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Le
défenseur des droits humains Arnold Tsunga a été averti que les services
de renseignements de l’armée du Zimbabwe avaient reçu l’ordre de le tuer.
Cette information semble crédible et Amnesty International estime que sa
vie est gravement menacée.
Arnold Tsunga est président de la Zimbabwe
Human Rights Association (ZimRights, Association zimbabwéenne
pour les droits humains) et administrateur de la station de radio Voice
of the People (VOP, la voix du peuple), dont l’émetteur à ondes
courtes situé à Madagascar diffuse des émissions critiques envers le
gouvernement de Robert Mugabe, qui passent au Zimbabwe.
Le 26 janvier, ZimRights a été contactée par un soldat de l’armée
zimbabwéenne, qui a affirmé que les services de renseignements de l’armée
avaient reçu l’ordre de trouver Arnold Tsunga et de le tuer. Deux jours
avant, ce dernier et cinq autres administrateurs de VOP avaient été
arrêtés et présentés à un juge pour détention illégale de matériel de
radiodiffusion, parce qu’ils ne détenaient pas de licence ; or, seule la Zimbabwe
Broadcasting Holdings, gérée par l’État, possède une licence. Les six
prévenus ont été libérés sous caution.
Arnold Tsunga est président de la Zimbabwe Human Rights Association
(ZimRights qui est chargée de la réglementation des professions
juridiques du pays. Il est également directeur exécutif de l’organisation
Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR, Avocats du Zimbabwe pour
les droits humains).
À l’aube du 18 janvier, deux policiers et un soldat sont venus chercher
Arnold Tsunga chez lui, à Mutare, dans l’est du pays. Comme il était
absent, ils ont emmené ses employés de maison au poste de police. Ceux-ci
ont été relâchés plus tard sans avoir été inculpés, après l’intervention
d’avocats de la ZLHR.
Le 21 janvier, des policiers de la division de maintien de l’ordre sont
venus l’arrêter à sa résidence secondaire, à Harare, la capitale. Ne le
trouvant pas chez lui, ils ont arrêté un gardien d’immeuble et un
chauffeur travaillant pour la ZHLR et les ont accusés d’entraver leur
enquête lorsqu’ils ont déclaré qu’ils ignoraient où se trouvait Arnold
Tsunga. Les policiers ont fouillé la maison et emporté une photographie
de l’avocat sans donner la moindre explication.
Le 24 janvier, Arnold Tsunga et cinq autres administrateurs de VOP se
sont présentés au commissariat central de Harare, où ils ont été arrêtés
et inculpés, avant d’être conduits devant un juge. Ils ont tous été
libérés sous caution et cités à comparaître le 10 février.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
Au Zimbabwe, les défenseurs des droits humains mènent leurs activités
dans des conditions très restrictives. Le gouvernement du pays a recours
à des lois telles que la Loi relative à l'ordre public et à la sécurité,
ou encore la Loi relative aux organisations bénévoles privées, pour
limiter les activités des organisations de défense des droits humains. En
outre, les personnes qui ont une attitude critique vis-à-vis du
gouvernement voient leur liberté de réunion, d’expression et
d’association réduite en raison du harcèlement et des arrestations
arbitraires dont elles sont la cible.
ACTION
RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite
possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre
propre langue) :
– faites part de l’inquiétude que vous inspirent les informations selon
lesquelles les services de renseignements de l’armée auraient donné
l’ordre de trouver et de tuer Arnold Tsunga ;
– exhortez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour qu’il ne
lui soit fait aucun mal ;
– demandez-leur instamment de mener une enquête sur les menaces dont il
aurait fait l’objet et de traduire les responsables présumés en justice ;
– exhortez les autorités à respecter la Déclaration des Nations unies sur
le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la
société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés
fondamentales universellement reconnus, et à permettre aux défenseurs des
droits humains de poursuivre sans crainte leurs activités essentielles.
APPELS À
Préfet de police :
Commissioner Augustine Chihuri
Zimbabwe Republic Police
Police Headquarters
P.O. Box 8807
Causeway
Harare
Zimbabwe
Fax : +263 4 726 084 / +263 4 253 212 / +263 4 728 768
Formule d'appel : Dear Commissioner, / Monsieur le Préfet,
Ministre de la Défense :
Hon. Sydney T. Sekeramayi
Ministry of Defence, Defence House
Kwame Nkruma Avenue, Private Bag 7713
Causeway
Harare
Zimbabwe
Fax : +263 4 796762
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Ministre de l’Intérieur :
The Hon. Kembo Mohadi MP
Ministry of Home Affairs
11th Floor Mukwati Building
Samora Machel Avenue
Private Bag 505D
Causeway
Harare, Zimbabwe
Fax : +263 4 726 716
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Ministre de la Justice et des Affaires légales et parlementaires :
Hon. Patrick Chinamasa, MP
Ministry of Justice, Legal and Parliamentary Affairs
Corner House, Leopold Takawira Street, Private Bag 7704
Causeway
Harare, Zimbabwe
Fax : +263 4 772999
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
COPIES À
Organisation de défense des droits humains :
Zimbabwe Lawyers for Human Rights
6th Floor Beverley Court, Corner Nelson Mandela Avenue and Fourth Street,
Box CY 1393
Causeway, Harare, Zimbabwe
Fax : +263 4 251 468 / +263 4 723789
Courriers électroniques :
zlhr@icon.co.zw /
zlhrlaw@mweb.co.zw
Organisation de défense des droits humains :
Zimbabwe Human Rights Association
P. O. Box 3951
Harare
Zimbabwe
Fax : +263 4 707277
Courriers électroniques :
zimright@mweb.co.zw
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Zimbabwe dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR
IMMÉDIATEMENT.
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