Le
28 décembre 2009, Mohammed al-Mansoori,
avocat et ancien président de l'Association des Juristes des EAU, a été
renvoyé de son poste de conseiller juridique auprès de l'Emirat par le
Prince de Ras Al Khaimah, Sheikh Saud bin Saqr Al Qasimi.
Le
20 décembre, lors d'une interwiew à la chaine de télévision « Al Hiwar», Mohammed
al-Mansoori avait critiqué le
manque de liberté d'expression aux Emirats Arabes Unis (EAU). Au cours de son analyse il avait évoqué
une régression quotidienne, indiquant que la torture était toujours
pratiquée par certaines agences de sécurité, bien qu'elle soit en recul
dans les postes de police. Il avait aussi souligné que les journaux étaient censurés. En
ce qui concerne les défenseurs des droits humains, il a déclaré: « Les
activistes sont en danger dans le cadre de leur travail et parfois, ils
sont stoppés ».
Mohammed
al-Mansoori a été averti verbalement de son renvoi après un entretien
avec le Prince Sheikh Saud bin Saqr Al Qasimi, le 28 décembre. Le renvoi
a pris effet immédiatement.
Précédemment,
le 7 juin 2009 Mohammed al-Mansoori
avait été arrêté à Abu-Dhabi.
L'arrestation avait été menée sans mandat d'arrêt et aucune raison
particulière n'avait été avancée. Suite à cette arrestation, un ordre de
libération temporaire avait été donné, qui interdisait au Mohammed al-Mansoori de quitter le
pays. Mohammed al-Mansoori est sous
le coup d'une interdiction de voyager depuis octobre 2007 et son
passeport a été confisqué en mars 2008.
En
juin 2006, un mandat d'arrêt avait
été décerné contre Mohamed al Mansoori, avocat militant en faveur des
droits humains et président de l'Association des juristes, après qu'il
eut été accusé d'avoir « insulté le représentant du ministère
public ». Il venait de donner plusieurs interviews à la presse
étrangère dans lesquelles il critiquait la situation des droits humains
dans le pays. Mohamed al Mansoori, qui était alors à l'étranger, n'a pas
été appréhendé.
(Voir : http://www.idhae.org/idhae-uk-page4.1.uarabu02.htm
)
Créée
en 1981, l'Association de juristes compte plusieurs centaines de membres
parmi lesquels des juges, des avocats et des experts juridiques. Elle a
participé à l'organisation de séminaires sur plusieurs questions
relatives aux droits humains. En septembre 2005 cependant, les autorités
de l'Émirat de Fujairah ont interdit la tenue d'une conférence sur les
droits civiques, les droits des femmes et la démocratie que l'association
avait voulu organiser. Aucune explication n'avait été fournie quant à
cette interdiction