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Yang
Maodong , plus connu sous le nom de
Guo Feixiong, conseiller juridique au
sein du cabinet d’avocats Shengzhi, à Pékin, est le défenseur des
villageois de Taishi (Guangdong) qui ont lutté pour la fermeture d'une
usine polluante installée sur leurs terres, a été arrêté par la police le 8 février dans la
capitale chinoise, quelques jours à peine après avoir été appréhendé puis
libéré à Canton (Guangzhou), dans la province du Guangdong. Selon les
informations reçues, il est actuellement détenu au poste de police de
Fuyou à Pékin.
Yang
Maodong est sorti le 9 février du commissariat de Fuyou, à Pékin, où il
était détenu, et a été remis à des policiers de Guangzhou (Canton), sa
ville de résidence. Les représentants des forces de l’ordre l’ont ramené
à Canton, et il a regagné son domicile le lendemain. Yang Maodong n’a pas
été torturé ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements pendant sa
garde à vue, cependant, il n’a pas été autorisé à contacter sa famille ni
ses amis. Depuis qu’il est rentré chez lui, la police le maintient en
résidence surveillée.
Dès son retour, une vingtaine
de policiers se seraient postés devant chez lui pour monter la garde.
Lorsqu’il quittait son domicile pour faire des courses, selon les
informations reçues, il était pris en filature par 11 policiers. Depuis
le 13 février, il n’y aurait plus que sept agents des forces de police
postés devant chez lui, et quatre pour le suivre lorsqu’il doit sortir.
L’épouse et les deux fils de Yang Maodong, âgés de quatre et neuf ans,
seraient également suivis par deux policiers lors de leurs sorties.
Amnesty International redoute que cette forte présence policière n’ait
pour but d’intimider Yang Maodong, afin qu’il cesse de dénoncer
publiquement des atteintes aux droits humains. On ignore combien de temps
cet homme va être maintenu en résidence surveillée.
Yang Maodong est particulièrement
connu pour l’aide juridique qu’il a apportée aux habitants de Taishi,
dans le Guangdong, alors qu’ils s’efforçaient d’obtenir la révocation de
leur chef de village, soupçonné de corruption. Le 4 février, Yang Maodong
a été maintenu en garde à vue pendant douze heures au commissariat de
Linbe à Canton, après s’être rendu à Taishi avec un autre avocat, Tang
Jingling. Une fois libérés, les deux juristes auraient été roués de coups
par un groupe d’inconnus. Craignant pour sa sécurité, Yang Maodong a par
la suite décidé de se cacher.
Lorsqu’il est sorti de la
clandestinité, le 8 février, Yang Maodong a adressé une lettre ouverte au
président chinois, Hu Jintao, et à son Premier ministre, Wen Jiabao, dans
laquelle il protestait contre l’attitude des autorités, qui ont récemment
réprimé des mouvements de la société civile et des manifestations dans
les zones rurales en usant d’une force excessive. Il y dénonçait
également les expulsions forcées, les violences ciblées contre un cercle
de défenseurs des droits humains qui ne cesse de s’élargir, violences
apparemment sanctionnées par les autorités, ainsi que le renforcement de
la censure sur les médias. Il a par ailleurs invité les autorités à
entamer un dialogue avec les villageois, afin de prévenir une escalade
des conflits fonciers dans le milieu rural, et leur a demandé de garantir
la démocratie locale, la liberté de la presse et le respect des droits
humains. Cette lettre a été diffusée sur Internet à l’adresse suivante :
http://www.peacehall.com/news/gb/china/2006/02/200602081553.shtml.
Après la publication de sa
lettre ouverte, Yang Maodong a entamé une grève de la faim publique près
de la porte Xinhuamen, qui donne sur Zhongnanhai (le siège du
gouvernement chinois), non loin de la place Tiananmen à Pékin.
L’initiative de cette grève est venue de Gao Zhisheng, le directeur du
cabinet Shengzhi, auquel les autorités chinoises ont retiré sa licence
d’avocat en décembre 2005, et qui a récemment été la cible d’une
tentative d’homicide (voir l’AU 14/06, ASA 17/001/2006 du 19 janvier
2006). Le 4 février, Gao Zhisheng a appelé à une «grève de la faim
collective» en signe de protestation contre l’arrestation et le passage à
tabac de Yang Maodong dans le Guangdong, et pour dénoncer la répression
engagée par le gouvernement contre les défenseurs des droits humains.
Yang Maodong aurait été
interpellé alors qu’il observait cette grève en public, puis il a été
conduit au commissariat de Fuyou. Amnesty International ignore s’il a
recommencé à s’alimenter ou non. Le motif officiel de son arrestation n’a
pas été communiqué. Le 8 février, l’avocat Teng Biao a téléphoné au
département du bureau de la Sécurité publique de Pékin dont dépend le
commissariat de Fuyou, afin de proposer ses services à Yang Maodong. Un
policier qui n’a pas donné son nom lui a déclaré qu’«il valait mieux ne
pas se mêler de cette affaire».
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En Chine, les défenseurs des
droits humains et autres militants restent gravement exposés à des
atteintes à leurs droits fondamentaux. Beaucoup ont été arrêtés
arbitrairement, battus, harcelés et intimidés en raison de leurs
activités pourtant légitimes et pacifiques. Certains ont été condamnés à
des peines d’emprisonnement, tandis que d’autres ont été placés sous la
surveillance des autorités par le biais, notamment, de diverses formes
d’assignation à résidence. Ceux qui tentent de contester de telles restrictions
s’exposent fortement à des mauvais traitements, voire des actes de
torture.
APPELS :
Dans la dernière série
d’appels que vous ferez parvenir, le plus vite possible, aux
destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en chinois ou dans votre
propre langue) :
– dites que vous vous
réjouissez de la remise en liberté de Yang Maodong, qui était en garde à
vue, et priez instamment les autorités de lever toutes les restrictions
imposées à cet homme et à sa famille à travers son maintien en résidence
surveillée ;
– exprimez votre inquiétude
face aux multiples arrestations dont Yang Maodong a fait l’objet en
raison de ses activités pourtant légitimes de défenseur des droits
humains ;
– faites part de l’inquiétude
que vous inspirent nombre d’informations récentes faisant état de
violences contre des défenseurs des droits humains, imputables tantôt à
la police, tantôt à des individus agissant manifestement sur ordre des
autorités ;
– appelez les autorités à
veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains en Chine puissent
mener leurs activités légitimes, conformément aux garanties relatives à
la protection des droits humains inscrites dans la Constitution chinoise
ainsi qu’aux normes internationales.
APPELS À :
Premier ministre :
WEN Jiabao Guojia Zongli
The State Council
9 Xihuangcheng Genbeijie
Beijingshi 100032
République populaire de Chine
Fax : +86 10 65961109 ou 2260
(via le Ministère des Affaires étrangères)
Courriers électroniques :
gazette@mail.gov.cn
Formule d’appel : Your
Excellency, / Monsieur le Premier ministre, Secrétaire du Comité du Parti
pour la province du Guangdong :
ZHANG Dejiang Shuji
Zhonggong Guangdongsheng
Weiyuanhui
Guangzhoushi
Guangdongsheng
République populaire de Chine
Fax : +86 20 83331606 (via le
bureau du gouvernement)
Formule d’appel : Dear Secretary,
/ Monsieur le Secrétaire,
COPIES À :
Directeur du Bureau de la
Sécurité publique de la province du Guangdong :
LIANG Guoju Tingzhang
Guangdongsheng Gong'anting
97 Huanghualu
Guangzhoushi 510050
Guangdongsheng
République populaire de Chine
Fax : +86 20 83111874
Courriers électroniques :
jianyi@gdga.gov.cn
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques de la République populaire de Chine dans votre pays.
Téléchargez et utilisez la lettre de
of
the Law Society of England and Wales.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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