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L’Organisation
nationale des droits de l'Homme en Syrie (ONDHS) vient de révéler que les
autorités syriennes ont arrêté le 17 mai 2006 un important militant des
droits de l'Homme, l'avocat Anouar Bounni, dans leur campagne contre les
signataires d'une déclaration réclamant une réforme des relations avec le
Liban, a indiqué jeudi un groupe de défense des droits de l'Homme.
"Les services de sécurité ont arrêté mercredi à Damas Anouar Bounni,
directeur du Centre syrien pour les études judiciaires, dans le cadre de la
campagne d'arrestations contre les signataires de la Déclaration
Beyrouth-Damas", a affirmé dans un communiqué
Au total, neuf militants et signataires de la "Déclaration
Beyrouth-Damas", dont l'opposant et journaliste Michel Kilo, ont été
arrêtés depuis dimanche.
Cette Déclaration, diffusée le 11 mai à Beyrouth avec la signature de près de
300 intellectuels syriens et libanais, appelle à "respecter et
consolider la souveraineté et l'indépendance du Liban et de la Syrie dans le
cadre de relations institutionnalisées et transparentes".
Elle insiste sur "la nécessité d'une reconnaissance syrienne définitive
de l'indépendance du Liban. Les premiers pas dans cette direction consistent
en la délimitation des frontières et l'échange d'ambassadeurs".
La campagne avait commencé par l'arrestation dimanche de Michel Kilo, déféré
à la justice, selon l'ONDHS. Le même jour, Mahmoud Merhi, secrétaire général
de l'Organisation arabe des droits de l'Homme, et Nidal Darwich, membre des
comités de défense des droits de l'Homme et des libertés démocratiques,
avaient été arrêtés pour le même motif.
Mercredi, les services de sécurité ont détenu l'activiste et médecin Safouane
Tayfour à Hama (nord) et Mahmoud Issa, un traducteur, à Homs (au nord de
Damas), selon le président de l'ONDHS, Ammar al-Qorabi.
Une troisième personne a été arrêtée au nord-est de Damas, car elle porte le
même nom que l'un des signataires de la pétition. Il s'agit de Khaled
Khalifa, "un citoyen qui n'a aucune activité politique", a ajouté
M. Qorabi.
L'ONDHS a aussi annoncé dans un communiqué l'arrestation mercredi de Khalil
Hussein, un ancien détenu politique kurde qui fut emprisonné pendant 12 ans
en Syrie et de l'activiste des droits de l'Homme Abbas Abbas.
Deux autres Syriens, Souleimane Al-Chamr et Kamal Cheikho, qui ont signé la
pétition, ont été convoqués par les services de sécurité.
Le 20 mai, le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé samedi la présidence autrichienne de l'Union européenne (UE) d'"ingérence dans les affaires intérieures syriennes", au lendemain de sa condamnation d'une vague d'arrestations "arbitraires" en Syrie.
Dans un communiqué, le ministère a exprimé "l'étonnement du gouvernement syrien du contenu d'une déclaration de la présidence européenne et l'appelle à cesser ses tentatives flagrantes d'ingérence dans les affaires intérieures syriennes".
Le communiqué souligne le "refus de la Syrie du communiqué européen (...) car les éléments qu'il contient touchent à la souveraineté nationale d'un pays et à l'application de ses lois".
"Des pays qui ont permis l'établissement de prisons secrètes dans leurs aéroports et sur leurs territoires, en violation des principes de base des droits de l'Homme (...) n'ont pas le droit de prétendre défendre les droits de l'Homme et d'utiliser ce prétexte pour se mêler des affaires intérieures d'autres pays", a ajouté le communiqué.
"L'Union européenne qui a imposé un blocus pour affamer le peuple palestinien et annihiler son choix démocratique libre, n'a pas le droit non plus de prétendre défendre les droits de l'Homme et la démocratie", a indiqué le communiqué.
L'assistant du ministre syrien des Affaires étrangères Ahmad Arnous a convoqué samedi les ambassadeurs de l'Union européenne et d'Autriche, à qui il a remis une copie de la protestation de son pays, selon l'agence officielle Sana.
La présidence autrichienne de l'UE avait dénoncé vendredi une vague d'arrestations "arbitraires" en Syrie ces derniers jours et appelé Damas à libérer tous ses prisonniers d'opinion.
"L'UE est profondément préoccupée par la récente campagne de harcèlement de défenseurs des droits de l'Homme et de militants politiques pacifiques, et plus particulièrement par les arrestations arbitraires et le placement répété en isolement", déclare la présidence dans un communiqué.
"L'UE presse les autorités syriennes de réexaminer les cas de tous les prisonniers politiques et de libérer immédiatement tous les prisonniers d'opinion", poursuit le texte.
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