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La femme de Mohammed Abbou,
Samia, s’est rendue le 24 mai à sa visite hebdomadaire à la prison du
Kef, accompagnée de militants des droits de l’homme. Les gardes de la
prison n’ont pas autorisé les membres des organisations Human Rights
First et Front Line à le rencontrer. Samia s’est donc présentée seule à
son mari. La loi autorise le couple à s’entretenir 15 minutes chaque
semaine. Durant la conversation, lorsque Samia a déclaré avoir été accompagnée
par une mission conjointe de militants des droits de l’homme, les gardes
ont tiré un rideau pour séparer le couple et fait sortir Samia, mettant
brutalement fin à l’entretien.
Samia Abbou a été très
choquée par cette sanction arbitraire. Elle n’a par ailleurs eu aucune
nouvelle de son mari depuis l’incident.
Le matin du 24 mai, Lassaad
Jouhri, ancien prisonnier
politique et membre fondateur de l’association internationale pour la
défense des prisonniers politiques (AISPP) , qui s'apprétait à accompagner Mme Samia Abbou dans sa
visite hebdomadaire à son mari Me Mohammed Abbou prisonnier d’opinion au
prison du Kef, en compagnie d'une délégation de Front Ligne et de Human
Right First en visite de travail
et de solidarité en Tunisie , a
été arrêté et interrogé sur ses activités et notamment sur son intention
d’accompagner les organisations Human Rght First et Front Line lors de la
visite de Samia Abbou à son mari. Il
à été gardé jusqu’au soir vers neufs heures pour être libéré.
Mme
Natacha O’brien et Vincent Torest de Front Line, une fondation
internationale pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
basée à Dublin en Irlande et Habib Nassar de Human Right First basée à New York et attaché au
programme des défenseurs des droits de l’homme au moyen orient et en
Afrique du nord se trouvaient en Tunisie depuis quelques jour dans le
cadre d’un atelier sur la sécurité informatique pour les ONG auqel devait
participé des représentants de la société civile aussi bien de la Tunisie
que du Maroc, du sahara occidental et de l’Algérie du 18 au 20 mai à
l’hôtel El Khamsa à Gammarth et qui a été empêché d’être tenu.
Dans
le communiqué publié par Front ligne aujourd’hui suite à cet incident Mme
O’brien disait que « L’agression subi par Mohammed Abbou et sa femme
aujourd’hui est emblématique de ce que nous avons été témoin tout au long
de notre mission commune de cinq
jours en Tunisie où les défenseurs de droits de l'homme et leurs familles
sont des victimes de répression intensifiée. »
Depuis son incarcération, le
1er mars 2005, la femme du cyberdissident et ses enfants sont les cibles
d’un harcèlement constant. Lorsqu’ils rendent visite à l’avocat, à 170
kilomètres de chez eux, ils sont fréquemment insultés et parfois même
molestés.
Mohammed Abbou a été condamné
à trois ans et demi de prison pour un article publié sur Internet dans
lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques
en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib.
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