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Quatre
avocats intervenant dans le cadre du procès de 23 hommes arrêtés à la
suite de violences, en mars, dans la province de Papouasie, ont été la
cible de menaces de mort et d'autres manœuvres d'intimidation. Amnesty
International craint qu'ils ne soient en danger.
Il
s'agit de Johnson Panjaitan, Ecoline Situmorang et David
Sitorus, de la Perhimpunan
Bantuan Hukum dan Hak Asasi Manusia Indonesia (PBHI,
Association indonésienne d'aide juridictionnelle et de défense des droits
humains), d'Aloysius Renwarin
et Adolf Stef Waramory,
du Lembaga Studi, Advokasi dan Hak Asasi Manusia (ElsHAM Papua, Institut pour la protection des droits
humains) et de Frederika Korain et Yustina Haluk, du Sekretariat Keadilan dan Perdamaian (SPK, Secrétariat pour la justice et la
paix). Ils auraient été suivis et auraient reçu des SMS intimidants sur
leurs téléphones portables. Le 1er septembre, Ecoline
Situmorang, David Sitorus
et Aloysius Renwarin
ont ainsi reçu le message suivant sur leur mobile : «Vous et votre
famille ne reverrez plus jamais la lumière du soleil, car vous êtes des
provocateurs. Satan vous attend.» Le même jour, on a jeté des pierres sur
la maison d'Aloysius Renwarin.
Le
bureau du procureur au poste de police de Jayapura a déposé une plainte
contre les sept avocats et défenseurs des droits humains. Il les accuse
d'avoir insulté l'État, en vertu des articles 311 et 335 du Code pénal
indonésien. Cette plainte fait suite au plaidoyer, le 12 juillet, des sept
avocats et défenseurs des droits humains en faveur des sept personnes en
instance de jugement. Au cours de l'audience, les avocats avaient déclaré
que les violences perpétrées les 15 et 16 mars à Abepura
avaient été déclenchées par la police, et que les défendeurs en étaient
eux-mêmes les victimes.
Le
31 août, le ministère public de l'État a ordonné le transfert des sept
détenus de la prison d'Abepura au poste de
police de Jayapura (le siège des forces de police de la province). Il y a
fort lieu de s'inquiéter pour leur sécurité si ce transfert a lieu, étant
donné que Nelson Rumbiak, déjà condamné pour
les mêmes faits, aurait été passé à tabac par des policiers après sa
comparution, le 28 août, devant le tribunal. Plusieurs groupes, notamment
des pasteurs et des étudiants, ont veillé assis toute la nuit,
pacifiquement, afin d'empêcher le transfert des détenus au poste de
police de Jayapura. Le 1er septembre, les sept accusés et le procureur
général sont parvenus à un accord : il a été entendu que leur procès
reprendrait le 6 septembre, que les défendeurs seraient accompagnés au
tribunal et à la prison par des membres du personnel des services du
procureur, sans aucune présence policière, et qu'ils ne seraient pas
transférés au poste de police de Jayapura.
Nelson
Rumbiak et 15 autres hommes emprisonnés à
l'issue d'un procès inique sont toujours détenus dans la prison d'Abepura. Les 23 détenus risquent de subir des
tortures ou d'autres formes de mauvais traitements.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Seize
hommes, dont plusieurs étudiants, ont été déclarés coupables de
participation présumée aux actes de violence qui ont eu lieu en mars dans
la province de Papouasie. Leur procès a été inéquitable. Des policiers
auraient battu l'un des hommes, Nelson Rumbiak,
qui aurait déclaré lors du procès qu'il avait été victime de mauvais
traitements et de tentatives d'intimidation au cours de sa garde à vue.
Amnesty International craint que ces 16 hommes, ainsi que sept autres en
instance de jugement, ne soient torturés ou victimes d'autres formes de mauvais
traitements.
Les
23 hommes ont été arrêtés à la suite des violences qui ont eu lieu les 15
et 16 mars à Abepura, dans le district de Djayapura, en Papouasie. Quatre policiers et un
officier de l'armée de l'air indonésienne avaient trouvé la mort lors de
ces événements. Seize des hommes ont été condamnés à des peines
d'emprisonnement allant de cinq à quinze ans et les sept autres sont en
instance de jugement. Ils sont tous maintenus en détention à la prison d'Abepura, en Papouasie.
Selon
les informations recueillies, les 16 hommes qui ont déjà été reconnus
coupables ont fait l'objet d'actes d'intimidation et de mauvais
traitements au cours des interrogatoires opérés par les policiers en vue
de leur faire «avouer» leur participation aux actes de violence. L'un des
16 hommes a indiqué qu'un haut gradé de la police avait menacé de
l'abattre s'il ne révélait pas certaines informations. Les accusés ont
également signalé que des policiers leur avaient donné des coups de pied
deux heures avant le début du procès, en mai, afin de les contraindre à
admettre leur culpabilité devant le tribunal. Les policiers les ont
également frappés au niveau de la tête et du corps à coups de crosse de
fusil et de matraque en caoutchouc. Après le procès, des policiers
auraient frappé à coups de pied et de poing les hommes ayant refusé de
s'avouer coupable des charges retenues contre eux.
En
outre, Amnesty International est préoccupée par le fait que d'autres
normes en matière de procès équitables semblent ne pas avoir été
garanties lors du procès des 16 hommes devant le tribunal du district de Djayapura. Certains détenus ont indiqué ne pas avoir
pu communiquer avant le début du procès avec l'avocat chargé d'assurer
leur défense. Par conséquent, ils n'ont pas été tenus informés de leurs
droits et de la procédure. De plus, selon certaines sources, il semble
que les juges n'aient pas respecté le principe de présomption d'innocence
au cours du procès, ni le droit des accusés de procéder à l'audition des
témoins à charge.
Le
23 août, Nelson Rumbiak et Ferdinando Pakage, qui ont déjà été condamnés respectivement à
six et à quinze ans d'emprisonnement, ont été appelés à témoigner devant
le tribunal de district de Djayapura contre
trois des sept hommes en instance de jugement. Cependant, Nelson Rumbiak et Ferdinando Pakage
ont indiqué au tribunal que les déclarations qu'ils avaient faites
précédemment à la charge des trois accusés ne correspondaient pas à la
réalité et que les policiers les avaient contraints à proférer ces
assertions. Aris Mandowen, l'un des hommes
attendant d'être jugé, a dit devant le tribunal qu'il s’était lui aussi
vu infliger ce genre de traitement aux mains de la police. Compte tenu de
ces déclarations, le procureur a accepté l'audition de témoins supplémentaires
lors de l'audience suivante, le 28 août, au sujet des mauvais traitements
que les policiers auraient infligés. Toutefois, le policier désigné par
Nelson Rumbiak comme responsable des mauvais
traitements n'a pas été appelé à la barre, ce qui a donné lieu à un
conflit entre les avocats de Nelson Rumbiak et
le juge.
À
leur retour à la prison d'Abepura, les trois
accusés et Nelson Rumbiak ont été confrontés à
des dizaines de policiers se trouvant devant l'entrée principale de la
prison. Selon certaines sources, les policiers ont commencé à frapper
Nelson Rumbiak à la tête avec une canne en
rotin. Il est tombé à terre et plusieurs
policiers lui ont alors asséné des coups de pied dans les côtes et l'ont
piétiné. Plusieurs policiers ont ensuite pourchassé les trois prisonniers
jusqu'à l'intérieur de la prison et ont menacé de frapper des membres du
personnel pénitentiaire qui tentaient de les faire sortir du bâtiment.
Des
responsables pénitentiaires ont conduit Nelson Rumbiak
à l'hôpital d'Abepura afin de faire soigner ses
blessures résultant de cette agression. Cependant, les médecins n'ont pas
pu mener à bien leur examen, car des policiers, des membres du service de
renseignements et des militaires ont pénétré dans l'hôpital et ont
cherché à mettre la main sur lui. Il a ensuite été renvoyé en prison. On
ignore son état de santé actuel.
Les
sept hommes en instance de jugement refusent désormais de comparaître
devant le tribunal par crainte pour leur sécurité. La prochaine audience
doit se tenir le 1er septembre.
Par
le passé, dans la province de Papouasie, les forces de sécurité ont
commis des actes de représailles arbitraires, dont des exécutions
extrajudiciaires et des actes de torture, après que des policiers ont été
tués ou blessés. À la suite du décès de deux policiers et d'un agent de
sécurité en décembre 2000, des policiers armés ont fait une incursion
dans une résidence universitaire à Abepura. Un
étudiant a été tué lors de cet épisode et plus d'une centaine d'autres
ont été détenus arbitrairement et torturés. Deux étudiants sont décédés
des suites de ces actes de torture. Personne n'a été tenu pour
responsable de ces crimes. Deux policiers traduits devant le tribunal des
droits humains de Makassar ont été acquittés en
septembre 2005.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en bahasa
indonesia, en anglais ou dans votre propre
langue) :
-
déclarez-vous
préoccupé par la sécurité des sept avocats et défenseurs des droits
humains (merci de préciser leurs noms) défendant des personnes accusées
d'avoir pris part aux violences qui ont secoué la Papouasie les 15 et 16
mars derniers ;
-
appelez les
autorités à enquêter sur les menaces de mort qu'ont reçues par SMS Ecoline Situmorang, David Sitorus et Aloysius Renwarin le 1er septembre, ainsi que sur le fait que
des membres de l'équipe de défenseurs ont été suivis, et demandez que les
responsables présumés de ces menaces et autres actes d'intimidation
soient traduits en justice ;
-
exhortez les
autorités à prendre immédiatement des mesures concrètes en vue de
garantir la sécurité de ces défenseurs, ainsi que celle des autres
militants des droits humains en Papouasie ;
-
demandez aux
autorités de garantir que les 16 hommes déjà condamnés et les sept
détenus en cours de jugement ne seront pas soumis à des actes de torture
ni à d'autres formes de mauvais traitements et que toutes les mesures
nécessaires seront prises pour qu'ils ne subissent pas d'actes de
représailles de la part des membres des forces de sécurité ;
-
exhortez les
autorités à mener une enquête indépendante sur les allégations de torture
et de mauvais traitements lors des interrogatoires des détenus ainsi que
sur les informations selon lesquelles Nelson Rumbiak
aurait été agressé le 28 août à sa sortie du tribunal ;
-
demandez-leur de
veiller à ce que chaque policier et militaire soit informé du rôle
légitime des défenseurs des droits humains ainsi que de la responsabilité
qui lui incombe de protéger ces personnes en vertu de la Déclaration sur
le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la
société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés
fondamentales universellement reconnus.
APPELS À
(Veuillez noter que les
télécopieurs risquent d'être éteints en dehors des heures de bureau. Il
faut ajouter sept heures à l'heure GMT pour obtenir l'heure locale. Merci
de vous montrer persévérants.)
Chef de la police
Jl. Jend
A. Yani,
Jayapura, Papua, Indonésie
Fax : + 62 96 7531027
Formule d'appel :
Dear Kapolres, / Monsieur,
Chef de la police [province
de Papouasie]
Jl. R. Samratulangi
No.8, Jayapura, Papua, Indonésie
Fax : +62 967 537211
Formule d'appel :
Dear Kapolda, / Monsieur,
Bureau du procureur en
Papouasie
Jl. Anggrek
No.6 , Base G Pasir II
Tanjung Ria, Jayapura, Papua, Indonésie
Fax : + 62 967 541140
Formule d'appel : Dear Sir, / Monsieur le Procureur,
Chef de la police nationale
General Sutanto,
Jl. Trunojoyo 3, Kebayoran
Baru, Jakarta Selatan,
Indonésie
Fax : + 62 21 720 1402
Formule d'appel :
Dear General Sutanto, / Mon
Général, (si c'est un homme qui écrit) ou Général, (si c'est une femme
qui écrit)
COPIES À
Président
President Susilo Bambang
Yudhoyono, Istana Merdeka, Jakarta 10110, Indonésie.
Fax : + 62 21 345 2685 / 526
8726
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques de l'Indonésie dans votre pays.
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of the Law
Society of England and Wales.
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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