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EGYPTE

 

Ibrahim Metwally Hegazy

L’avocat des Familles de disparus et de la famille de Guido Regeni, toujours détenu depuis le 10 septembre 2017 .

  

 Ibrahim Metwally Hegazy, 53 ans, cofondateur du groupe, Familles des Disparus en Egypte - « Families of the Disappeared in Egypt » et l'un des avocats égyptiens l'enquêteur italien Guido Regeni, tué en Egypte entre janvier et février 2016, a disparu à son tour aux mains des alors qu'il était sur le point d'embarquer sur le vol Egyptair MS 771 pour Genève, où il devait être reçu par le Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires des Nations Unies et pour participer à une conférence de presse sur les graves violations qui se poursuivent en Égypte. Son retour était prévu pour le 16 septembre. ll a été intercepté et disparu à l'aéroport du Caire, selon ses collègues de la Commission égyptienne du droit et de la liberté.

 

Ibrahim Metwaly a déclaré à ses avocats le 20 septembre qu’ après son arrestation à l'aéroport le 10 septembre, les forces de sécurité l'ont détenu pendant la nuit avant de le transférer au bâtiment de la Sécurité nationale au quartier général de la Sûreté d’État, dans le quartier d'Abasseya au Caire, où il a subit tortures psychologiques et physiques durant deux jours, Il a raconté en outre que les agents de la sécurité l'ont dépouillé, l'ont électrocuté dans diverses parties de son corps, lui ont jeté de l'eau et l'ont battu. Les enquêteurs lui ont ensuite demandé, sans la présence d'un avocat, des détails sur son militantisme sur la disparition forcée en Égypte.

Deux jours après son interpellation, lorsque le procureur suprême de la sécurité nationale l'a interrogé, Ibrahim Metwaly a déclaré au procureur qu'il avait été torturé. Mais jusqu'à présent, les autorités égyptiennes n’ ont pas ouvert d’enquête.

À la suite de l'interrogatoire, Ibrahim Metwaly a été transféré à la prison de sécurité maximale de Tora, dans la banlieue sud du Caire, où il est depuis incarcéré en isolement cellulaire dans des conditions de détention effroyables.

 Le plancher de sa cellule est remplie d’eau croupie, il n'y a pas d'électricité et pas de literie. Bien que son avocat ait signalé ces conditions, les autorités pénitentiaires n'ont pas répondu. depuis le 10 septembre le n'a pas eu accès à sa famille, l'autorité pénitentiaire affirmant qu'il lui était interdit de recevoir des visiteurs.

Il risque la peine de mort, en vertu de la « loi antiterroriste » égyptienne, compte tenu des lourdes accusations prononcées contre lui.

Ibrahim Metwaly est poursuivi notamment des chefs de "fondation et la gestion d'un groupe illégal", - Familles des Disparus en Egypte - de "conspiration avec des parties étrangères contre la sécurité nationale égyptienne" et de "publication de fausses nouvelles".

Ibrahim Metwaly, qui fait partie de La Commission égyptienne pour les droits et la liberté, l'organisation représentant légalement la famille de Giulio Regeni, est actif dans les luttes contre une violation des droits de l'homme. Depuis la découverte du corps de Giulio Regeni, l'avocat, il a lutté pour reconstruire la vérité sur ce qui s'est passé.

Ibrahim Metwaly a perdu son fils ainé, Abdelmoneim, disparu le 8 juillet 2013 durant la sanglante répression des sit-in des place Rabea Al-Adawiya et Nahda au Caire qui avait fait plus de 1600 morts en 3 jours. Son fils n'était pas politique, insiste-t-il, ni membre des Frères musulmans. Il a cherché son fils dans les hôpitaux, les morgues et les postes de police, où les fonctionnaires lui ont demandé d'aller au ministère de l'Intérieur (le ministère accusé par des groupes de défense des droits de l'homme pour plusieurs des disparitions).. Finalement, en janvier 2016, il fondait « Families of the Disappeared in Egypt » afin de pouvoir constituer les dossiers de plaintes destinées à alimenter le Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées et involontaires, mais aussi de documenter la terreur qui s’était abattue sur la société égyptienne au lendemain du coup d’État du maréchal Al-Sissi.

Au début du mois de septembre 2017, lors de la session annuelle de l’assemblée générale des Nations-Unies, le Comité contre la torture a indiqué dans son rapport annuel que « la torture est une pratique systémique en Égypte », fondant ses affirmations sur une enquête menée suite aux centaines de plaintes déposée par la fondation suisse Alkarama. Le 6 septembre, Human Rights Watch a a son tour rendu public son rapport affirmant : « L’épidémie de torture pourrait constituer un crime contre l’humanité, l’Agence Nationale de Sécurité -qui dépend du ministère de l’Intérieur - a un système en place pour former son personnel aux techniques de torture ».

 

L’IDHAE demande aux autorités égyptiennes :

 

§       De libérer immédiate et sans condition de Ibrahim Metwally Hegazy à l’abandon des charges contre lui.

o            de veiller à ce que, pendant sa détention provisoire et arbitraire, il ne soit pas victime d’actes de torture ou autres mauvais traitements ;

de garantir son libre accès, sans restriction, à sa famille et aux avocats de son choix

·                              D’abroger la loi 70 de 2017, conformément à l'appel du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, et toutes les autres lois et décrets exécutifs qui servent à restreindre l'espace pour la défense des droits de l'homme et la défense en Égypte,

·                              d’assurer la protection de toutes les personnes et organisations qui travaillent en Egypte afin de promouvoir et défendre les droits de l'homme.

 

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