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ALERTE URGENTE AVOCAT

 

ÉGYPTE – 24 janvier 2018

 

Il est contraint de renoncer à se présenter

 

Khaled Ali

 

Avocat anticorruption et porte-voix du monde ouvrier, il a été arrêté puis condamné pour '"atteinte à la morale publique" afin de l’empêcher de se présenter contre le président sortant Abdel Fattah al-Sissi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Khaled Ali , avec notamment avec Malek Adly, avait saisi la justice contre l’accord par lequel le gouvernement avait restitué deux îles de Tiran et Sanafir, dans la mer Rouge à l'Arabie saoudite.

 

Khaled Ali a annoncé le 24 janvier 2018 qu’il était contraint de renoncer à sa candidature à l’élection présidentielle. Le 25 septembre 2017, il a été condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Gizeh, au Caire, à trois mois d’emprisonnement pour « atteinte à la décence publique » à la suite de la plainte déposée contre lui par un confrère pro gouvernemental sur le seul fondement d’une photo parue dans la presse.

Il a fait appel de la décision. Si le jugement était confirmé en appel, il ne pourrait pas se présenter à l’élection. Mais le pouvoir a d’ores et déjà atteints son but car l’affaire en appel a été renvoyée fort « opportunément »   par la cour Dokki au 7 mars 2018. Depuis, l’élection a été fixée au 26 mars et le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi a annoncé sa décision de se représenter. Il est bien évident que Khaled Ali ne peut plus investir dans une campagne présidentielle alors que le 7 mars – 19 jours avant l’élection – il risque d’être obligé d’interrompre brutalement la campagne commencée.

Le 24 janvier, Khaled Ali a dû jeter l’éponge. L’opération politico–judiciaire a donc pleinement réussi.

 

 

Célèbre figure de l’opposition égyptienne, Khaled Ali, 45 ans, avocat des droits de l'homme, ancien candidat à la présidence égyptienne en 2012, avait été arrêté le 23 mai 2017  pour "atteinte à la morale publique" dans un contexte de répression accrue contre l'opposition à l’approche de l'élection présidentielle de 2018. Une plainte a été déposée contre Khaled Ali, par un avocat pro-gouvernemental, Samir Sabry, après la publication d'une photo sur laquelle il ferait un "geste de la main obscène" devant un tribunal a déclenché l’affaire. Khaled Ali a nié l’authenticité de cette prétendue photo.

Khaled Ali a été le principal avocat, avec Malek Adly, à saisir la justice contre le gouvernement qui avait restitué deux îles de la mer Rouge à l'Arabie saoudite. Il avait obtenu de la justice qu'elle annule l’accord de restitution signé avec l'Arabie saoudite, contre lequel de nombreux Égyptiens avaient manifesté.

Selon le plaignant, il aurait au lieu de faire le V de la victoire pour célébrer son succès, levé seulement son majeur à la sortie d’une audience de la juridiction administrative, qui avait, en janvier 2017, statué en sa faveur et invalidé la décision controversée du gouvernement égyptien de céder les iles à l’Arabie Saoudite. Le geste allégué a été qualifié d’« obscène » et considéré comme désobligeant envers les à l’endroit des autorités égyptiennes. Khaled Ali a été arrêté le 23 mai 2017, mais il a été libéré le lendemain, dans l’attente du procès moyennant une caution de 1 000 livres égyptiennes. Le parti de Khaled Ali a dénoncé une mesure d'intimidation visant à discréditer l'avocat et décourager toute opposition politique.

Khaled Ali a comparu devant le tribunal, les 29 mai, 24 juillet et 18 septembre. Le 25 septembre 2017, il a été condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Gizeh, au Caire, à trois mois d’emprisonnement pour « atteinte à la décence publique ». Le tribunal a rendu sa décision sans écouter la plaidoirie des avocats de la défense et sans autoriser un contre-interrogatoire des témoins sur l’authenticité des images vidéos présentées par l’accusation comme des preuves à charge.

Il a fait appel de la décision. Si le jugement était confirmé en appel, il ne pourrait pas se présenter à l’élection. Mais le pouvoir a d’ores et déjà atteints son but car l’affaire en appel a été renvoyée fort « opportunément »   par la cour Dokki au 7 mars 2018. Depuis, l’élection a été fixée au 26 mars et le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi a annoncé sa décision de se représenter. Il est bien évident que Khaled Ali ne peut plus investir dans une campagne présidentielle alors que le 7 mars – 19 jours avant l’élection – il risque d’être obligé d’interrompre brutalement la campagne commencée. L’opération politico–judiciaire a donc pleinement réussi.

Célèbre avocat anticorruption et porte-voix du monde ouvrier, Khaled Ali, est l'ancien chef du Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux (ECESR) et le cofondateur du Front de défense des manifestants d’Égypte. Il est connu pour avoir obtenu l’établissement d’un salaire minimum pour les travailleurs et avoir fait annuler par la justice la privatisation de deux grandes entreprises publiques. Membre d'un petit parti de gauche, "Pain et Liberté", il a été candidat à la présidentielle de 2012 face à Mohamed Morsi.

 

 

En savoir plus sur les avocats et les droits de l'homme :

 

 

 

 

 

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