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Marie-Thérèse Nlandu
Mpolo-Nene, avocate et présidente du Parti pour la Paix au Congo
(Congo-Pax), a été arrêtée le 21 novembre dans la capitale, Kinshasa, par
des agents des Services spéciaux de la police.
Elle a été appréhendée
lorsqu’elle s’est rendue au poste de police de Kin-Mazière, le quartier
général des Services spéciaux de la police, pour rendre visite à six
membres de son entourage, dont des employés, qui avaient été arrêtés la
veille ; elle voulait notamment leur apporter de la nourriture. Elle a
passé la nuit sur place avant d’être transférée au Centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasa (CPRK) puis au Pavillon 8 de la prison centrale de
Makala. Selon diverses sources, elle aurait été brutalisée par des agents
de la direction des services spéciaux de la police.
Amnesty International pense
qu’elle est privée de liberté uniquement pour avoir mené son activité
professionnelle légitime d’avocate et pour avoir exprimé des convictions
politiques sans recourir à la violence ni prôner son usage ; elle la
considère par conséquent comme une prisonnière d’opinion. Six membres de
l’entourage professionnel de Marie-Thérèse Nlandu sont également détenus
au CPRK et il est à craindre qu’ils n’aient été torturés ou soumis à
d’autres formes de mauvais traitements.
Marie-Thérèse Nlandu a été
engagée comme avocate pour représenter le vice-président de la RDC,
Jean-Pierre Bemba, dans le cadre de son recours devant la Cour suprême de
Kinshasa contre les résultats du second tour de l’élection
présidentielle. Après avoir été elle-même l'une des 33 candidats au
premier tour de l’élection présidentielle, elle avait après son élimination,
au premier tour, apporté son soutien à la candidature de Jean-Pierre
Bemba.
Selon les informations
recueillies, Marie-Thérèse Nlandu est inculpée d’organisation d’un «
mouvement insurrectionnel » et de « détention illégale d’armes de guerre
». La première de ces charges pourrait renvoyer à un discours improvisé,
rediffusé par la suite à la télévision, qu’elle a adressé à des partisans
de Jean-Pierre Bemba devant les locaux de la Cour suprême le 20 novembre,
et dans lequel elle aurait exhorté ces personnes à exercer leur droit de
manifester « de manière disciplinée ». Amnesty International, toutefois,
pense qu’elle pourrait avoir été arrêtée en raison de ses liens
politiques avec Jean-Pierre Bemba et parce qu’elle l’a représenté en
justice.
Amnesty International est
également inquiète pour l’intégrité physique des six hommes nommés
ci-dessus, qui ont été arrêtés le 20 novembre et auraient été inculpés de
« détention illégale d’armes de guerre ». Ces hommes raccompagnaient
Marie-Thérèse Nlandu chez elle après une visite à la Cour suprême et la
suivaient dans un second véhicule lorsqu’ils ont été interceptés par la
police et conduits au poste de Kin-Mazière. Le 21 novembre, ils sont
apparus à la télévision, avec des grenades et d’autres effets militaires
que la police affirmait avoir trouvés dans leur véhicule. D’après les
informations recueillies par Amnesty International, au moins un de ces
hommes, José Inonga, pasteur, a une blessure à la poitrine qui pourrait
lui avoir été infligée lors d’une séance de torture. D’autres
présentaient des marques indiquant qu’ils avaient porté des liens très
serrés au niveau des coudes. Amnesty International demande instamment que
ces hommes, qui ont par la suite été transférés au CPRK, puissent
immédiatement bénéficier de soins médicaux adaptés et consulter un
avocat, et que la légalité de leur détention soit réexaminée sans délai
par un tribunal civil indépendant.
L’organisation craint que
toutes les personnes arrêtées ne soient jugées par une juridiction
militaire. En effet, aux termes de la législation congolaise, les
infractions relatives aux armes à feu relèvent de la justice militaire,
même lorsque les suspects sont des civils. Les audiences qui se déroulent
devant des tribunaux militaires en RDC sont loin d’être conformes aux
normes internationales d’équité.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les deux tours de l’élection
présidentielle (le 30 juillet et le 29 octobre 2006) se sont déroulés
dans un climat extrêmement tendu et ont été marqués par des flambées de
violence à Kinshasa et une nette augmentation des violations des droits
humains motivées par des considérations politiques. Les résultats du
second tour ont été annoncés le 15 novembre ; Joseph Kabila, le président
sortant, a obtenu 58 p. cent des voix et son rival Jean-Pierre Bemba,
vice-président sortant, 42 p. cent. Jean-Pierre Bemba et son parti ont
dénoncé une fraude électorale massive et formé un recours auprès de la
Cour suprême pour obtenir l’annulation du scrutin. Lorsque la Cour
suprême a commencé à examiner le dossier, le 21 novembre, des heurts ont
éclaté devant le tribunal entre des partisans de Jean-Pierre Bemba et des
policiers. Des coups de feu ont alors été tirés, par des soldats fidèles
à Jean-Pierre Bemba, semble-t-il, et les policiers se sont dispersés. Les
locaux de la Cour suprême ont alors été incendiés et partiellement
détruits par des manifestants avant que l’ordre ne soit rétabli.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les
appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en français ou dans votre propre langue) :
- demandez instamment la
libération immédiate et inconditionnelle de Marie-Thérèse Nlandu,
qu’Amnesty International considère comme une prisonnière d’opinion ;
dites-vous préoccupé par les
informations selon lesquelles Bienvenu Makumbu, Richard Kianza, José
Inonga, Gauthier Lusadisu, Bona et Gayo, six membres de l’entourage
professionnel de Marie-Thérèse Nlandu arrêtés le 20 novembre, ont été
torturés et soumis à d’autres formes de mauvais traitements ;
engagez les autorités à
permettre immédiatement à ces six hommes de bénéficier de soins médicaux
adaptés ainsi que de consulter un avocat ;
exhortez les autorités à
libérer ces hommes ou à veiller à ce qu’ils soient inculpés sans délai
d’une infraction pénale pour laquelle il existe des éléments de preuve
suffisamment solides et jugés en bonne et due forme par une juridiction
civile respectant les normes internationales d’équité et excluant toute
possibilité d’appliquer la peine capitale.
APPELS À :
Président de la République :
S.E. Joseph Kabila, Président
de la République Palais de la Nation Kinshasa Gombe, République
Démocratique du Congo
Fax : + 243 81 346 4116
Courriel : presipp@yahoo.fr
Formule d’appel : Monsieur le
Président de la République,
Vice-Président de la
République en Charge de la Commission Politique, Défense et Sécurité :
M. Azarias Ruberwa Manywa
Vice-Président de la République en Charge de la Commission Politique,
Défense et Sécurité Cabinet du Vice-Président de la République Avenue roi
Baudouin ex-3Z
Kinshasa/Gombe, République
Démocratique du Congo
Courriel :
vice_presidence.rdc@ic.cd
Formule d’appel : Monsieur le
Vice-Président,
Ministre des droits humains :
Marie-Madeleine Kalala
Ministre des Droits humains
Ministère des Droits humains
33/C Boulevard du 30 juin
Kinshasa-Gombe, République Démocratique du Congo,
Courriel :
min_droitshumains@yahoo.fr
Formule d’appel : Dear
Minister, / Madame la Ministre
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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