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IDHAE INFORMATION
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Ana Oursatchi et Roman Zadoïnov, avocats ayant étroitement
collaboré avec Amnesty International pour le lancement d'Actions urgentes
dans des affaires de torture, ont été informés le 28 juin qu'ils faisaient
l'objet de poursuites pénales pour dissémination de fausses informations
concernant des violations des droits humains en Moldavie. Dans une lettre
adressée le 26 juin à l'Ordre national des avocats de Moldavie, les services
du procureur général indiquent que les deux avocats sont accusés d'«exercice
abusif d'une fonction officielle» en vertu de l'article 335 du Code pénal, ce
qui signifie qu'ils risquent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement ou une amende.
Ana Oursatchi est l'avocate de Sergueï Gourgourov, qui aurait été
torturé par des fonctionnaires du poste de police du district de Ryshkan à
Chişinău, la capitale, le 25 octobre 2005. Amnesty International a
lancé une Action urgente à son sujet le 18 novembre 2005 et, le 9 décembre,
Sergueï Gourgourov était libéré sous caution (AU 292/05, EUR 59/006/2005, 18
novembre 2005). La publicité suscitée par cette affaire a manifestement
plongé le bureau du procureur général dans un profond embarras et dans une
lettre adressée à Amnesty International le 9 mars, celui-ci a affirmé que la
version des événements relatée dans l'Action urgente «ne correspond[ait] pas
à la réalité [et] gén[érait] image crise pour notre État (sic)». Une autre
Action urgente a été lancée en faveur de Sergueï Gourgourov, lorsqu'il a de
nouveau été arrêté le 18 avril 2006. Il a été remis en liberté le 12 mai.
Aucune mesure n'a été prise contre les policiers mis en cause. Vitalii Kolibaba, le client de Roman Zadoïnov, aurait été torturé
au poste de police du district de Buiucani à Chişinău le 25 avril
2006. Il aurait été suspendu à un pied de biche et battu puis, de retour dans
sa cellule, il a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant les veines.
Vitalii Kolibaba a été libéré sous caution le 15 mai, après le lancement
d'une Action urgente en sa faveur. À la fin du mois de mai, le bureau du procureur
général a fait savoir à son avocat que les policiers en cause ne feraient pas
l'objet de poursuites pénales. Dans sa lettre à l'Ordre national des avocats de Moldavie, le
bureau du procureur général fait référence aux Actions urgentes lancées par
Amnesty International dans ces deux cas en soulignant qu'aucun élément ne
tendait à prouver que des actes de torture avaient été commis dans un cas
comme dans l'autre. La lettre continue comme suit : «Dans de telles
circonstances, le comportement irresponsable et l'opposition injustifiée des
avocats Ana Oursatchi et Roman Zadoïnov sont incompréhensibles et
contestables […] Ces avocats ont renvoyé à la communauté internationale une
mauvaise image de leur pays en ayant recours à des méthodes inappropriées pour
défendre les intérêts de leurs clients.» Le bureau du procureur général
demande en outre à l'Ordre national des avocats de Moldavie d'user de tous
les moyens à sa disposition pour prévenir de nouvelles atteintes aux intérêts
de l'État. INFORMATIONS GÉNÉRALES En avril 2006, dans l'affaire Corsacov c. Moldavie, la Cour
européenne des droits de l'homme a estimé que la Moldavie avait violé
l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, le demandeur
ayant été victime de mauvais traitements aux mains de la police. Elle a par
ailleurs jugé que le bureau du procureur général n'avait pas mené une enquête
satisfaisante et qu'en refusant d'ouvrir des poursuites contre les policiers
mis en cause, il avait privé le demandeur du droit d'obtenir réparation pour
les mauvais traitements qu'il avait subis. Amnesty International est préoccupée à l'idée que la lettre
adressée à l'Ordre national des avocats de Moldavie ne soit une tentative
d'intimidation dirigée contre Ana Oursatchi et Roman Zadoïnov et ne vise à empêcher
les avocats de Moldavie de rendre publiques des informations concernant les
violations des droits humains perpétrées dans ce pays. Il s'agit là d'une
atteinte au droit à la liberté d'expression et si ces avocats venaient à être
emprisonnés pour un tel motif, Amnesty International les considèrerait comme
des prisonniers d'opinion. ACTION
RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible
aux destinataires mentionnés ci-après (en roumain, en moldave, en russe, en
anglais ou dans votre propre langue) : - exhortez les autorités à ne pas engager de poursuites pénales
contre Ana Oursatchi et Roman Zadoïnov pour avoir exercé légitimement leur
droit à la liberté d'expression ; - demandez-leur de mettre immédiatement fin à toute tentative
d'intimidation et de harcèlement contre des avocats remplissant légitimement
leurs obligations professionnelles ; - rappelez aux autorités qu'en tant que partie au Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Moldavie est
tenue de respecter l'article 19 de cet instrument, en vertu duquel toute
personne a droit à la liberté d'expression, ce droit comprenant «la liberté
de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de
toute espèce, sans considération de frontières» ; - rappelez-leur également qu'en vertu de l'article 5 de la
Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et
organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les
libertés fondamentales universellement reconnus, chacun a le droit, aux
niveaux national et international, de communiquer avec des organisations non
gouvernementales ou intergouvernementales. APPELS À Procureur général de la République de Moldova : Valeriu BALABAN Mitropolitul Banulescu-Bodoni Str. 26 MD-2005 Chisinau Moldavie Fax : +373 2221 2032 Formule d'appel : Dear Prosecutor General, / Monsieur le Procureur général, COPIES À Ministre des Affaires étrangères : Andrei STRATAN 31 August Str. 80 MD – 2012 Chisinau Moldavie Fax : +373 2223 2302 Président de l'Ordre national des avocats de la République de
Moldova : Gheorghe Amihalachioaie 53/A Mitropolitul Banulescu-Bodoni Str. MD-2012 Chisinau Moldavie Veuillez n'envoyer que des courriers postaux (pas de fax) à l'Ordre
national des avocats de Moldavie Avocate parlementaire (médiatrice) chargée questions relatives
aux droits humains : Mrs Raisa APOLSCHII Director of Centre for Human Rights in the Republic of Moldova 16 Sfatul Tarii Str MD - 2012 Chisinau Moldavie Fax : +373 2222 5442 ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Moldavie dans
votre pays. MERCI D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. DOCUMENT PUBLIC EUR 59/005/2006 AU 183/06 |
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