|
Parvez Aslam
Choudhry, est l’avocat de Younis Masih, chrétien, inculpé de blasphème qui
encourt la peine capitale. Il est
président de Legal Aid for Destitute and Settlement (LADS), une
organisation non gouvernementale (ONG) qui fournit une assistance
juridique aux détenus issus de milieux défavorisés et œuvre contre les
lois discriminatoires au Pakistan, en particulier les textes relatifs au
blasphème
Depuis
l’ouverture du procès de Younis Masih, il a été menacé en dehors du tribunal
et a également reçu des menaces de mort anonymes par téléphone. On lui
aurait déclaré que s’il continuait de défendre Younis Masih, sa vie
serait en danger.
Le 26 janvier, alors qu’il se rendait à
la prison dans l’espoir de voir Younis Masih, une camionnette a percuté
son véhicule, lui provoquant des blessures légères. Certains des hommes
qui se trouvaient dans la camionnette en sont sortis et ont commencé à
l’agresser, alors qu’il était assis dans sa voiture. Ils sont cependant
retournés dans leur véhicule à l’approche d’amis de Parvez Aslam
Choudhry.
Cet avocat a
déjà vu sa sécurité menacée en raison de son travail contre les lois sur
le blasphème. Ainsi, en 2003, il a été agressé alors qu’il travaillait
sur une affaire de blasphème. Il a déposé une plainte auprès de la
police, mais selon lui, celle-ci est restée passive. Des membres de sa
famille ont également été la cible de menaces lors du procès de Younis
Masih.
Younis Masih
est accusé d’avoir formulé des remarques désobligeantes à l’égard du
Prophète Mahomet lors d’une cérémonie religieuse organisée dans une
maison située près de la sienne, le 9 septembre 2005, dans le quartier
Chunngi Amar Sadu de Lahore. Il a démenti ces accusations ; selon son
épouse, dont les propos ont été rapportés dans un journal local, Younis
Masih a été agressé après s’être rendu dans la maison en question, vers
minuit, pour demander à ses occupants de chanter moins fort, étant donné
qu’il venait de perdre son neveu et qu’il était en deuil. Selon les
informations relayées par la presse locale, le lendemain, des musulmans
du voisinage ont mis à sac un certain nombre de maisons de chrétiens et,
d’après des témoins, la police ne serait pas intervenue.
Le dignitaire musulman qui dirigeait la cérémonie a porté plainte contre
Younis Masih le 10 septembre, l’accusant d’infractions à l’article 295 C
du Code pénal du Pakistan, qui porte sur le blasphème. Selon son avocat,
aucune autre charge n’a été retenue contre lui. Younis Masih a été arrêté
le 11 septembre et conduit à la prison de Kot Lakhpat, à Lahore, où il
est toujours détenu à ce jour. Le tribunal de grande instance de Lahore a
rejeté une première demande de libération sous caution en novembre, et
une autre requête a été déposée auprès de la haute cour de Lahore, qui ne
s’est pas encore prononcée.
Younis Masih risque par ailleurs d’être tué par ses codétenus ou par des
membres du personnel de la prison où il est détenu. Amnesty International
le considère comme un prisonnier d’opinion ; il est en effet privé de
liberté alors qu’il n’a fait qu’exercer son droit à la liberté
d’expression.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
Au Pakistan, les Lois relatives au blasphème, qui sont censées protéger
l’islam et les sensibilités religieuses de la majorité musulmane, sont
formulées en des termes vagues et appliquées de manière arbitraire par la
police et les autorités judiciaires, si bien que les minorités
religieuses sont la cible d’actes de harcèlement et de persécutions. Un
grand nombre de personnes accusées ou soupçonnées de blasphème ont été
agressées ou torturées. Des personnes inculpées de blasphème détenues
dans des prisons telles que Kot Lakhpat, où se trouve Younis Masih, ont
été tuées par des codétenus ou des gardiens. D’autres simplement
soupçonnées, mais n’ayant pas été arrêtées, ont été exécutées
illégalement, la police n’ayant rien fait pour les protéger.
Aux termes du Code pénal pakistanais, toute personne ayant profané le nom
du Prophète Mahomet encourt la peine capitale : «Quiconque aura, par
ses paroles ou ses écrits, ou par des représentations visibles, ou par
toute imputation ou allusion, directement ou indirectement, profané le
nom sacré du Saint Prophète (que la paix soit sur Lui), sera puni de mort
ou d'une peine de réclusion à perpétuité, assortie d'une amende.» En
1991, le tribunal fédéral de la charia (droit musulman), qui est
notamment chargé d’examiner les lois en vue de déterminer leur conformité
avec les injonctions de l'islam, a statué que la peine capitale, et non
la réclusion à perpétuité, devait être appliquée aux personnes reconnues
coupables de blasphème.
Les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
prévoient que toute personne a droit à la liberté de pensée, de
conscience, de religion, d’opinion et d’expression. En vertu du droit
international, ces libertés ne sont soumises qu'aux limitations établies
par la loi de manière proportionnée et en vue d'assurer, entre autres, la
reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez
parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre
langue) :
– dites-vous inquiet pour Parvez Aslam Choudhry (ainsi que pour Younis Masih, inculpé de blasphème le 11
septembre 2005), et les membres de leurs familles respectives ;
– priez les autorités de faire immédiatement le nécessaire en vue de
garantir la sécurité de ces personnes ;
– déclarez-vous préoccupé à l’idée que les Lois relatives au blasphème
laissent la voie ouverte à des interprétations discriminatoires vis-à-vis
des minorités religieuses en raison de leur formulation en termes vagues
;
– invitez les autorités pakistanaises à envisager l’abolition des Lois
relatives au blasphème, qui rendent possible l’application de sanctions à
des personnes qui n’ont fait qu’exercer leur droit à la liberté d’opinion
et d’expression ;
– mettez en avant la tendance qui prédomine actuellement dans le monde en
faveur de l’abolition de la peine de mort, et demandez qu’un moratoire
sur toutes les exécutions soit immédiatement instauré dans le pays, en
vue d’abolir ce châtiment.
APPELS À
Ministre de l’Intérieur :
Mr. Aftab Ahmed Khan Sherpao
Room 404, 4th floor
Block R, Federal Secretariat
Islamabad, Pakistan
Fax : +92 51 9202624
Courriers électroniques :
minister@interior.gov.pk,
secretary@interior.gov
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le
Ministre,
Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme :
Mr. Muhammad Wasi Zafar
Ministry of Law, Justice and Human Rights
S Block, Pakistan Secretariat
Islamabad
Pakistan
Fax : +92 51 9202628
Courriers électroniques :
minister@molaw.gov.pk
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le
Ministre,
Premier ministre de la province du Pendjab :
Chaudary Pervez Elahi
Chief Minister of Punjab
7 Club Road
G.O.R.I
Lahore, Pakistan
Courriers électroniques :
home@punjab.gov.pk
Formule d'appel : Dear Chief Minister, / Monsieur le
Premier Ministre,
COPIES aux représentants diplomatiques du
Pakistan dans votre pays.
MERCI D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
|