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La Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) de graves
menaces visant plusieurs défenseurs des droits de l’Homme en République
centrafricaine, dans le cadre, notamment, de troubles survenus du 3 au 6
janvier 2006, à Bangui.
Selon les informations reçues, des troubles ont éclaté à la suite d’une
rixe entre militaires dans la nuit du 2 au 3 janvier 2006, lors de
laquelle le sous-lieutenant Wilfrid Yango Kapita a été abattu par le
sergent chef M. Jean-Claude Sanzé. Ce dernier, extrait de la geôle où il
se trouvait en garde à vue, puis torturé par des camarades de M. Wilfrid
Yango Kapita, a été abattu dans les locaux du Service de renseignement et
d’investigation (SRI), le 3 janvier 2006.
Selon les information reçues, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2006 au
matin, le domicile de Me Nicolas Tiangaye, ancien président de la LCDH, ancien bâtonnier de
l’Ordre des avocats du Barreau de Centrafrique et ancien président du
Conseil national de transition, dont M. Sanzé a été l’aide de camp, a été
mis à sac et pillé. Il est à craindre que ces actes de violences ne
s’inscrivent en représailles des nombreuses positions de Me Tiangaye en
faveur de l’état de droit, des droits de l’Homme et de la démocratie.
Par ailleurs, le 3 janvier 2006, lors d’une réunion au siège du Kwa Na
Kwa (« Le travail rien que le travail » – KNK), groupement de
partisans du président de la République, M. François Bozizé, composé
d’hommes politiques et de « libérateurs » (militaires l’ayant soutenu
durant le coup d’Etat de mars 2003), M. Célestin Dogo, un militaire connu
pour être l’auteur de nombreuses violations des droits de l’Homme, y
compris des assassinats, a déclaré vouloir « régler son compte » à Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, avocat et président de la
LCDH. Ces déclarations s’inscrivent dans le cadre de menaces plus
générales visant Me Goungaye Wanfiyo à qui il a été rapporté que certains
militaires entendaient créer des troubles, et profiter de cette situation
pour l’exécuter. En raison de ces menaces, Me Goungaye est momentanément
entré en clandestinité.
Ces faits s’inscrivent en flagrante violation des dispositions de la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment de
ses articles 5.b et 5.c selon lesquels « chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres », de « publier,
communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et
connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés
fondamentales » et « d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le
respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et
de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens
appropriés, d’appeler l’attention du public sur la question ».
Actions demandées :
Merci
d’écrire aux autorités de la République centrafricaine et leur demander
de :
i. garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique
de MM. Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, Nicolas Tiangaye et, plus
généralement de tous les défenseurs de droits de l’Homme en République
centrafricaine ;
ii. mener une enquête indépendante sur les menaces décrites ci-dessus,
afin que leurs auteurs soient identifiés et dûment jugés et sanctionnés
conformément à la loi de la République centrafricaine et aux dispositions
internationales en matière de protection des droits de l’Homme ;
iii. veiller à ce qu’ils puissent exercer leurs activités en faveur des
droits de l’Homme librement et sans entraves ;
iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs
des droits de l’Homme, en particulier à l’article 1, qui dispose que «
chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des
libertés fondamentales aux niveaux national et international », et des
articles 5.b et 5.c sus-mentionnés ;
v. plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République
Centrafricaine.
Adresses :
- M. Francois Bozize, Président de
la République. Fax : + 236 05 56 20
- M.Elie Doté, Premier Ministre. Fax
: + 236 61 42 71
- M. Michel Sallé, Ministre de
l’Intérieur chargé de l’Administration du territoire. Fax : + 236 61
26 27
M.
Paul Otto, Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et de la bonne
gouvernance. Fax : + 236 61 15 79
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Brésil dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
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