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Le 16 mai, les services de sécurité soudanais ont
arrêté Mossaad Mohammed Ali, le coordinateur du Centre Amel pour le
traitement et la réhabilitation des victimes de torture, une organisation
non gouvernementale qui fournit une aide juridique, médicale et
psychosociale aux victimes de viols, de torture et autres abus, dans le
sud du Darfour. Aucun membre de sa famille ni aucune agence de contrôle
indépendante n’a reçu l’autorisation de lui rendre visite.
Les avocats Mossaad Mohamed Ali et
Adam Mohamed Sharief, spécialisés dans les droits humains, ont été
libérés. Tous deux étaient détenus dans un centre de détention de l’ANS
et risquaient d’être torturés ou victimes d’autres formes de mauvais
traitements.
Malgré leur libération, ils sont cependant tenus de se
présenter quotidiennement aux bureaux de l’Agence nationale de sécurité
(ANS) à Nyala, dans le Darfour méridional.
Mossaad Mohamed Ali a été libéré des bureaux de l’ANS
le 20 mai à 17 h 30. Aucune charge
n’a été retenue contre lui et pendant qu’il était détenu, il a été
interrogé une seule fois, le 19 mai, au bout de trois jours de détention.
Les questions portaient sur le Centre Amel de traitement et de
réadaptation pour les victimes de torture, et il aurait été accusé d’être
opposé à l’accord de paix sur le Darfour. On lui a également reproché
d’inciter des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays à recourir à
la violence. Mossaad Mohamed a lui aussi reçu l’ordre de se présenter
quotidiennement aux bureaux de l’ANS et se voit contraint d’y rester
jusqu’au soir.
L’ANS a refusé à la mission des Nations unies au
Soudan l’autorisation de voir les deux hommes lorsqu’ils étaient en
détention, bien que les autorités se soient engagées à permettre aux
représentants des Nations unies de rendre visite à toute personne détenue
au Darfour, et ce sans aucune restriction. Mossaad Mohamed Ali a été
autorisé à voir sa famille pendant à peine cinq minutes le 19 mai, et à
rencontrer un groupe d’avocats de Nyala le 20, peu avant sa remise en
liberté à la suite de fortes pressions internationales sur les autorités.
Au Soudan, les convocations constituent fréquemment
une forme de harcèlement. Les services de sécurité convoquent et
interrogent une personne, ou la font s’asseoir dans leurs locaux pendant
plusieurs heures. Ensuite, les convocations quotidiennes se répètent,
pendant des périodes pouvant parfois aller jusqu’à deux semaines.
Mossaad Mohammed Ali et Adam Mohamed Shareif, avocats travaillant au
Centre Amel, ont reçu l’ordre de se présenter aux bureaux des forces de
sécurité soudanaises le 15 mai à Nyala, au Sud Darfour. Ils se sont
présentés aux bureaux de la sécurité ce jour-là et ont été autorisés à
rentrer chez eux le soir même. Le lendemain, 16 mai, Mossaad Mohammed Ali
a été arrêté. Aucun chef d’accusation n’a été formulé contre lui et
personne n’a été autorisé à lui rendre visite, malgré les demandes de sa
famille, de son avocat et des représentants des observateurs des droits
de l’homme des Nations Unies. Adam Mohamed Shareif, quant à lui, continue
de se présenter quotidiennement aux bureaux des forces de sécurité mais
il a jusqu’ici toujours été autorisé à rentrer chez lui.
La détention de Mossaad Mohammed Ali est probablement liée au travail
mené par le Centre Amel pour aider et soigner les victimes de viols, de
torture et autres abus commis par les parties au conflit au Darfour. Les
arrestations et détentions arbitraires ainsi que d’autres formes d’abus
sont fréquemment employées par les instances gouvernementales soudanaises
pour harceler et réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme;
alors même que la torture et autres mauvais traitements infligés aux
personnes en détention sont courants au Soudan.
Des personnes travaillant pour des agences humanitaires au Darfour ont
également été menacées d’expulsion ou accusées de crime passible de la
peine de mort par le gouvernement soudanais au cours des deux dernières
années. Sont particulièrement en danger les personnes appartenant à des
agences qui ont publiquement fait le constat des atteintes aux droits de
l’homme commises au Darfour. Ainsi, entre décembre 2004 et avril 2005,
Human Rights Watch a rapporté l’arrestation et la détention arbitraire de
plus de 20 travailleurs humanitaires et défenseurs des droits de l’homme.
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