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ACTION URGENTE AVOCAT
Au secours des avocats depuis 1984

 

 Avocats en péril

 

TURQUIE

7 septembre 2016

 

La 14ème Cour pénale d'Istanbul a accepté la demande de mise en liberté

 

 Ramazan Demir Ayşe Acinikli

 

Libérés

 

 

 

Ayşe Acinikli et Ramazan Demir sont libres.

La 14ème Cour pénale d'Istanbul a accepté la demande de mise en liberté, ainsi que celles des autres défenseurs détenus.

Toutefois, la mise en liberté est assortie d'une interdiction de quitter le pays.

 

Ghislaine SEZE et Françoise FRAIGNEAU étaient présentes à l’audience à Istanbul au sein d’une délégation française qui comprenait 9 avocats.

 

Elles ont pu accueillir Ayşe Acinikli et Ramazan Demir, le soir même, à leur sortie de prison.

Ils les ont chargées de vous transmettre toute leur gratitude pour le soutien qu'ils ont reçu durant ces mois si difficiles pour eux.

 

Sur le fond, l’affaire est renvoyée au  22 Novembre 2016 à 9h30.

 

PLUS D’APPELS. MERCI !

 

Rappel des faits :

 

Le 17 Mars, Ramazan Demir, Ayşe Acinikli, ainsi que et 7 autres avocats membres de l'Association des avocats pour la liberté (Ozgurlukcu Hukukcular Dernegi - ÖHD), devaient plaider la cause des 46 avocats poursuivis depuis 2012 dans le cadre d’un procès dit du KCK, pour avoir participé à la défense de Abdullah Öcalan, l'un des membres fondateurs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’affaire a du être renvoyée.

 

Au petit matin du 16 Mars, 2016, 9 avocats membres de l’ÖHD : Mİrfan Arasan, Hüseyin Bogatekin, Şefik Çelik, Adem Çalışçı, Tamer Doğan, Ramazan Demir et Mustafa Ruzgar, ainsi que Ayşe Acinikli et Ayşe Gösterişlioğlu ont été arrêtés et leurs maisons à Istanbul ont été fouillées par la police, dans le cadre d'une opération anti-terroriste qui a ciblé au moins 89 personnes dans plusieurs villes (Aydın, Diyarbakır, Bingöl, Ağrı, Konya, Bitlis, Erzurum, Mus, Mardin, Şırnak, Siirt, Elazığ, İzmir, Muğla, Urfa, Antep, Maras et Sakarya).

 

Les neuf avocats ont été arrêtés pour «appartenance à une organisation illégale» pour des événements qui ont eu lieu entre 2011 et 2014. Au cours de leur interrogatoire, ils ont été questionnés sur des interviews qu'ils ont donné dans les médias, les plaintes qu'ils ont déposé devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et des visites en prison à leurs clients.. À ce jour, le dossier sur les arrestations demeurent confidentiels en vertu de l'article 153.2 de la procédure pénale turque (n ° 5271) du Code.

 

Le 18 Mars, Istanbul Première Cour pénale de la paix, présidé par le juge Bakır Altun a ordonné la libération de Mİrfan Arasan et Mustafa Ruzgar.

 

A l’issue du délai de garde à vue et après 13 heures d’interrogatoires et de plaidoiries, ils avaient tous été relâchés le 19 mars, contre les réquisitions du Procureur, Orhan Aydın, par décision du tribunal après 13h d'auditions et de plaidoiries, au motif que les preuves fournies étaient insuffisantes et que la détention était une mesure disproportionnée de la retenue dans les circonstances.

 

Le ministère public a exercé un recours contre la décision du tribunal mais le 21 Mars, le premier tribunal pénal d'Istanbul a rejeté l'objection du ministère public une deuxième fois. Le ministère public a déposé un appel devant la deuxième Cour pénale d'Istanbul.

Le maintien en garde à vue des neuf avocats avait cependant eu pour effet de les empêcher de remplir leur mission de défense et le procès des 46 a dû être renvoyé au 28 juin 2016.

 

Le 22 Mars, le deuxième tribunal pénal d'Istanbul, présidée par le juge Durmuş Karacali, a accueilli le recours du parquet contre quatre des avocats et a lancé des mandats d’arrêt visant Hüseyin Bogatekin, Ayşe Acinikli, Ramazan Demir et Ayşe Gösterişlioğlu. Le tribunal a estimé qu'il y avait suffisamment de preuves montrant qu'ils avaient commis le crime présumé, et qu'il y avait des risques de fuite ou de destruction des éléments de preuve. les avocats de la défense n’avaient pas été convoqués à l'audience et n'ont pas pu présenter de défense. Les avocats de la défense ont déposé une objection contre cette ordonnance.

 

Le même jour, Hüseyin Bogatekin et Ayse Gösterişlioğlu ont été arrêtés et détenus au palais de justice, tandis que la police n'aurait pas pu trouver Ayşe Acinikli et Ramazan Demir. Pendant la nuit, la Huitième Cour pénale d’Istanbul, présidé par Atila Öztürk, a entendu Hüseyin Bogatekin et Ayse Gösterişlioğlu. Le tribunal a limité le nombre d'avocats de la défense à trois par accusé. Il a décidé de les placer en détention respectivement à) la prison de Metris pour les hommes à Istanbul et à la prison de Bakırköy pour les femmes. Mais sept jours plus tard, le 1er Avril, tous deux ont été libérés par la Cour pénale d’Istanbul.

 

Restaient alors les deux autres avocats sous mandat d’arrêt, Ramazan Demir et Ayşe Acinikli, qui, cinq jours plus tard, le 6 avril, étaient interpellés à leur tour et placés en détention provisoire par la 3e Cour pénale d'Istanbul. Ils ont formé un appel d’urgence.

 

Mais, le 25 mai, le juge Bulent Dalkiran, Président de la 14ème Cour pénale d'Istanbul de paix, assisté par les magistrats Mehmet Celik et Ferhat Korkmaz, a rejeté la demande de mise en liberté qui avait été déposée par Demir et Acinikli mai 18. le juge a justifié sa décision au motif qu'il avait "pas été en mesure d'entendre l'accusé». Tous deux restent en détention avant le procès pour des accusations liées au terrorisme.

 

Le procès des « 45 avocats », membres des barreaux d’Istanbul, Diyarbakir, Van, Kars, Ardahan, Batman – mais qui sont en réalité « 46 » (1) - reporté en raison de l'arrestation de 9 de leurs défenseurs - est toujours prévue pour le 28 Juin.

 

(1)          Mehdi ÖZTÜZÜN, Faik Özgür EROL, Muharem ŞAHİN, Fuat COŞACAK, İbrahim BİLMEZ, Emran EMEKÇİ, Cengiz ÇİÇEK, Doğan ERBAŞ, Hatice KORKUT, Ömer GÜNEŞ, Mehmet Sani KIZILKAYA, Mehmet BAYRAKTAR, Bedri KURAN, Sabahattin KAYA, Asya ÜLKER, Nevzat ANUK, Baran PAMUK, Ergün CANAN, Nezahat PAŞA BAYRAKTAR, Meral ATASOY ATAN, Fırat AYDINKAYA, Yalçın SARITAŞ, Şaziye ÖNDER, Mustafa ERASLAN, Mehmet Sabır TAŞ, Cemal DEMİR, Ümit SİSLİGÜN, Erdal SAFALI, Ayşe BATUMLU KAYA, Nevzat ANUK, Baran PAMUK, Ergün CANAN, Nezahat PAŞA BAYRAKTAR, Meral ATASOY ATAN, Fırat AYDINKAYA, Yalçın SARITAŞ, Mehmet Deniz BÜYÜK, Serkan AKBAŞ, Servet DEMİR, Mehmet AYATA, Şakir DEMİR, Mizgin IRGAT, Mensur IŞIK, Sabahat Zeynep ARAT, Hüseyin KARASU, Sıdık BAL,

 

L’APPEL :

 

L’Observatoire Mondial des Droits de la Défense IDHAE considère que Ramazan Demir et Ayse Acinikli, comme leurs confères, ne sont poursuivis que parce qu’ils défendent des opposants politiques et ont déposé de nombreuses requêtes auprès de la CEDH et demande leur remise en liberté immédiate et sans condition.

 

L’Observatoire Mondial des Droits de la Défense IDHAE appelle les autorités turques à libérer immédiatement et sans condition Ramazan Demir et Ayşe Acinikli, que leur détention est arbitraire car elle ne vise qu'à sanctionner leurs activités légitimes des droits de l'homme, et de mettre un terme au harcèlement, y compris au niveau judiciaire, contre eux et plus généralement contre tous les défenseurs des droits humains et des avocats.

 

 

 

 

A lire aussi :

 

 

 

 

 

PLUS D’APPELS. MERCI !

 

[Votre nom ici]

 

Objet : Demande de lbération de Ramazan DEMIR et AYSE Ayşe ACIINIKLI

 Avocats à ISTANBUL

 

 

Monsieur le Ministre,

 

 

Le 16 mars 2016, à l’aube, neuf avocats turcs, İrfan Arasan, Hüseyin Boğatekin, Şefik Çelik, Adem Çalışçı, Tamer Doğan, Ramazan, Demir, Mustafa Ruzgar, Ayşe Acinikli et Ayşe Gösterişlioğlu, avocats au barreau d’Istanbul, membres de Association des juristes Libertaires (ÖHD), avaient été arrêtés.

 

Ils ont été placés en garde à vue par la police qui a perquisitionné leurs domiciles ou leurs bureaux, alors qu’ils sont tous membres de l’équipe de Défense de 46 autres avocats turcs poursuivis depuis 2012 dans le cadre d’un procès dit KCK et plaider pour leurs confrères.

A l’issue du délai de garde à vue et après 13 heures d’interrogatoires et de plaidoiries, ils avaient tous été relâchés le 19 mars, contre les réquisitions du Procureur par décision du tribunal après 13h d'auditions et de plaidoiries. Leur maintien en garde à vue les avait cependant eu pour effet de les empêcher de remplir leur mission de défense et le procès a dû être renvoyé au 28 juin 2016.

Mais sur appel du parquet, le 23 mars, la 2e Justice de paix pénale d’Istanbul a jugé l'appel fondé en ce qui concerne quatre avocats et décerné un mandat d’arrêt contre : Hüseyin Boğatekin, Ayşe Başar, Ramazan Demir et Ayşe Acinikli.

Le jour même, deux d’entre eux, Hüseyin Boğatekin et Ayşe Başar, ont été interpellés et mis en détention. Mais sept jours plus tard, le 1er Avril, ils ont été libérés par la Cour d’Appel.

Cinq jours plus tard, le 6 avril, les deux autres avocats sous mandat d’arrêt, Ramazan Demir et Ayşe Acinikli, étaient interpellés à leur tour et mis en détention. Ils ont a leur tour formé un appel mais celui-ci a été rejeté. Ils sont aujourd’hui encore détenus.

Il nous apparaît que les principaux griefs invoqués à l’encontre de ces avocats pour justifier ces mesures, soient liés à leur participation à la défense d’opposants notamment de manifestants du parc de GEZI, au dépôt de requêtes auprès de la CEDH, et à la participation à des conférences internationales, ces agissements constituant le dénigrement de l’Etat et la Nation turcs.

Il apparaît donc que ces avocats sont poursuivis, en totale violation des règles et accords internationaux qui régissent la Profession, pour avoir exercé leur mission de défense et leur liberté de parole et qu’ils sont assimilés à leurs clients, ce qui est inacceptable.

Nous vous rappelons que les pouvoirs publics doivent veiller à ce que les avocats ne soient pas assimilés à leurs clients, ou à la cause de leurs clients, du fait de l’exercice de leurs fonctions.

C’est pourquoi nous vous demandons d’intervenir de toute urgence pour que Ramazan DEMIR et Ayse ACINIKLI soient remis immédiatement en liberté et que soit reconnu et protégé, en Turquie, le Droit à la Défense pour tous, fondement d’un procès équitable.

Nous vous remercions de votre réponse à notre demande et vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre respectueuse considération.

 

 

[Signature]

 

[Signature]

 

 

MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT

 

RESERVE AUX MEMBRES DE L'IDHAE

 

[Signature]

 

ADRESSES:

 

 

 

 

MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT

 

 

 

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