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ACTION URGENTE

 

SOUDAN

16 mai 2006

 

Détention au secret de

M. Mossaad Mohamed Ali et de M. Adam Mohammed Sharief

Avocats,

Du Centre Amel pour aider et soigner les victimes de viols, de torture et autres abus commis par les parties au conflit au Darfour.

 

 

Human Rights Watch &

L’Observatoire : SDN 004 / 0506 / OBS 062.1

 

Les avocats Mossaad Mohamed Ali et Adam Mohamed Sharief ont été libérés des bureaux de l’ANS le 20 mai à 17 h 30.

PLUS D'APPEL MERCI

 

Le 16 mai, les services de sécurité soudanais ont arrêté Mossaad Mohammed Ali, le coordinateur du Centre Amel pour le traitement et la réhabilitation des victimes de torture, une organisation non gouvernementale qui fournit une aide juridique, médicale et psychosociale aux victimes de viols, de torture et autres abus, dans le sud du Darfour. Aucun membre de sa famille ni aucune agence de contrôle indépendante n’a reçu l’autorisation de lui rendre visite.  
 
   Les avocats Mossaad Mohamed Ali et Adam Mohamed Sharief, spécialisés dans les droits humains, ont été libérés. Tous deux étaient détenus dans un centre de détention de l’ANS et risquaient d’être torturés ou victimes d’autres formes de mauvais traitements.

Malgré leur libération, ils sont cependant tenus de se présenter quotidiennement aux bureaux de l’Agence nationale de sécurité (ANS) à Nyala, dans le Darfour méridional.

 

Mossaad Mohamed Ali a été libéré des bureaux de l’ANS le 20 mai à 17 h 30.  Aucune charge n’a été retenue contre lui et pendant qu’il était détenu, il a été interrogé une seule fois, le 19 mai, au bout de trois jours de détention. Les questions portaient sur le Centre Amel de traitement et de réadaptation pour les victimes de torture, et il aurait été accusé d’être opposé à l’accord de paix sur le Darfour. On lui a également reproché d’inciter des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays à recourir à la violence. Mossaad Mohamed a lui aussi reçu l’ordre de se présenter quotidiennement aux bureaux de l’ANS et se voit contraint d’y rester jusqu’au soir.

 

L’ANS a refusé à la mission des Nations unies au Soudan l’autorisation de voir les deux hommes lorsqu’ils étaient en détention, bien que les autorités se soient engagées à permettre aux représentants des Nations unies de rendre visite à toute personne détenue au Darfour, et ce sans aucune restriction. Mossaad Mohamed Ali a été autorisé à voir sa famille pendant à peine cinq minutes le 19 mai, et à rencontrer un groupe d’avocats de Nyala le 20, peu avant sa remise en liberté à la suite de fortes pressions internationales sur les autorités.

 

Au Soudan, les convocations constituent fréquemment une forme de harcèlement. Les services de sécurité convoquent et interrogent une personne, ou la font s’asseoir dans leurs locaux pendant plusieurs heures. Ensuite, les convocations quotidiennes se répètent, pendant des périodes pouvant parfois aller jusqu’à deux semaines.
 
Mossaad Mohammed Ali et Adam Mohamed Shareif, avocats travaillant au Centre Amel, ont reçu l’ordre de se présenter aux bureaux des forces de sécurité soudanaises le 15 mai à Nyala, au Sud Darfour. Ils se sont présentés aux bureaux de la sécurité ce jour-là et ont été autorisés à rentrer chez eux le soir même. Le lendemain, 16 mai, Mossaad Mohammed Ali a été arrêté. Aucun chef d’accusation n’a été formulé contre lui et personne n’a été autorisé à lui rendre visite, malgré les demandes de sa famille, de son avocat et des représentants des observateurs des droits de l’homme des Nations Unies. Adam Mohamed Shareif, quant à lui, continue de se présenter quotidiennement aux bureaux des forces de sécurité mais il a jusqu’ici toujours été autorisé à rentrer chez lui.  
 
La détention de Mossaad Mohammed Ali est probablement liée au travail mené par le Centre Amel pour aider et soigner les victimes de viols, de torture et autres abus commis par les parties au conflit au Darfour. Les arrestations et détentions arbitraires ainsi que d’autres formes d’abus sont fréquemment employées par les instances gouvernementales soudanaises pour harceler et réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme; alors même que la torture et autres mauvais traitements infligés aux personnes en détention sont courants au Soudan.  
 
Des personnes travaillant pour des agences humanitaires au Darfour ont également été menacées d’expulsion ou accusées de crime passible de la peine de mort par le gouvernement soudanais au cours des deux dernières années. Sont particulièrement en danger les personnes appartenant à des agences qui ont publiquement fait le constat des atteintes aux droits de l’homme commises au Darfour. Ainsi, entre décembre 2004 et avril 2005, Human Rights Watch a rapporté l’arrestation et la détention arbitraire de plus de 20 travailleurs humanitaires et défenseurs des droits de l’homme.

 

 

 

 

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