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L’Action des chrétiens pour
l’abolition de la torture - section Centrafrique (ACAT-RCA) informe de
menaces graves portées à l’encontre de Maître Bruno-Hyacinthe Gbiegba,
son président.
Selon les informations reçues, le 29 septembre 2006, Me Gbiegba a été
abordé par un inconnu qui l’a informé que deux « ex-libérateurs », ayant
soutenu le président Bozizé lors de son coup d’Etat en mars 2003, s’en «
[prendraient] à lui personnellement parce qu’il profite de ses activités
de défenseur des droits de l’homme pour s’opposer au régime en place ».
Ces deux hommes avaient été condamnés en mars 2006 à six mois de prison
avec sursis, pour coups et blessures à l’encontre de l’un des clients de
Maître Gbiegba.
Ces faits font suite à la publication d’un communiqué de presse, le 19
septembre 2006, par plusieurs organisations nationales de défense des
droits de l’Homme, notamment l’ACAT-RCA et la Ligue centrafricaine des
droits de l’Homme (LCDH), dénonçant la détention arbitraire de 14
personnes, poursuivies puis acquittées, pour « complicité de complot » et
« association de malfaiteurs », en relation avec la rébellion qui sévit
actuellement dans le nord du pays contre le régime du président Bozizé.
Suite à ces dénonciations et à la mobilisation de nombreux avocats et de
la société civile, ces 14 personnes avaient été libérées le 25 septembre
2006.
Par ailleurs, le 25 août 2006, à l’occasion d’une audience accordée aux
membres du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC,
parti d’opposition), le président Bozizé aurait évoqué l’audience du 16
juin 2006 accordée à une délégation de la FIDH, dont Maître Nganatouwa
Goungaye Wanfiyo, avocat et président de la LCDH, en précisant qu’il
avait eu envie ce jour là de «poignarder» ce dernier, joignant le geste à
la parole.
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation à l’égard de ces
menaces graves et ces propos diffamatoires, qui s’inscrivent dans un
contexte général délétère à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme
dans le pays. Ainsi, le 15 mars 2006, à l’occasion de la célébration du
troisième anniversaire de la prise de pouvoir du général Bozizé, ce
dernier, dans un discours officiel prononcé dans la ville de Mbaiki, a
qualifié les défenseurs des droits de l’Homme de « protecteur des
criminels ».
L’Observatoire considère que ces faits, qui ne visent qu’à maintenir la
société civile sous pression, s’inscrivent en flagrante violation des
dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme,
adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998,
notamment de son article 1 qui prévoit que « chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la
protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international ».
Actions demandées :
Merci d’écrire aux autorités
de la République centrafricaine et leur demander de :
i. garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique
de MM. Bruno-Hyacinthe Gbiegba et Nganatouwa Goungaye Wanfiyo et, plus
généralement, de tous les défenseurs de droits de l’Homme en République
centrafricaine ;
ii. mener une enquête indépendante sur les menaces décrites ci-dessus,
afin que leurs auteurs soient identifiés et dûment jugés et sanctionnés
conformément à la loi de la République centrafricaine et aux dispositions
internationales en matière de protection des droits de l’Homme ;
iii. veiller à ce que les défenseurs des droits de l’Homme puissent
exercer leurs activités en faveur des droits de l’Homme librement et sans
entraves ;
iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs
des droits de l’Homme, en particulier à l’article 1, mentionné ci-dessus,
et l’article 12.2, qui dispose que « l’Etat prend toutes les mesures
nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute
personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute
violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure,
pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime
des droits visés dans la présente Déclaration »;
v. plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle
des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs
aux droits de l’Homme ratifiés par la République Centrafricaine.
Adresses :
- M.
Francois Bozize, Président de la République. Fax : + 236 05 56 20
- M.Elie
Doté, Premier Ministre. Fax : + 236 61 42 71
- M.
Michel Sallé, Ministre de l’Intérieur chargé de l’Administration du
territoire. Fax : + 236 61 26 27
- M.
Paul Otto, Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et de la
bonne gouvernance. Fax : + 236 61 15 79
ainsi qu'aux représentants
diplomatiques dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
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