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L'avocat Juan
Carlos González Leiva, président de la Fundación Cubana de Derechos
Humanos (Fondation cubaine des droits humains), a fait l'objet de
plusieurs «actes de répudiation», des rassemblements de sympathisants
du régime organisés – souvent par les autorités – devant le domicile des
dissidents et des militants. Amnesty International pense que ces «actes de
répudiation» peuvent s'apparenter à une torture psychologique.
Le 2 novembre, des sympathisants du régime se sont rassemblés à Ciego de
Ávila (centre du pays) devant la maison de Juan Carlos González Leiva. Cet
homme, qui est aveugle, aurait ainsi été soumis à plusieurs reprises ces
derniers mois à des «actes de répudiation». En janvier 2006, des
partisans du gouvernement se sont installés devant chez lui, scandant des
slogans en faveur du régime et diffusant de la musique à très haut volume ;
ils l'ont empêché de sortir pendant cinq jours. Des personnes qui étaient
venues lui rendre visite se sont également trouvées bloquées à l'intérieur.
Pendant tout le temps qu'a duré la manifestation, l'eau, le téléphone et
l'électricité auraient été coupés et les membres de la famille n'auraient pas
pu pénétrer dans la maison.
Selon certaines informations, Juan Carlos González Leiva a déjà été menacé,
harcelé et arrêté dans le passé, apparemment en raison de ses opinions
politiques et de ses activités en faveur des droits humains. Il a été
interpellé le 4 mars 2002 en compagnie d'autres militants des droits humains
qui rendaient visite à Jesús Alvárez Castillo, un journaliste hospitalisé
après avoir, affirmait-il, été blessé par des policiers. Ayant protesté
contre l'agression dont avait été victime Jesús Alvárez Castillo, les
militants auraient à leur tour été frappés et arrêtés par des membres des
forces de sécurité. Ils auraient été inculpés d'«outrage», de «troubles
à l'ordre public», de «rébellion» et de «désobéissance».
Après avoir passé près de deux ans en détention provisoire, Juan Carlos
González Leiva a été jugé en compagnie de neuf autres personnes le 26 avril
2004. Condamné à quatre années d'emprisonnement, il devait purger le restant
de sa peine assigné à son domicile.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Il est fréquent que les membres d'organisations politiques ou de défense des
droits humains non reconnues par les autorités qui exercent leur droit à la
liberté d'expression, de réunion et d'association soient la cible de
manœuvres d'intimidation, qui visent semble-t-il à les empêcher de mener à
bien leurs activités pourtant légitimes et non violentes.
Les «actes de répudiation» sont menés par des sympathisants du régime,
qui se rassemblent en masse devant le domicile d'un dissident ou d'un
militant considéré comme «contre-révolutionnaire». La victime est
souvent injuriée et intimidée, voire agressée physiquement ; des pierres ou
d'autres objets sont parfois lancés contre sa résidence. Ces «actes de
répudiation» se tiennent généralement avec la complicité des forces de
sécurité. Les Brigades d'intervention rapide et les Comités de Defensa de
la Revolución (CDR, Comités de défense de la révolution, une autre
organisation de citoyens mise en place par les autorités) y participent
parfois. Toutefois, les autorités qualifient régulièrement ces agissement de «manifestations
spontanées». Leur violence s'est accrue ces derniers mois et atteint
actuellement un niveau particulièrement préoccupant.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre
propre langue) :
- engagez les autorités à prendre des mesures immédiates pour garantir la
sécurité de Juan Carlos González Leiva ;
- dites-vous préoccupé par le fait que les «actes de répudiation»
pourraient constituer des actes de torture psychologique, et demandez aux
autorités de mettre un terme aux manœuvres de harcèlement, d'intimidation et
de persécution des défenseurs des droits humains et des dissidents politiques
qui exercent leur droit à la liberté d'expression, de réunion et
d'association ;
- demandez que tous les défenseurs des droits humains et les dissidents
politiques puissent exercer leurs activités légitimes et non violentes
librement et sans crainte de représailles.
APPELS À
Chef de l'État et du gouvernement
Raul Castro Ruz
Presidente interino
La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8333085 (via le ministère des Affaires étrangères)
ou + 1 2127791697 (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)
Courriers électroniques :
f_castro@cuba.gov.cu ou cuba@un.int (via la Mission de
Cuba auprès des Nations unies)
Formule d'appel :
Su Excelencia / Monsieur le Président de la République par intérim
Procureur général
Juan Escalona Reguera
Fiscal General de la República
Fiscalía General de la República, San Rafael 3, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 669 485 / 333 164
Formule d'appel :
Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,
Ministre des Affaires étrangères :
Felipe Pérez Roque
Ministro de Relaciones Exteriores,
Ministerio de Relaciones Exteriores, Calzada No. 360, Vedado, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8333 085 /
Courriers électroniques :
cubaminrex@minrex.gov.cu
Formule d'appel :
Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
Ministre de l'Intérieur
General Abelardo Coloma Ibarra
Ministro del Interior y Prisiones
Ministerio del Interior, Plaza de la Revolución, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8301 566
Formule d'appel :
Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
COPIES aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays.
MERCI D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
PUBLIC
Index AI : AMR 25/002/2006
AU 298/06
ÉFAI
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