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IDHAE INFORMATION
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Le Comité des observateurs
des droits de l’Homme (CODHO) a annoncé
l’agression armée dont le CODHO et son président, M. N’Sii Luanda,
ont fait l’objet le 31 octobre 2006. Selon les informations reçues,
le 31 octobre 2006, vers 21h, huit membres armés de la police d’intervention
rapide (PIR) ont fait irruption dans le bureau du CODHO à Kinshasa, où se
trouvaient M. N’Sii Luanda et
Melle Mbula Wilimo, membre du CODHO. Ces derniers venaient de terminer
la rédaction d’un rapport portant sur la marche organisée le 31 octobre 2006
par les partisans du candidat au second tour de l’élection présidentielle, M.
Jean-Pierre Bemba, et un rapport intérimaire d’observation du double
scrutin présidentiel et provincial du 29 octobre 2006. Lorsque M. N’Sii Luanda a
demandé aux policiers la raison de leur venue, ces derniers lui ont
répondu : « nous sommes en
opération, tu n’as rien à nous questionner, et d’ailleurs sortez ». M. N’Sii Luanda leur a
alors demandé s’ils savaient qu’ils se trouvaient dans les locaux d’une ONG
de défense des droits de l’Homme, ce à quoi il lui a été répondu :
« c’est justement à cause de cela
que nous sommes ici, et sortez vite du bureau vous vivrez le pire ; vous
faites semblant de ne pas connaître ce que vous faites et ce qui se passe ». M. N’Sii Luanda et Melle Mbula
Wilimo ont alors quitté le bureau. Trois camionnettes arborant les emblèmes de la PIR mais sans plaques d’immatriculation entouraient
le bâtiment. M. N’Sii Luanda ayant refusé de suivre les hommes sans mandat
d’amener, le commandant de l’équipe d’intervention a alors donné l’ordre de
le conduire de force dans l’une des camionnettes. Ses poches ont été
fouillées, et il lui a été volé 80 US$. M. N’Sii Luanda et Melle Mbula Wilimo
ont par la suite été relâchés. Les policiers ont promis de revenir, déclarant
qu’ils surveillaient de près les activités et les publications du CODHO,
ainsi que les moindres gestes de ses membres. L’Observatoire exprime sa plus
vive préoccupation à l’égard de ces actes d’intimidation et de harcèlement à
l’encontre du CODHO et de ses membres, qui s’inscrivent dans un contexte de
très grande insécurité et d’intimidations croissantes à l’encontre des
défenseurs des droits de l’Homme en RDC, notamment dans le cadre du
processus électoral marquant la fin de
la transition en RDC. Rappel des faits : Le 3 mars 2006, le bureau
du CODHO avait reçu un appel téléphonique, dont l’auteur, qui s’était
identifié comme membre des services de sécurité du Président de la
République, avait indiqué : « nous suivons tout ce que vous
faites » et avait ajouté : « vous soutenez les
malfaiteurs, notamment Melle Annie Kalumbu et tous les assassins du Président
Laurent Désiré Kabila. Vous soutenez les ennemis du Président de la
République. Je vous demande d’arrêter […] c’est un dernier avertissement. Si
vous continuez nous allons fermer votre bureau, le bureau de CODHO et nous
placerons en détention toute personne que nous y trouverons. Nous vous connaissons
tous, même vos domiciles. Nous pouvons vous poursuivre jusque dans votre
dernier retranchement ». Depuis le 15 février 2006,
date de la libération de Melle Annie Kalumbu Lwengesa, le CODHO travaillait
sur son dossier. Cette dernière était victime de menaces de mort depuis le 22
février 2006 de la part d’un commando à sa recherche, composé d’éléments
armés de la maison militaire du Président de la République Joseph Kabila et
de la sécurité personnelle de la veuve de M. Laurent D. Kabila. Après avoir été
arrêté le 18 janvier 2001, Melle Annie Kalumbu, qui serait une ancienne
proche collaboratrice du feu Président de la République Laurent Désiré
Kabila, avait été condamnée le 7 janvier 2003 à cinq ans de prison pour
« faux et usage de faux » dans le cadre du procès de l’assassinat
du Président Laurent Désiré Kabila par la Cour d’ordre militaire (COM). Actions demandées :
L’Observatoire vous prie
de bien vouloir écrire aux autorités de RDC et de leur demander de : i.
Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de
l’ensemble des membres du CODHO, ainsi que de tous les défenseurs des droits
de l’Homme en RDC ; ii.
mettre un terme à toute forme de harcèlement à
l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme en RDC, afin qu’ils
puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits
de l’Homme librement et sans entrave ; iii.
Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits
de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre
1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le
droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international”, et son article 12.2,
qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que
les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en
association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans
le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente
Déclaration” ; iv.
Plus généralement, se conformer aux dispositions de la
Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République
démocratique du Congo. v.
Adresses : - Le Président de la République,
S.E M. Joseph Kabila, Cabinet du Président de la République, Palais de la
Nation, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo, Email: upp@ic.cd ; Fax +243 88
02 120; - Le Vice-Président de la
République en Charge de la Commission Politique, Défense et Sécurité, M.
Azarias Ruberwa Manywa, Cabinet du Vice-Président de la République, avenue
roi Baudouin ex-3Z, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo, Email :
vice_presidence.rdc@ic.cd - Le Ministre des Affaires
Etrangères et de la Coopération Internationale, M. Raymond Ramazani Baya,
Cabinet du Ministre, bâtiment du Ministère des Affaires Etrangères, Kinshasa/Gombe,
République Démocratique du Congo - Le Ministre de la Justice et
Garde des Sceaux, M. Kisimba Ngoy, Ministère de la Justice et Garde des
Sceaux, BP 3137, Kinshasa Gombé, République Démocratique du Congo, Fax: + 243
88 05 521, Email : minjustrdc@yahoo.fr - La Ministre des Droits
Humains, Mme Marie-Madeleine Kalala, Cabinet du Ministre, Boulevard du 30
juin, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo, Fax: + 243 12 20 664 ;
+ 243 9939971 ; Email: min_droitshumains@yahoo.fr - Le Président de l’Observatoire
National des Droits de l’Homme (ONDH), M. Innocent-Michel Mpiga Tshibasu,
Cabinet du Président, avenue Sendwe, Kinshasa/Kalamu, République Démocratique
du Congo ; Tél: +243 98313740, +243 98271199 ; + 243 98407633 - Ambassadeur, M. Antoine Mindua
Kesia-Mbe, Mission permanente de la République démocratique du Congo, Avenue
de Budé 18, 1202 Genève, Suisse, e-mail : missionrdc@bluewin.ch,
Fax : +41 22 740.16.82 |
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