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IDHAE INFORMATION
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Le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) a
informé les ONG du harcèlement judiciaire dont fait l’objet Me Amine
Sidhoum Abderramane, avocat algérien et membre de l’ONG SOS
Disparu(e)s. Selon les informations reçues, le 23 août 2006, Me Sidhoum a reçu
une convocation du juge d’instruction du tribunal de Sidi M’Hamed à Alger,
qui l’informait d’une plainte déposée à son encontre par le ministre de la
Justice pour « diffamation », à la suite de la publication, le 30
mai 2004, dans le quotidien arabophone El Chourouk, d’un article
intitulé « Aoufi passe son trentième mois en détention ». Il
encourt une peine de trois à six ans de prison, et une amende comprise entre
2 500 et 5 000 euros. Me Sidhoum, qui récuse cette accusation, ne s’est pas
rendu à cette convocation. Selon l’auteur de l’article,
Me Sidhoum aurait déclaré que l’un de ses clients était détenu depuis
trente mois à [la prison de] Serkadji « suite à une décision arbitraire
rendue par la Cour Suprême ». Le ministre de la Justice estime que de
telles paroles auraient « jeté le discrédit sur une décision de justice
et porté outrage à un corps constitué de l’Etat ». Toutefois, au moment
où Me Sidoum aurait tenu de tels propos, aucune décision n’avait encore été
rendue par la Cour suprême, qui ne s’est prononcée que le 28 avril 2005, soit
un an après la publication de l’article. Parallèlement, le 22 août 2006, Me Sidhoum a été convoqué en tant
qu’« accusé » par le juge d’instruction du tribunal de Bab El Oued
pour « introduction d’objets interdits à un détenu », en vertu de
l’article 166 du Code de la réforme pénitentiaire et de la réinsertion des
détenus, suite à la découverte de deux cartes de visites à son nom chez un de
ses clients détenus. La convocation a été reportée au 9 septembre 2006, à la
demande de Me Sidoum. L’Observatoire exprime sa vive préoccupation au regard de ces
poursuites judiciaires, qui illustrent une fois encore le contexte
d’intimidation et de harcèlement auquel sont confrontés les défenseurs
algériens, notamment lorsqu’il s’agit de défendre les droits des familles de
disparus. L’Observatoire s’inquiète d’autant plus de ces poursuites
judiciaires que l’Algérie, qui a été élue au sein du nouveau Conseil des droits
de l’Homme des Nations unies le 9 mai dernier, s’est engagée publiquement en
mars 2006 à prendre plusieurs engagements en faveur de la protection et de la
promotion des droits de l’Homme si elle était élue au sein de ce Conseil,
notamment « en plaidant pour un traitement égal des droits de l’Homme
[...] et [en privilégiant] le dialogue et la concertation […] ». Rappel des faits : Le 12 mai 2006, lors de la 39ème session de la
Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), qui se tenait
à Banjul (Gambie) du 11 au 25 mai 2006, et à la veille de son intervention au
nom de la FIDH sur la situation des droits de l’Homme sur le continent,
portant notamment sur les conséquences de l’adoption de la Charte de
réconciliation nationale[1][1] en Algérie, M. Sidhoum a été menacé par
un représentant de la délégation algérienne, afin de le dissuader de
s’exprimer devant la Commission. Celui-ci a tenu à lui « rappeler »
que s’il persistait à présenter son intervention, il serait « passible
de trois à cinq ans de prison dès [son retour] en Algérie ». Du fait de
ces menaces, M. Sidhoum n’a pu intervenir oralement le 13 mai 2006. Les menaces de ce représentant officiel se fondent sur l’article
46 de l’ordonnance du 27 février 2006, portant sur la mise en œuvre de la
Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Cette ordonnance prévoit
en effet une peine allant de trois à cinq ans d’emprisonnement et une amende
de 250 000 à 500 000 dinars algériens (environ 2830 à 5660 euros) pour
« quiconque qui, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte,
utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour
porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et
populaire, fragiliser l’Etat, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont
dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan
international ». Actions demandées : L’Observatoire vous prie d’écrire aux autorités algériennes et de
leur demander de : i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et
psychologique de M. Amine Sidhoum Abderramane ; ii. Mettre un terme immédiat à toute forme de harcèlement, y compris
judiciaire, à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de tous les défenseurs des
droits de l’Homme algériens ; iii. Se conformer aux dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, et plus
particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection
et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux
niveaux national et international”, ainsi que son article 12.2, qui dispose
que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les
autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en
association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action
arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la
présente Déclaration” ; iv. Plus
généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des
droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux
droits de l’Homme ratifiés par l’Algérie. Adresses : - M. Abdelaziz Bouteflika, Président de
la République, Présidence, El-Mouradia, Alger, Tél : 00 213 21 69 15 15 ; Fax
: 0 21 69 15 95 - M. Farouk Ksentini, Président de la Commission
nationale consultative des droits de l’Homme, Avenue Franklin Roosevelt,
Allée du Peuple, 16000 Alger, Tél : +00 213 (0) 21230311 / 230214; - M.
Amar Saadani, Président de l’Assemblée populaire nationale, 18
boulevard Zirouf Youcef, 16000 Alger, Tél : 00 213 021 73 86 00 / 10 - M. Noureddine Yazid Zerhouni, Ministre de l’Intérieur, Ministère de
l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Environnement et
de la Réforme Administrative, Rue du Docteur Saâdane, Alger ; Tél : 00
213 (0) 21 73 23 40 / 00 213 (0) 21 73 23 48 / 00 213 (0) 21 73 12 00 00 213
; Fax : (00 213 0) 21 92 12 43 - M. Tayeb Belaiz, Ministre de la
Justice, Ministère de la Justice 08, Place de Bir - Hakem. El-Biar,
Alger ; Tél : 00 213 (0) 21 92 16 08 ;
Fax : 00 213 (0) 21 74 76 64 ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Moldavie dans
votre pays. MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. |
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