Imrana Jalal, avocate fidjienne spécialiste des droits
de l’homme, conseillère en matière
de droits de l'homme auprès du secrétariat de l'Équipe de ressources pour
les droits régionaux
de la Communauté du Pacifique,
fait l'objet d'une persécution, de la part de la Commission indépendante fidjienne contre la corruption (FICAC) sous des prétextes judiciaires.
La commission indépendante fidjienne
contre la corruption reproche à Imrana Jalal,
l’avocate spécialiste des questions humanitaires, d’avoir ouvert les
portes d’un restaurant sans la licence appropriée. Or, Imrana
Jalal a précisé qu’elle n’était
qu’une « associée passive, une partenaire silencieuse du restaurant
de son mari ». C’est-à-dire qu’elle a participé au capital mais
qu’elle n’assure pas la direction du commerce de son époux.
Le 1er janvier, des membres de la
FICAC ont notifié à Imrana Jalal les sept infractions dont on l'accuse, punissables au titre de la règlementation
en matière de santé publique
(hôtels, restaurants et bars), de la Loi sur la sécurité alimentaire et du
Code pénal. Ces
charges seraient en rapport avec un commerce géré par une entreprise dont elle-même et son époux assurent la direction. Habituellement, cette infraction est jugée minime et les amendes ne
dépassent pas 20 dollars (1 500 F CFP). Cette fois, le dossier a été
transféré à la Haute Cour.
Mais sur
cette base, le 11 janvier,
des membres de la FICAC se sont
présentés au bureau d'Imrana
Jalal à Suva afin de lui signifier qu'elle était dans l'obligation de remettre
son passeport aux autorités.
Plus tard ce même jour au tribunal, Imrana
Jalal et son avocat ont appris qu'elle était désormais inculpée en vertu d'un texte de 2007 sur la prévention de la
corruption, pour les mêmes motifs. On lui a également indiqué que ce texte autorise la FICAC à confisquer
son passeport et à le conserver pour une période pouvant aller jusqu'à six mois. Elle a donc remis son passeport à la cour. On lui a ensuite dit qu'elle devrait déposer une demande et une déclaration sous serment auprès de la cour à chaque fois qu'elle aurait besoin de se rendre à l'étranger.
Son poste
actuel de conseillère
en matière de droits
de l'homme auprès du secrétariat de l'Équipe de ressources pour les droits régionaux de la Communauté
du Pacifique, ainsi que les liens qu'elle entretient avec de nombreuses
organisations internationales
de défense des droits
fondamentaux la conduisent
à se déplacer fréquemment,
dans la région du Pacifique et dans le monde.
Compte tenu de son programme chargé en matière
de déplacements, elle
devrait soumettre une demande à la cour quasiment toutes les semaines ou tous les quinze jours.
Les poursuites
engagées ont clairement pour but de la punir
pour avoir publiquement
dénoncé les violations des droits
de l'homme perpétrées
par l'armée depuis que celle-ci a renversé le gouvernement mené par Laisenia Qarase, en décembre 2006.
Les autorités
continuent également
à essayer d'affaiblir l'indépendance
de la justice et ont menacé
des citoyens. Dans un
entretien radiophonique
datant du 5 janvier,
Pita Driti, commandant des forces de l'armée de terre, a mis en garde critiques et opposants, leur annonçant qu'ils seraient durement traités par l'armée en 2010
s'ils ne « coopéraient »pas.
Exhortez le gouvernement
fidjien à suspendre immédiatement toutes les mesures violant le droit à la liberté d'expression, d'association
et de réunion, et à s'abstenir
d'en adopter de nouvelles
visant à réprimer l'opposition non violente.
En particulier, les autorités
doivent :faire immédiatement
cesser les poursuites
engagées contre Imrana Jalal ainsi que les menaces, le harcèlement, les manœuvres d'intimidation
Copiez la
lettre ci-dessous et envoyez-la à l'adresse suivante.
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