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BRÉSIL

 

26 mars 2005


Deux avocats

Francisco Lúcio França
et
José de Jesus Filho

Ainsi que

Isabel Peres, coordinatrice d’ACAT (Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture) au Brésil

cibles de menaces de mort et d’actes d’intimidation

 

 


La responsable d’une organisation non gouvernementale (ONG) et deux avocats ont été la cible de menaces de mort et d’actes d’intimidation liés, de toute évidence, au fait qu’ils ont contribué à faire traduire en justice deux membres présumés d’un «escadron de la mort». Amnesty International pense qu’ils sont en danger de mort.
Avec les avocats Francisco Lúcio França et José de Jesus Filho, Isabel Peres, coordinatrice de la section brésilienne de l’ONG ACAT (Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture), a contribué à l’ouverture de poursuites contre deux policiers accusés du meurtre de deux jeunes hommes. Le procès s’est déroulé dans la municipalité de Mongaguá, située sur la côte sud de l’État de São Paulo, les 21, 22 et 23 mars. À la fin de la première journée, Francisco Lúcio França et José de Jesus Filho ont été suivis par deux voitures jusqu’à leur lieu de séjour. Le 26 mars, une autre voiture a pris Isabel Peres en filature jusqu’à l’endroit où elle logeait.
Le 25 mars, alors qu’il se trouvait avec deux amis dans un centre commercial du centre de São Paulo, Francisco Lúcio França a été abordé par un homme se présentant comme un policier nommé «Lúcio», membre d’un «escadron de la mort» qui faisait le «sale boulot de la police». Il a menacé Francisco Lúcio França en ces termes : «Vous feriez mieux de laisser tomber cette affaire, sinon vous mourrez !», ajoutant qu’il était venu à São Paulo pour «identifier» deux personnes. Les propos de « Lúcio » étaient sans équivoque : il parlait de la procédure engagée contre les deux policiers, qui avaient été acquittés l’avant-veille. Le parquet a formé un recours contre ce jugement.
Les policiers sont accusés du meurtre d’Anderson do Carmo, seize ans, et de Celso Gioelli Magalhães Júnior, vingt ans, tués le 27 septembre 2002. Alors que les deux jeunes hommes se trouvaient dans un bar de Mongaguá, deux policiers, qui les avaient déjà menacés, leur ont demandé de monter à bord de leur véhicule de patrouille. Anderson do Carmo et Celso Gioelli Magalhães Júnior ont tenté de prendre la fuite, mais les représentants des forces de l’ordre les ont rattrapés, avant de les battre violemment, selon des témoins. Ils ont emmené les deux jeunes hommes dans leur voiture, indiquant qu’ils allaient les interroger au poste de police municipal. Quelques jours plus tard, on a retrouvé les corps d’Anderson do Carmo et de Celso Gioelli Magalhães Júnior dans une fosse peu profonde. Chacun avait reçu une balle qui, d’après les conclusions d’une expertise, provenait de l’arme d’un des policiers. D’autres éléments mettaient en cause le deuxième agent. Les deux représentants des forces de l’ordre ont été renvoyés de la police militaire puis inculpés d’homicide.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Partout au Brésil, des «escadrons de la mort» procèdent à des exécutions extrajudiciaires de suspects de droit commun, se livrant parfois à des opérations de «nettoyage social». Ils sont liés au crime organisé et sont formés, notamment, de policiers et d’ex-policiers. Certaines mesures de répression ont été mises en œuvre, avec succès, contre les activités des «escadrons de la mort», en particulier dans l’État de Bahia. Toutefois, le 31 mars, au moins 30 personnes ont été tuées en l’espace de deux heures dans le district de Baixada Fluminense, à Rio, sous le feu de membres d’«escadrons de la mort» qui tiraient au hasard. On pense que parmi eux se trouvaient des agents de la police militaire et que cette attaque constituait une riposte aux mesures répressives adoptées contre les «escadrons de la mort» et les membres corrompus de la police militaire de Rio.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en portugais ou dans votre propre langue) :

– exhortez les autorités à prendre des mesures immédiates – après avoir consulté les personnes menacées – pour assurer la sécurité de Francisco Lúcio França, José de Jesus Filho et Isabel Peres, ainsi que celle des témoins-clés dans le cadre de l’affaire Anderson do Carmo et Celso Gioelli Magalhães Júnior, tués en septembre 2002 ;

– engagez-les à diligenter une enquête, qui sera menée de façon indépendante et en toute transparence, sur les menaces de mort et actes d’intimidation dont ces personnes ont été la cible, et à déférer à la justice tous les responsables présumés de tels agissements ;

– demandez aux autorités de rendre publics les résultats des investigations menées sur le meurtre d’Anderson do Carmo et de Celso Gioelli Magalhães Júnior ainsi que le déroulement de toute procédure pénale engagée dans le cadre de cette affaire ;

– dites-vous préoccupé par le fait que des policiers sont liés aux «escadrons de la mort» ;

– appelez les autorités à adopter des mesures sans délai en vue de faire la lumière sur les activités des «escadrons de la mort» au Brésil et de combattre ce fléau.

APPELS À


Gouverneur de l’État de São Paulo : Exmo. Sr. Governador do Estado de São Paulo Sr. Geraldo Alckmin Palácio dos Bandeirantes  Av. Morumbi 4500 Morumbi 05698-900, São Paulo - SP Brésil Fax : +55 11 3745 3738 Formule d’appel : Vossa Excêlencia, / Monsieur le Gouverneur,

Secrétaire spécial à la sécurité publique de l’État de São Paulo : Exmo. Secretário de Segurança Pública do Estado de São Paulo Sr. Saulo de Castro Abreu Filho Secretaria de Segurança Pública Av. Higienópolis 758 01238-000 - São Paulo – SP, Brésil Fax : +55 11 3823 5708 / +55 11 3291 6834 Formule d'appel : Exmo. Sr. Secretário, / Monsieur le Secrétaire,


Ministre de la Justice :
Exmo. Ministro da Justiça
da República Federativa do Brasil
Dr. Márcio Thomaz Bastos
Ministério da Justiça
Esplanada dos Ministérios, Bloco T
70712-902 - Brasília - DF, Brésil
Fax : +55 61 322 6817
Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Ministre,

COPIES À

Organisation non gouvernementale :
ACAT – Brasil
Praca Clovis Bevilaqua 351, 5º andar, sala 501
01018-001 São Paulo – SP, Brésil

ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Brésil dans votre pays.

PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

DOCUMENT PUBLIC
AMR 19/013/2005
AU 82/05
ÉFAI

 



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