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TUNISIE

21 mai 2005

La condamnation de Me Mohamed Abbou et de Me Faouzi Ben M’Rad (suites)

Nouvel appel pour

La libération de

Me Mohamed Abbou

 Et de

Me Faouzi Ben M’Rad

 

Mohamed Abbou cesse sa  grève de la faim

Me Sonia ben Amor mise en accusation après avoir été molestée  par le directeur adjoint de la prison d’El Kef 

Le Conseil de l’Ordre refuse l’injonction du Parquet général demandant des poursuites contre Radhia Nasraoui, Ayachi Hammami, et Raouf Ayadi devant le conseil de discipline de l'Ordre et leur radiation du barreau

Visite des ambassadeurs de l’Union européenne

Condamnation par le département d’Etat des Etats-Unis

[30/05/2005 ]La Cour d'appel de Nabeul (environ 80 km de Tunis), a réduit lundi 30/05/2005 de quatre mois à 27 jours la peine à laquelle a été condamné l'avocat Faouzi Ben Mrad pour «outrage à magistrat», a-t-on appris auprès de Raouf Ayadi, l'un de ses confrères.
Suspension du sit-in qu'observaient des avocats pour réclamer la libération de leurs confrères

 

 

 

·       Me Mohammed Abbou

 

RAPPEL : Le 29 avril 2005, Me Mohammed Abbou, membre de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISSP), ancien dirigeant de l’Association des jeunes avocats et membre du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), a été condamné à 3 ans et demi de prison, à la suite d’un procès entaché de nombreuses irrégularités pour avoir " attaqué une collègue ", ce qu’il dément vivement, mais surtout pour avoir, dans des écrits sur le Web, comparé les prisons tunisiennes à celle d’Abou Ghraib en Irak, et le président Ben Ali au premier ministre israélien Ariel Sharon. (Voir : http://www.idhae.org/idhae-fr-page4.1.tun6.htm)

 

Depuis le 3 mai 2005, Me Abbou avait entâmé une “grève de la faim illimitée” à la prison du Kef (nord-ouest de la Tunisie), afin de protester contre sa détentionet les entraves que ses avocats rencontrent lorsqu’ils veulent lui rendre visite. (Le 29 avril 2005, Mme Abbou, qui effectuait sa visite hebdomadaire, n’a pas pu rencontrer son mari ni lui faire parvenir les provisions qu’elle lui avait apportées.)

 

Le Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou a informé le  15 mai 2005,  l’opinion publique nationale et internationale que Maître Abbou a décidé de mettre fin à sa grève de la faim.

 

Il a annoncé cette décision à sa femme qui est allée lui rendre visite hier à la prison du Kef. L’avocat kidnappé et illégalement emprisonné depuis le premier mars dernier, a pris cette décision après que ses avocats lui aient recommandé de le faire. Mohamed Abbou a par ailleurs confirmé à son épouse et son avocate Leila Ben Mahmoud que la revendication principale de sa grève de la faim était d’améliorer la situation de ses co-détenus et de leur permettre l’accès au soin.

 

Admiré à l’extérieur de la prison, Mohamed Abbou l’est aussi à l’intérieur. Ses co-détenus et ses geôliers lui vouent respect et admiration.

 

Toutefois, les autorités carcérales continuent de le priver de ses correspondances. Toutes les lettres, qu’il doit recevoir de sa femme ou qu’il lui envoie, ne parviennent jamais à leur destination.

 

Le Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou dénonce ses pratiques d’un autre temps.

 

  • Me Faouzi Ben M’Rad

 

Le 3 mai 2005, Me Faouzi Ben M’Rad avocat à la Cour de cassation tunisienne, autre militant des droits humains, était condamné par le Tribunal de Première Instance de Grombalia pour " outrage à magistrat ".

Informé de l’arrestation en cours d’audience de Me Ben M’Rad, le représentant de la Section de Tunis (du Barreau National) accompagné de plus de 80 avocats dont quatre membres de l’Ordre National des Avocats Tunisiens et à leur tête Monsieur le Bâtonnier Ben Moussa, se sont rendus prestement en ladite ville pour apporter leur soutien à leur Confrère et assurer in extremis sa défense. Usant du droit à un procès contradictoire et équitable reconnu à tout justiciable, les avocats ont sollicité le renvoi de l’affaire à une date ultérieure afin de pouvoir organiser la défense de Me Ben M’Rad.

L’arrestation vindicative de Me Ben M’Rad pour soi-disant « délit d’audience » intervient justement en réaction à la très grande mobilisation des avocats tunisiens pour défendre leur profession (entre autres à travers le cas de Me Abbou) contre les attaques répétées, brutales et méthodique dirigées à leur encontre par la dictature.

Tout ceci parce que Me Ben M’Rad a revendiqué avec insistance son droit, en tant qu’avocat plaidant, de poursuivre sa plaidoirie sans être incessamment interrompu par le Président.

A la suite de sa condamnation à trois ans et demi de prison ferme à la suite d'une parodie de justice sans précédent dans l'histoire de la justice tunisienne : Un scandale judiciaire qui laisse pantois ! « L'avocat de la liberté » Mohamed Abbou a décidé d'entrer en grève de la faim illimitée à partir de mardi 03 mai 2005 pour protester contre son kidnapping, sa détention illégale à la prison du Kef, son procès inique et sa condamnation scandaleuse.

Le Barreau de Tunisie a refusé de déférer à l’injonction du Parquet général  demandant des sanctions disciplinaires contre les avocats de M. Abbou, Me Sonia Ben Amor, Mme Radhia Nasraoui, M. Ayachi Hammami, et M. Raouf Ayadi. En cas de refus de l'Ordre, le Procureur Général a le pouvoir de les déférer à la Cour d'Appel...

  • Me Sonia Ben Amor

Sonia Ben Amor, avocate au Barreau de Tunis, est devenue la nouvelle cible du régime tunisien.

 

Dernier élément en date, l’ouverture d’une instruction à son encontre par la première chambre d’instruction du Tribunal de Première Instance du Kef, enregistrée sous le n° 20635/1, pour outrage verbal à fonctionnaire, dégradation du bien d’autrui et agression légère.

 

Maître Sonia Ben Amor s’était rendue, au lendemain de sa condamnation, à la prison du Kef pour rendre visite à son client, Me Abbou. La visite avait été interrompue sur ordre du directeur de la prison qui avait demandé aux gardiens de la faire évacuer du parloir. Violentée et traînée jusqu’à la porte de sortie de la prison (un médecin lui ayant notifié d’observer un repos d’une semaine), Sonia ben Amor avait chargé Mes Abderraouf Ayadi et Samir Ben Amor de déposer une plainte, ce qu’ils tentèrent de faire en vain le 3 mai, auprès du Procureur de la République. Sans surprise, ils avaient essuyé un refus illégal et arbitraire et la plainte n’avait pas pu être enregistrée. Ils avaient été contraints alors de l’envoyer par voie postale avec accusé de réception.

 

Mais contre toute attente, Maître Sonia Ben Amor d’agressée, elle se voit accuser d’être agresseur. Elle avait reçu une convocation le 7 mai 2005 à 9 heures du matin pour se présenter au poste de police sis rue de Cologne à 11 heures. Etant absente de son cabinet (elle observe le sit-in avec ses collègues depuis le 5 avril), le chef du district par la voie de son agent avait insinué que si elle ne se présentera pas, il notera bien qu’elle avait refusé de s’exécuter. Ainsi le juge d’instruction pourra légalement lui notifier un mandat d’amener en bonne et due forme et fournir un alibi aux organes de la répression pour envahir la « Maison de l’Avocat » et mettre fin à un sit-in qui a donné le tournis au régime.

 

Imperturbable, cette avocate courageuse a annoncé :

  • son refus catégorique de se présenter devant le juge d’instruction le 12 mai pour des affaires montées par la sûreté de l’Etat, elle qui n’a pas confiance dans la justice
  • son refus de servir de prétexte pour détourner l’attention des vrais dossiers, à savoir l’emprisonnement de MM Abbou et Ben Mrad.

 

Dans la matinée du 11 mai 2005, une délégation d’ambassadeurs de pays de l’Union européenne, s’est entretenue près de deux heures à Tunis, avec le ministre tunisien de la Justice Béchir Tekkari  et Hatem Ben Salem Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires européennes à propos de la répression des avocats et des évolutions inquiétantes de la situation des libertés.

 

A la suite de quoi, l’avocat Ibrahim Bouderbala a proposé à l’occasion de la réunion extraordinaire des avocats, le 14 mai de libérer Faouzi Ben Mrad et de transférer Mohamed Abbou de la prison du Kef à une prison de Tunis et de rapprocher la date de son procès en appel en échange de l’arrêt du sit-in et de la mobilisation des avocats.

 

En même temps, une grande rumeur circule à Tunis sur l’éventuelle démission du ministre de la Justice (les noms de Abdelwahab Béhi et de Abdelfattah Omar ont été évoqués) et sur des tractations en vue de décrisper la situation.

ACTION RECOMMANDEE :

Exprimez votre condamnation contre les atteintes gravissimes portées à l’endroit des vrais défenseurs de l’Etat de droit que sont les avocats tunisiens,

  • Demandez la libération inconditionnelle et immédiate de Me Abbou et Me Faouzi ben M’Rad
  • Demandez la cessation des poursuites contre Me Sonia Ben Amor
  • Demandez la traduction du directeur de la prison du Kef, son adjoint et ses agents devant la justice pour atteinte à l’intégrité physique et morale de Maître Sonia Ben Amor ; il réclame la libération ad et l’arrêt de la campagne répressive contre les avocats libres.
  • Réaffirmez le principe de l’inaliénabilité des droits de la défense,
  • Demandez l’arrêt sans délais des attaques répétées contre la profession d’avocat et ses représentants,

APPELS A :  :

M. Zine el-Abidine Ben Ali, Président de la République, Palais de Carthage, 2016 Carthage, Fax : +216 71 744 721 ou +216 71 731 009

M. Mohamed Ghannouchi, Premier Ministère, Secrétariat Général du Gouvernement, Rue de la Kasbah, 1008 Tunis, Fax : +216 71 562 378

M. Hédi M'henni, Ministère de l'Intérieur et du Développement local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Fax : +216 71 354 331 ; e-mail :mint@ministeres.tn

M Dali Jazi, Ministère de la Défense Nationale, Avenue Bab Mnara, La Kasbah, 1008 Tunis, Fax : +216 71 561 804

M. Bechir Tekkari, Ministère de la Justice et des Droits de l'homme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis, Fax : +216 71 568 106 ; email : mju@ministeres.tn

 

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