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Marie-Thérèse Nlandu Mpolo-Néné,
avocate et présidente du Parti pour la Paix au Congo (Congo-Pax), accusée
d’avoir ordonné l’incendie de la Cour suprême de justice, a été acquittée le lundi 30 avril 2007. En effet, le
tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, présidé par le major
magistrat Mbokolo Ewawa,
a déclaré l’action du ministère public non fondée. Par conséquent, il a
acquitté tous les prévenus et les a renvoyés des fins de toutes les
poursuites.
Le lundi 30 avril 2007 , la
présidente du parti politique «Congo-Pax» a recouvré la liberté. Non
seulement elle, mais aussi tous les autres prévenus. Toute de blanc vêtu, Me Marie-Thérèse Nlandu Mpolo, qui a été privée
de liberté pendant cinq mois, a
jeté sa tenue de forçat après le verdict.
Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Néné était
assistée par une douzaine d'avocats mandatés par le conseil national de
l'ordre des avocats qui ont tous demandé l'acquittement. Me Nlandu
a clamé son innocence :" Mon calvaire est le fruit de la défense des
opprimés et des pauvres ", a-t-elle estimé, avant d'inviter le
tribunal militaire à lire le passage biblique de Daniel 13, relatif au procès de Suzanne.
A propos du mouvement
insurrectionnel, le tribunal a annoncé que le libellé de l’infraction ne
détermine pas le mode de participation. Dans leur délibéré, les juges ont
défini l’insurrection comme toute violence collective, tendant à mettre
en péril les institutions de la République. Donc, un défi lancé à
l’autorité établie ou l’atteinte à l’intégrité du territoire. Le tribunal
en a donc conclu que l’incendie du bâtiment de la Cour suprême de justice
pris isolement n’est pas un acte insurrectionnel. Mais une émeute, qui
est un mouvement populaire spontané
Quant à la responsabilité de
Me Marie-Thérèse Nlandu dans les troubles du 21
novembre 2006, le tribunal a considéré que les déclarations imputées à Me
Nlandu le 20 novembre 2006, lors desquelles
elle avait recommandé aux sympathisants de l’Union pour la nation (UN)
d’être disciplinés à l’audience, ne pouvaient faire l'objet de poursuites.
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Portrait :
Marie-Thérèse Nlandu Mpolo-Néné Ndona Kiangala Na Nsundi, 54 ans, est avocate près la Cour d'Appel de
Kinshasa/Gombe depuis 1982. Nièce de Nzeza Nlandu,
un des pères de l’indépendance et ancien camarade de combat politique
du premier président du Congo, mariée au professeur Noël Mbala Nkondi, homme d'Etat, et mère de 4 enfants, elle est
présidente du Parti pour la Paix au Congo (Congo-Pax) et membre de
l’alliance politique « Union pour la Nation » (UN). Elle fût
Conseillère juridique à la présidence de la République sous Mobutu avant
de devenir la première femme Directeur de Cabinet du premier ministre, Jean
Nguz Karl i Bond. Elle a participé à
l'élaboration du discours du 24 avril 1990 qui supprimait le rôle
dirigeant du Parti-Etat et engageait le pays dans la démocratisation.
En
sa qualité d'opposante au régime, qu'elle qualifie d'oppressif et de
corrompu, on lui reconnaît d'avoir organisé certaines marches de
protestations, telle celle du 8 Novembre 2002 sur le boulevard du 30 Juin
de Kinshasa.
Dans
sa carrière de défenseur du Droit et d'activiste des droits de la
personne humaine, Me Nlandu (ou N'landu) a eu à assister entre autres des
détenus politiques dans des procès complexes tels que le procès de Bundu dia Kongo, un mouvement politico-scientifico-religieux soupçonné de subversion
politique par le gouvernement de Joseph Kabila ; le procès d' André
Alain Atundu Liongo,
ancien chef de services de sécurité du président Mobutu, accusé de
tortionnaire et assassin par le pouvoir de Joseph Kabila ; le procès
du Colonel Kabengele Amundala
du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) de l'actuel
vice-président Ruberwa accusé de haute trahison
et d'intelligence avec l'ennemi en rapport avec les événements d'août
1998, la guerre dite d'agression contre le pouvoir de Laurent Désiré
Kabila.
En 2006, Marie-Thérèse Nlandu a été candidate à la
présidence, mais après son élimination, au premier tour, son parti a
apporté son soutien à la candidature de Jean-Pierre Bemba, vice-président
sortant. Celui-ci a été battu au second tour du scrutin et a formé un
recours contre les résultats du second tour de l’élection présidentielle
devant la Cour suprême de Kinshasa pour fraude électorale avec Marie-Thérèse Nlandu comme avocate pour
le représenter.
Elle
a été arrêtée le 21 novembre 2006 à Kinshasa, par des agents des Services
spéciaux de la police alors qu’elle se rendait spontanément au poste de
police de Kin-Mazière,
quartier général des Services spéciaux de la police, pour rendre visite à
six membres de son entourage qui avaient été arrêtés la veille et auxquels
elle voulait notamment apporter de la nourriture.
Ils
avaient été interceptés par la police alors qu'ils suivaient dans un
second véhicule Marie-Thérèse Nlandu après une visite à
la Cour suprême pour y étudier le recours électoral à la veille de
l'audience et conduits au poste de Kin-Mazière. La police a affirmé avoir trouvé dans leur
véhicule – que des policiers ont conduit eux-mêmes après l'interpellation
- des grenades et d’autres effets militaires. Au moins un de ces hommes, le
pasteur José Inonga, a une blessure à la
poitrine qui pourrait lui avoir été infligée lors d’une séance de
torture. D’autres présentaient des marques indiquant qu’ils avaient porté
des liens très serrés au niveau des coudes.
Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Néné a été inculpée d'avoir organisé un «mouvement
insurrectionnel» et «procuré aux insurgés des armes ou des
munitions», infractions toutes deux passibles de la peine capitale. Il lui est reproché d'être à
l'origine de l’incendie et de la destruction des locaux de la Cour
suprême de justice,
pour s'être adressée à des partisans de
Jean-Pierre Bemba dans un discours improvisé, rediffusé par la suite à la
télévision, devant les locaux de la Cour, le 20 novembre 2006, les
invitant à venir nombreux à l’audience de la Cour suprême de justice du lendemain,
mais à exercer leur droit de manifester « de manière
disciplinée ». Après son discours, des violences ont éclaté et
des coups de feu ont été échangés entre des soldats fidèles à Jean-Pierre
Bemba et des policiers. Les protestataires ont mis le feu au bâtiment de
la Cour suprême, qui a subi des dégradations considérables.
Marie-Thérèse Nlandu a été incarcérée
au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Son état de
santé s'est dégradé en raison de mauvaises conditions de détention. Commencé
le 22 décembre 2006 devant le tribunal militaire de garnison de
Kinshasa/Gombe, son procès et celui de ses neuf co-accusés - dont six militaires - a
dû être ajourné afin qu'elle puisse bénéficier de soins médicaux. Elle
souffrait en effet d'une infection pulmonaire et d'hypertension. Sa mise en
liberté provisoire avait été rejetée. Après plus de deux mois de débats,
le 10 avril, le ministère public a requis 20 ans de prison. Parmi les
accusations, le ministère public militaire avait retenu le fait d'avoir
traité le candidat Joseph Kabila d’étranger contrairement au candidat
Bemba seul « Muana Mboka
(citoyen congolais) ».
En
2003, Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Néné a été nommée "ambassadeur pour la
paix" par Universal Peace
Federation (UPF).
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