Haytham al
Maleh , 78 ans, a été forcé
comparaître le 22 février, lors d'une audience
publique, devant un juge militaire de Damas. Il est sous le coup de
nouvelles accusations d’« offense au président » et de « diffamation
envers une instance gouvernementale ». Ces accusations reposaient sur les
renseignements fournis par un prisonnier qui n’était pas détenu pour une
infraction politique.
Haytham al Maleh a déclaré
que ces informations étaient des « mensonges et des provocations » de la
part de ce détenu.
Le lendemain de l’audience,
les nouvelles charges ont été abandonnées en raison d’une amnistie
présidentielle pour les prisonniers condamnés pour des délits mineurs.
Celles retenues contre lui lors de son inculpation le 3 novembre 2009
sont en revanche maintenues.
Des diplomates et deux avocats italiens représentant la Fédération
internationale des ligues des droits de l’homme, une organisation
internationale non gouvernementale qui cherche à améliorer la protection
des droits humains, étaient venus en tant qu'observateurs. Ils n'ont pas
été autorisés à assister à l'audience.
Un état de
santé inquiétant faute de soins.
D’après les personnes qui ont
assisté au procès, Haytham al Maleh était si affaibli qu’il pouvait à
peine parler. Il s’était évanoui au cours de la semaine précédant le
procès parce qu’il n’avait pas reçu son traitement
La femme de Haytham al Maleh, qui était
présente au tribunal, n’a pas eu le droit de lui serrer la main ou de lui
parler. Lorsqu’il est parti, des agents de la sécurité ont entrainé
Haytham al Maleh de force alors qu’il prenait sa femme dans ses bras.
Haitham al-Maleh est actuellement incarcéré à la
prison Adra à Damas.
Les conditions de détention à
la prison d’Adra sont déplorables . Haytham al Maleh souffre de diabète
et d’hyperthyroïdie. Ces deux pathologies nécessitent la prise régulière
de médicaments adaptés, un régime et une surveillance médicale.
Depuis le 11 février, les
autorités interdisent aux détenus de la prison d'Adra d’obtenir des
médicaments d’une source autre que la pharmacie de la prison. Haytham al
Maleh ne prend que les médicaments que lui fournit sa famille parce qu’il
trouve que ceux de la pharmacie de la prison sont de mauvaise qualité.
Son état de santé se dégrade.
Les personnes souffrant de diabète ou d'hyperthyroïdie qui ne suivent pas
de traitement risquent une importante perte de poids, le coma, voire une
défaillance cardiaque ou rénale. Contrairement à d’autres détenus de la
prison d’Adhra, Haytham al Maleh est généralement accompagné par un
gardien lorsqu’il voit le médecin de la prison.
RAPPEL : Haytham al Maleh , avocat de
soixante-dix-huit ans a été convoqué par téléphone à la section de la
Sécurité politique de Damas le 13 octobre 2009, par un agent de la
Sécurité politique . Haytham al
Maleh a refusé de s’y présenter . Haytham al Maleh est l’un des avocats
de Muhannad al-Hassani, lui aussi défenseur des droits de l'homme et
actuellement emprisonné.
Voir : http://www.idhae.org/fr-page4.1.moyor.syr.14.htm
Le lendemain, il a été
arrêté à son bureau. Bien que les autorités syriennes aient refusé de
révéler où il se trouvait, certains défenseurs des droits de l'homme syriens
pensent qu’il pouvait être détenu à la section de la Sécurité politique
de Damas. Il a disparu
pendant 5 jours, pour ne
réapparaître que le 19 Octobre 2009 lorsqu' il a été transféré dans les
locaux de la police militaire à Qaboun, un autre quartier de la capitale
syrienne.
Les autorités syriennes
n’ont pas indiqué les motifs de l’arrestation de Haytham al Maleh. Il semblerait que la disparition de M.
al-Maleh soit liée à un entretien téléphonique avec un journaliste de la chaîne de
télévision Barada TV, liée à l'opposition syrienne et basée à Londres.
Dans cette interview, Haytham al Maleh a parlé de l’emprisonnement
d’autres défenseurs des droits humains, notamment du cas récent du
prisonnier d’opinion Muhannad al Hassani, qui est détenu et poursuivi en
raison de ses activités pacifiques et légitimes de défense des
prisonniers politiques. Le travail de ce dernier consistait notamment à
jouer le rôle d’observateur lors des procès de ces prisonniers, qui se
déroulent généralement devant la Cour suprême de sûreté de l’État. Les
audiences de cette instance sont loin d’être conformes aux normes
internationales d’équité des procès.
Dans son interview, il a
également indiqué que, bien que les autorités syriennes « disposent de
vastes ressources sous la forme de l’armée, des services de renseignement
et de la police, ainsi que d’armes et de tous les moyens d’oppression,
elles se cachent derrière des lois qui n’ont aucun fondement logique,
juridique ou même juste », et il a déclaré que les forces de sécurité
syriennes pouvaient « commettre des crimes en toute impunité ». Il a
critiqué les lois « d’exception » en vigueur depuis 1964, qui sont
utilisées pour restreindre la liberté d’expression et d’association. Il a
en outre évoqué la corruption au sein du gouvernement et le fossé qui se
creuse sans cesse entre les riches et les pauvres en Syrie.
Le 20 octobre, il a comparu
devant le tribunal militaire lors d'une audience préliminaire. Le
procureur général militaire, qui a dressé les charges qui pèsent contre
lui: « avoir insulté le président », « avoir insulté le pouvoir
judiciaire », « avoir diffusé de fausses informations en Syrie, qui
pourraient affaiblir le moral de la nation » et « avoir affaibli le
sentiment nationaliste ». Le cas de Haitham al-Maleh a été soumis au Groupe de travail sur la détention
arbitraire (le 27 Octobre 2009) afin qu'il soit libéré ou qu'il bénéficie
au moins d'un procès équitable conforme aux normes internationales des
droits de l'homme.
Haytham
al Maleh, a été inculpé le 3 novembre 2009 par un juge militaire pour «
diffusion de fausses nouvelles » au sujet de la situation des droits de
l'homme en Syrie. S’il est reconnu coupable, il encourt jusqu’à quinze
ans d’emprisonnement.
Au cours de sa carrière de défenseur des droits de l'homme, Haithem
al-Maleh a été harcelé à plusieurs reprises, accusé et emprisonné pour
ses activités en Syrie où il a défendu des personnes en s'opposant
souvent à des décisions prises par les autorités ou des forces de
sécurité. Il a été emprisonné auparavant entre 1980 et 1987 à cause de sa
profession d'avocat. En 2002, il a été traduit devant un tribunal
militaire pour avoir publié un magazine au Liban, mais a été libéré plus
tard suite à une décision prise par le Président de la République, Bashar
al-Assad. Par la suite, sa licence d'avocat lui a été retirée en 2004, il
a été plusieurs fois été interdit de voyager et de donner des
conférences.
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