|

ACTION URGENTE AVOCAT
VIETNAM
16 décembre 2015
Recrudescence de la répression
contre les militants des droits de l’homme
Nguyên Van Dai à nouveau arrêté
Il avait déjà purgé une peine de 4 ans de prison
puis de 4 ans de liberté surveillée.
Le 16 décembre dernier, l’organe d’enquête de la
Sécurité publique décidait de l’inculper – et de placer Nguyên Van Dai en
détention provisoire –, pour « propagande antigouvernementale », délit
défini dans l’ancien code pénal ainsi que dans le nouveau qui rentrera
en vigueur en 2016. Celui-ci venait d’achever de purger une peine de
quatre ans de prison pour propagande antigouvernementale, suivie de
quatre ans en résidence surveillée.
Dix jours plus tôt, le 6 décembre 2015, les
forces de sécurité de la province de Nghe An,
dans le centre du Vietnam, avaient violemment agressé Nguyên Van Dai, ainsi que
trois autres activistes démocrates, Vu Van Minh, Ly Quang Son et Le Manh Thang. Des agents en
civils masqués, qui se déplaçaient dans deux voitures sans plaque
d'immatriculation et sur cinq motos, décrits comme des policiers par
Nguyen Van Dai, ont stoppé le groupe qui se
rendait à Hanoï en Taxi et les ont frappés avec des matraques en fer.
Trois d’entre eux ont réussi à s'échapper, mais Nguyên
Van Dai a continué à recevoir des coups. Nguyen
Van Dai a été traîné de force dans une
voiture, dans laquelle il a été passé à tabac. Son téléphone, son
portefeuille contenant près de 500 dollars et ses effets personnels lui
ont été dérobés. Il a ensuite été relâché par ses ravisseurs à une
cinquantaine de kilomètres du lieu de la réunion. Nguyen Van Dai n’a pu retourner à Hanoï que deux jours après
l’agression. Les autorités auraient tenté de l’arrêter alors qu’il
essayait de regagner son domicile dans un autobus, quelques heures après
l’agression.
Quelques semaines plus tôt ,
Nguyen Van Dai avait dénoncé lors d’une
interview à Radio Free Asia le harcèlement des collaborateurs de la web-TV indépendante Luong Tam Tv (Conscience TV),
dont il fait partie. La chaîne fait en effet l’objet depuis son
lancement en août dernier d’une campagne de harcèlement par les
autorités.
En 2007, Nguyên Van Dai avait été arrêté à Hanoi, par la Sécurité
vietnamienne et inculpé de “propagande contre la République Socialiste
du Vietnam” . Il avait été condamné, le 11 mai
2007, à cinq ans de prison ferme, par la Cour populaire de Hanoï pour
"propagande contre le gouvernement". Rejugé en appel à Hanoi le 27 novembre 2007
par le Tribunal populaire suprême , sa peine
avait été « réduite » à 4
d'emprisonnement, soit un an de moins par rapport au verdict de
la Cour populaire de Hanoi lors du procès en 1re instance. Le
verdict était assorti d'une mesure de placement en résidence
surveillée à sa sortie de
prison, de 4 ans qui expirait le 5 mars 2015.
Le 30 janvier 2015, Nguyên
Van Dai avait déjà subi une agression à son
domicile par deux hommes non identifiés qui ont cassé la porte d'entrée
de l'appartement et menacé de brûler sa maison.
Nguyên Van Dai, 45 ans,
avocat démocrate, est un chrétien engagé dans son église de l’Alliance
chrétienne missionnaire à Hanoi. Il est co-fondateur du “Comité pour
les Droits de l’Homme au Vietnam” au mois de novembre 2006 et Nguyên Van Dai, a fondé
le “Comité pour les Droits de l’Homme au Vietnam” au mois de novembre
2006. Il offre une assistance juridique à ceux qui critiquent le
gouvernement et aux membres de minorités religieuses; il a déjà été la
cible d'acharnement judiciaire dans le passé. Lors du sommet de
coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Hanoï en novembre 2006,
des officiers de la sécurité de l'État ont encerclé son domicile et
l'ont pratiquement assigné à résidence.
La situation des militants des droits de l’homme
au Vietnam est de plus en plus tendue depuis quelques mois, car le
gouvernement communiste vietnamien renforce le contrôle à l'approche du
congrès national du parti communiste en janvier 2016.
|