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ATTORNEY URGENT  ALERT

 

FRANCE

 

16 November 2009

 

 

French lawyer

Caroline Wassermann,

released after spending 9 hours in police custody.

The bâtonnier de Paris Christian Charrière-Boumazel –  president of the Paris bar said French custody conditions were illegal according to the EU.

Source : Le Monde, Agoravox  et Rue 89 

 

POLICE in France are denying suspects the right to legal representation when taken in for questioning, the head of Paris’s legal profession has claimed.

 

The bâtonnier de Paris Christian Charrière-Boumazel – the president of the Paris bar who represents 21,000 lawyers – said French custody conditions were illegal according to the EU.

 

He said the European Court of Human Rights had ruled in November 2008 and again last month that a suspect has a right to have a lawyer present from the moment they enter custody to organise their defence and prepare for questioning.

 

According to France Info, the French system allows a half-hour visit from a lawyer after an hour of custody to check that the suspect is well, but no right to discuss the case in detail or be present during questioning.

 

Lawyers are now using the legal flaw to demand that some of their cases be dropped. Le Figaro says the first decisions will be made in the coming weeks.

 

The number of people taken into police custody rose by 71% between 2001 and 2008, according to official figures from the Interior Ministry. Of the 580,000 suspects detained last year, 100,000 were kept for more than 24 hours.

 

Me Caroline Wassermann, avocate au barreau de Paris,  a  reçu une  convocation, le 12 novembre, lui demandant de se rendre à la police judiciaire (PJ) de Meaux (Seine-et-Marne).  Elle a alerté le conseil de l'ordre du barreau de Paris. Le bâtonnier de Paris, Christian Charrière-Bournazel, écrit à la direction de la PJ. Un commandant de l'antenne de Meaux lui répond : "Il est bien évident que maître Wassermann n'aurait jamais été convoquée au service si cette convocation avait eu un rapport avec un dossier dont elle a la charge. S'agissant d'une question personnelle, je suis sûr que, comme tout bon citoyen, Me Wassermann déférera à cette convocation."

 

En "bonne citoyenne", sure de ne pas être interrogée sur des affaires en cours, la police ayant assuré à son bâtonnier qu'elle avait été convoquée « pour une raison personnelle »,  elle s'est rendue le lundi 16 novembre 2009 à la convocation de la PJ de Meaux. 

 

La police avait  menti sur le motif de la convocation de Me Wassermann. Elle a été mise en garde à vue et a passé huit heures en garde à vue dans des conditions très dures.  Placée dans une minuscule cellule, elle demande en vain une bouteille d'eau. Elle est prise en photo, ses empreintes sont prélevées. Elle est déshabillée entièrement pour une fouille ; sa ceinture, son soutien-gorge lui sont confisqués. Les policiers, raconte-t-elle, essayent de la menotter à un banc « plein de crasse et de tâches de sang ».

 

Elle a déclaré à Rue 89 : "On m'interroge pour savoir si j'ai eu des rapports avec une personne, liée à l'un de mes clients. Je suis tenue au secret professionnel. Il n'est pas question que je parle. S'engage alors un combat entre la police et moi." Elle est descendue vers les cellules de garde à vue. Et soumise au rituel habituel : "J'ai été fouillée à nu, photographiée comme un bandit, on a pris mes empreintes, qui vont servir à nourrir je ne sais quel fichier". . Elle ne se laisse pas faire et fait l'objet d'un rapport d'incident pour son attitude. La police songe même au délit d'outrage... Au bout de quatre heures, quelqu'un m'a appelé : "audition, montez."" Elle ne dit toujours rien.

Elle y  restera là huit heures. Puis, elle sera déférée devant une juge d'instruction, pour être mise en examen pour « violation du secret professionnel ».

En fait, Me Wassermann, connue pour représenter le trader Jérôme Kerviel, avait défendu un client arrêté dans une affaire de stupéfiants, à Meaux (Seine-et-Marne). Un de ses complices, « client potentiel », l’avait appelée. L'avocate ne pouvant le recevoir à son cabinet pour parler, car il se trouve à plusieurs centaines de kilomètres, lui avait conseillé  de changer de ligne téléphonique, pour que leur conversation ne puisse pas être surprise par des écoutes téléphoniques.  

 

Me Wassermann  dénonce des conditions de garde à vue inhumaines.: "J'étais seule dans une cellule (...). J'appelais pour aller aux toilettes, personne ne répondait. J'ai eu droit à un demi-verre d'eau pour prendre un cachet. En garde à vue, les gens sont traités comme des animaux.

 

Le fait que la police l'ait attirée dans un pur piège, allant jusqu'à instrumentaliser le bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Paris, Christian Charrière-Bournazel, aggrave singulièrement  affaire.: "On l'a interrogée sur ses dossiers. On m'a menti, en m'indiquant qu'il s'agissait d'une affaire personnelle. C'est un procédé d'une déloyauté extrême !"

 

Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris Christian Charrière-Bournazel s’est indigné des conditions dégradantes de placement en garde à vue de l’avocate Caroline Wassermann, convoquée au commissariat de Meaux sous le prétexte d’un problème personnel : « Les gardes à vue en France sont un scandale. Les chiens sont mieux traités à la SPA, parce qu'au moins, on leur donne une gamelle. Il faut que cela change, ou alors, il faut cesser de se targuer d'être la patrie des droits de l'homme. »

 “Elle a été menottée, elle a été mise nue, on lui a mis un doigt dans l’anus. On la traite comme la dernière des dernières des dernières au mépris du respect de la personne humaine le plus élémentaire“, a précisé Christian Charrière-Bournazel. 

 Le bâtonnier de Paris, qui représente 21.000 avocats,. appelle l’ensemble de la profession à faire annuler toutes les procédures de garde à vue  , sur la base de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg :

1.                    du 27 novembre 2008, Salduz contre Turquie, où la Cour indique que "le prévenu peut bénéficier de l'assistance d'un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police". Elle précise que "l'accès à un avocat est consenti dès le premier interrogatoire d'un suspect par la police". Et ajoute : "Il est en principe porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque des déclarations incriminantes faites lors d'un interrogatoire de police subi sans assistance possible d'un avocat sont utilisées pour fonder une condamnation." (Voir JOURNAL DES DROITS DE L’HOMME -  novembre 2008).

2.                    et surtout du 13 octobre 2009, Danayan contre Turquie, qui estime qu’un condamné doit, dès qu'il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l'assistance d'un avocat et cela indépendamment des interrogatoires qu'il subit."  Et  précise "la vaste gamme d'interventions" de l'avocat : "La discussion de l'affaire, l'organisation de la défense, la recherche des preuves favorables à l'accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l'accusé en détresse et le contrôle des conditions de détention."". (Voir JOURNAL DES DROITS DE L’HOMME -  octobre 2009).

 

Le ministère de la Justice considère que cet arrêt ne saurait servir de base pour contester les gardes à vue en France : « Nous ne partageons pas du tout l'avis et l'analyse de Christian Charrière-Bournazel », a déclaré Arthur Dreyfuss, porte-parole adjoint du Garde des sceaux, interrogé par 20minutes.fr.  « L'arrêt de la Cour européenne condamne le système judiciaire turc, qui n'a rien à voir avec le système judiciaire français. La lecture de l'arrêt dit qu'un accusé doit avoir un avocat au plus vite, or ça tombe bien, c'est ce que prévoit le code pénal français depuis dix ans. »

De 336 718 en 2001, les gardes à vue on atteint le chiffre record de 577 816 en 2008, soit 1% de la population française. Une banalisation préoccupante, surtout dans les conditions où elles se déroulent.

 

 

De 336 718 en 2001, les gardes à vue on atteint le chiffre record de 577 816 en 2008, soit 1% de la population française. Une banalisation préoccupante, surtout dans les conditions où elles se déroulent.

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