour appartenance à
une « organisation illégale », alors que la section qu’il
préside soit une association officiellement enregistrée.
A ce jour, Muharem Erbey
est toujours détenu à la prison de
Type D de Diyarbakir.
.
Il apparaît plus encore qu'à l'occasion
de l’arrestation de Me Erbey, la police a perquisitionné tous les bureaux
de la section d’IHD à Diyarbakir – alors que le mandat qu'elle
détenait ne lui permettait que de visiter le bureau de Me Erbey et non de confisquer la quasi-totalité
des dossiers et des fichiers informatiques de l’association.
Je suis profondément préoccupé(e) par
l'ensemble des mesures qui sont venues frapper Me Muharrem Erbey , lesquelles semblent uniquement motivé par
ses activités bien connues dans le domaine des droits de l'homme, et cela
en violation de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des
droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le
9 Décembre 1998.
Il est incontestable qu,e depuis 1986,
Insan Haklari Derneği a joué un rôle essentiel dans la promotion des
droits de l'homme et de la démocratie en Turquie. Dans le même temps, il est l'un des
fondateurs de la Human Rights Foundation of Turkey une organisation des
droits de l'homme internationalement reconnue . L'opération contre l'IHD et la
détention du vice-président de celle-ci est une mesure inacceptable.
Le rôle important que jouent les
défenseurs des droits de l'homme a été reconnu dans divers documents
internationaux tels que le Rapport de l'OSCE de la Réunion de Moscou
(1991), la Déclaration de Vienne (1993) ou la Déclaration des Nations
unies sur les défenseurs des droits de l'homme (1998). Ces documents contiennent des
dispositions protégeant les défenseurs des droits de l'homme qui se
heurtent à des entraves en raison de leur travail pour la protection, le
développement et la promotion des droits de l'homme.
Promouvoir le respect de la démocratie
et des droits de l'homme n'est possible qu'à la condition que les défenseurs des droits puissent
mener leur travail dans un environnement sûr et sans obstruction.
J'ai l'honneur de demander instamment
aux autorités turques :
1. de libérer Muharem Erbey et de mettre un terme aux
poursuites en l'absence de tout motif valable pour une telle procédure.
2. de prendre toutes les mesures pour garantir en toutes circonstances
la sécurité et l'intégrité physiques et psychologiques de Me Muharem Erbey.
3. d'agir en conformité avec la Déclaration des Nations Unies sur
la protection des défenseurs des droits de l’Homme et avec l'article 5 de
la Convention du Conseil de l'Europe de sauvegarde des Droits de l'Homme
et des Libertés fondamentales.
4. plus généralement, de mettre fin à toutes les formes de
harcèlement contre les défenseurs des droits de
l'homme en Turquie.
Je me permets d'associer à la présente
demande une requête identique concernant le cas de Me Filiz Kalayci,
membre du Comité exécutif d’IHD, toujours détenue.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma
considération respectueuse.
[votre signature ici]
MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT
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