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Chen Guangcheng, 34 ans, défenseur des
droits humains et avocat, en résidence surveillée depuis le 6 septembre 2005,
a été arrêté par la police dans la nuit du 11 au 12 mars avec son cousin,
Chen Guangyu, et un habitant du voisinage, Chen Guangjun. L’épouse de
Chen Guangcheng, Yuan Weijing, a été agressée par la police la même nuit.
Amnesty International craint que les trois hommes ne soient torturés ou
soumis à d’autres formes de mauvais traitements, et que Yuan Weijing ne
soit elle aussi en danger.
Le 11 mars, vers 19 heures,
Chen Guangyu a quitté sa maison, dans le village de Dongshigu (canton de
Yinan, est de la Chine), pour aller acheter des cigarettes. Il aurait été
battu par quatre hommes au visage masqué par des cagoules et armés de
bâtons en bois, qui l’attendaient non loin de là. Le policier qui montait
la garde devant la maison de Chen Guangyu ne serait pas intervenu. Selon
des sources locales, Chen Guangyu avait le visage, le cou et les bras en
sang à la suite de cette agression. On ignore le motif de cette attaque,
mais selon des sources proches de Chen Guangcheng, il s’agissait
peut-être d’un piège destiné à amener celui-ci à s’éloigner de son
domicile et à donner ainsi à la police un prétexte pour l’arrêter.
Selon les informations
recueillies, Chen Guangcheng, en apprenant que son cousin avait été
attaqué, s’est mis en colère. Il a quitté sa maison en compagnie de Chen
Guangyu pour aller demander à la police qui était responsable de ce
passage à tabac, mais il n’a pas obtenu de réponse. Les deux hommes sont
ensuite partis dans la direction des locaux du gouvernement cantonal pour
demander l’ouverture d’une enquête. L’épouse de Chen Guangcheng, Yuan
Weijing, et un autre villageois, Chen Guangjun, ont suivi les deux hommes
pour les protéger en cas d’attaque. Toutefois, tous quatre ont bientôt
été encerclés par une foule d’une centaine de personnes, dont une
cinquantaine de policiers. Ils n’étaient qu’à quelques centaines de
mètres de la maison lorsqu’une dizaine de policiers en uniforme ont
arrêté Chen Guangcheng, Chen Guangyu et Chen Guangjun et les ont emmenés
au poste de police local.
La mère de Chen Guangcheng et
Yuan Weijing, qui avait son bébé avec elle, auraient tenté de
s’interposer pour empêcher les policiers d’arrêter les trois hommes, mais
les fonctionnaires auraient fait tomber les deux femmes et l’enfant dans
un fossé au bord de la route. Selon les informations recueillies, tous
trois présentaient des ecchymoses à la suite de cette chute. Après
l’arrestation, Yuan Weijing a reçu un message officiel de la police
indiquant que Chen Guangcheng était soupçonné d’avoir «amené des
personnes à bloquer la route» et que les trois hommes seraient maintenus
en détention pendant vingt-quatre heures. Toutefois, ils n’ont toujours
pas été libérés, bien qu’on ignore sur quelles bases se fonde leur
maintien en détention.
Chen Guangcheng, aveugle de
naissance, est en résidence surveillée depuis le 6 septembre 2005. Il
avait aidé des villageois à intenter une action en justice contre les
autorités de la ville de Linyi, qu’ils accusaient d’avoir enfreint la loi
dans leur mise en œuvre de la politique de contrôle des naissances. Dans
le cadre de cette résidence surveillée, sa maison a été encerclée par des
policiers et par d’autres personnes qui auraient été embauchées pour
l’empêcher de sortir de chez lui, et la ligne téléphonique de son
domicile a été coupée à plusieurs reprises. Le 5 février 2006, quelque
400 villageois se sont rassemblés devant chez lui pour protester contre
son placement en résidence surveillée et contre l’arrestation de Chen
Hua, un de ses proches qui habite le voisinage (voir l’AC/AU 271/05, ASA
17/005/2006 du 6 février 2006). Les villageois ont escorté Chen
Guangcheng jusqu’à la maison de Chen Guangyu, située à proximité, de
façon à ce qu’il puisse téléphoner plus librement. D’après les
informations recueillies, les policiers et autres fonctionnaires locaux
n’ont pas tenté de recourir à la force pour contraindre Chen Guangcheng à
regagner son domicile, mais ils ont posté des gardes devant la maison de
Chen Guangyu. Depuis lors, la ligne téléphonique de celui-ci aurait été
coupée.
Le 15 février, Yuan Weijing
aurait été rouée de coups par un groupe d’une trentaine de personnes non
identifiées alors qu’elle sortait de chez elle pour aller acheter de la
nourriture. À la suite de cette agression, elle aurait eu des douleurs au
niveau du dos et du côté. Lorsqu’elle a tenté de se rendre à l’hôpital,
le lendemain, pour y faire soigner ses blessures, un groupe de personnes,
parmi lesquelles figurait un responsable local du Parti communiste
chinois, l’en aurait empêchée. On ignore le degré de gravité de ses
blessures.
Chen Hua, le voisin et proche
de Chen Guangcheng qui avait été arrêté après lui avoir exprimé son
soutien, est toujours en détention. Chen Guangchun, un habitant des
environs qui avait organisé une manifestation pour demander la libération
de Chen Hua, est maintenant détenu. Les deux hommes risquent toujours
d’être torturés et soumis à d’autres formes de mauvais traitements.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible
aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en chinois ou dans
votre propre langue) :
– appelez les autorités à
libérer Chen Guangcheng, Chen Guangyu et Chen Guangjun immédiatement et
sans condition ou à les inculper d’une infraction prévue par la loi ;
– demandez instamment aux
autorités de permettre à ces hommes de consulter un avocat de leur choix,
d’entrer en contact avec leurs proches et de bénéficier de soins médicaux
pendant toute la durée de leur détention ;
– cherchez à obtenir l’assurance
qu’ils ne seront ni torturés, ni soumis à d’autres formes de mauvais
traitements ;
– demandez qu’une enquête
exhaustive, indépendante et impartiale soit conduite sur les informations
selon lesquelles Chen Guangyu a été battu par quatre inconnus le 11 mars
sans que la police intervienne pour mettre un terme à cette agression ;
– demandez l’ouverture d’une
enquête détaillée, indépendante et impartiale sur les informations selon
lesquelles l’épouse de Chen Guangcheng, Yuan Weijing, son fils et sa mère
ont été agressés par des policiers le 11 mars, ainsi que sur les
allégations d’après lesquelles Yuan Weijing a été rouée de coups par une
trentaine de personnes non identifiées le 15 février ;
– engagez les autorités à
déférer à la justice toutes les responsables présumés des actes de
torture ou des autres formes de mauvais traitements qui ont été infligés
à Chen Guangcheng et à ses proches ;
– priez les autorités de
lever toutes les restrictions imposées à Chen Guangcheng ainsi qu’à Chen
Guangyu et à la famille de celui-ci ;
– appelez les autorités à
veiller à ce que Chen Guangcheng puisse poursuivre ses activités
légitimes de défenseur des droits humains sans être arbitrairement privé
de liberté, torturé ou soumis à des mauvais traitements ou à d’autres
violations de ses droits fondamentaux.
APPELS À
Premier ministre :
WEN Jiabao Guojia Zongli
The State Council
9 Xihuangcheng Genbeijie
Beijingshi 100032
République populaire de Chine
Fax : +86 10 652 923 45 (via
le Ministère des Communications)
Formule d’appel : Your
Excellency, / Monsieur le Premier ministre,
Gouverneur de la Province du
Shandong :
HAN Yuqun Shengzhang
Shandongsheng Renmin Zhengfu
1 Shengfuqianjie
Jinanshi
Shandongsheng
République populaire de Chine
Fax : +86 531 860 620 47
Formule d’appel : Dear
Governor, / Monsieur le Gouverneur,
COPIES À
Maire de Linyi :
Lian Chengmin Shizhang
Linyishi Renmin Zhengfu Ban
Gong Shi
Shandongsheng
République populaire de Chine
Courriers électroniques :
master@linyi.gov.cn
Fax : +86 539 831 55 00
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques de la République populaire de Chine dans votre pays.
Téléchargez et utilisez la lettre de
of
the Law Society of England and Wales.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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