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31 mai 2007
CHINE : (h), défenseur des
droits humains, 40 ans
Selon les informations
recueillies, la police a torturé Yang Maodong, défenseur des droits
humains, pendant sa garde à vue, dans le but de le forcer à « avouer »
des « transactions commerciales illégales ». Ces atteintes l’auraient
poussé à commettre une tentative de suicide. Yang Maodong doit
comparaître en justice le 15 juin. Amnesty International craint qu’il ne
soit privé d’une procédure équitable.
D’après certaines sources
locales officieuses, Yang Maodong affirme qu’on l’a privé de sommeil
pendant sept nuits, et qu’on l’a battu et maintenu attaché quarante jours
durant lorsqu’il se trouvait au centre de détention n° 1 de Canton, dans
la province du Guangdong (sud de la Chine), entre le 14 septembre et le
26 décembre 2006. Dans la nuit du 19 au 20 janvier, il a été transféré à
Shenyang, dans la province du Liaoning (nord de la Chine), afin de «
faciliter les investigations ». Là encore, il affirme avoir été torturé
dans des lieux inconnus par des policiers, qui l’ont attaché à un « banc
du tigre » pendant quatre heures, l’ont frappé à coups d’aiguillons
électriques aux bras, aux jambes et sur les parties génitales tandis
qu’il était suspendu au plafond par les membres, et l’ont giflé au point
que son visage était gonflé. Yang Maodong dit qu’il a tenté de se
supprimer le lendemain.
Le 19 mars, des policiers
l’auraient battu sans interruption pendant environ cinq minutes à coups
d’aiguillons électriques (éteints). Après avoir reçu ce traitement, Yang
Maodong a déclaré qu’il avait décidé d’« avouer » tout ce qu’on lui
demanderait d’« avouer ». Le 27 mars, il a été ramené à Canton, où il a
vraisemblablement été mieux traité.
Yang Maodong est surtout connu pour avoir fourni une assistance
juridique à des villageois de Taishi, dans la province du Guangdong,
alors que ceux-ci s’efforçaient d’obtenir la destitution du chef de leur
village, apparemment corrompu, en 2005. Il a déjà été arrêté, placé en
résidence surveillée et battu par la police pour les activités qu’il a
menées en faveur des habitants de Taishi. Bien que les charges retenues
contre lui aient un rapport avec ses activités commerciales, Yang Maodong
affirme que la police l’a surtout interrogé sur les événements qui s’étaient
produits à Taishi en 2005 et qui, d’après elle, « ont porté atteinte à la
sécurité publique ».
En 2006, le militant et
avocat Gao Zhisheng a lancé une « grève de
la faim tournante » afin de protester contre le traitement réservé à Yang
Maodong et à d’autres défenseurs des droits humains. Yang Maodong a
lui-même rejoint ce mouvement en février 2006 et a de nouveau été placé
en détention alors qu’il observait la grève (voir l’AU 32/06, 9 février
2006, ASA 17/008/2006 et sa mise à jour ASA 17/009/2006, 15 février
2006). À cette époque, il avait adressé aux autorités chinoises une
lettre ouverte dénonçant un certain nombre de problèmes, notamment le
recours à une force excessive lors de la répression gouvernementale de
mouvements de la société civile dans les zones rurales, ainsi que les
expulsions forcées. Cette lettre a également été publiée sur Internet.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Malgré l’adoption de
plusieurs mesures visant à limiter le recours à la torture et à d’autres
formes de mauvais traitements, ces pratiques restent très répandues en
Chine. Parmi les méthodes couramment utilisées figurent les coups de
pied, les passages à tabac, les décharges électriques, la suspension par
les bras, l’enchaînement dans une position douloureuse et la privation de
sommeil ou de nourriture. La méthode du « banc du tigre » consisterait à
faire asseoir la victime, les jambes tendues et attachées sur un banc, et
les mains attachées derrière le dos à un support vertical sur lequel elle
appuie son buste. On place ensuite des briques ou autres objets solides
sous ses pieds ou ses jambes, de manière à tordre douloureusement
celles-ci vers le haut, parfois jusqu’à se qu’elles se brisent. Des
pratiquants du Fa Lun Gong détenus par la police dans le nord de la Chine
auraient été torturés à l’aide de méthodes telles que le « banc du tigre
».
Bien souvent, les tribunaux
ne font pas cas des plaintes de détenus affirmant qu’on les a torturés,
avant leur procès, dans le but de leur arracher des « aveux », et il est
rare qu’une enquête impartiale soit menée à la suite de telles
allégations. En novembre 2006, Wang Zhenchuan, procureur général adjoint
de la République populaire de Chine, a reconnu que, chaque année, au
moins 30 personnes étaient condamnées à tort à la suite de déclarations
obtenues sous la torture. De toute évidence, cependant, le nombre réel
d’erreurs judiciaires était plus élevé.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux
destinataires mentionnés ci-après (en chinois, en anglais ou dans votre
propre langue) :
demandez instamment qu’une
enquête indépendante et impartiale soit menée sur les allégations selon
lesquelles Yang Maodong a été torturé, afin que les responsables présumés
soient traduits en justice ;
priez les autorités de
veiller à ce que cet homme bénéficie d’une procédure équitable et
conforme aux normes internationales ;
exhortez-les à faire le
nécessaire pour que Yang Maodong ne soit plus soumis à la torture ni à
d’autres formes de mauvais traitements ;
demandez-leur de permettre à
Yang Maodong de recevoir des visites régulières de ses proches et
d’avocats de son choix, ainsi que de bénéficier de tous les soins
médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
priez instamment les
autorités de veiller à ce que chaque défenseur des droits humains en
Chine puisse mener ses activités légitimes, conformément aux garanties
constitutionnelles de protection des droits fondamentaux et aux
engagements internationaux en matière de droits humains.
APPELS À :
Premier ministre : WEN Jiabao
Guojia Zongli
The State Council, 9
Xihuangcheng Genbeijie Beijingshi 100032, Chine
Courriers électroniques :
[Email]
Formule d’appel : Your
Excellency, / Monsieur le Premier ministre,
Procureur général du parquet
suprême de la République populaire de Chine :
JIA Chunwang Jianchazhang
Zuigao Renmin Jianchayuan
147 Beiheyandajie
Beijingshi 100726, Chine
Formule d’appel : Dear
Procurator General, / Monsieur le Procureur général,
Gouverneur de la province du
Guangdong :
HUANG Huahua Shengzhang
Guangdongsheng Renmin Zhengfu
9 Lou, 305 Dongfeng Zhonglu
Guangzhoushi 510031
Guangdongsheng, Chine
Fax : +86 20 83135073/
83132377
Courriers électroniques :
[Email]
Formule d’appel : Dear
Governor, / Monsieur le Gouverneur,
Procureur général du parquet
populaire de la province du Guangdong :
ZHANG Xuejun Jianchazhang
Guangdongsheng Renmin
Jianchayuan
26 Cangbianlu
Guangzhoushi 510090
Guangdongsheng, Chine
Formule d’appel : Dear Sir, /
Monsieur,
COPIES À :
Secrétaire du Comité de Parti
pour la province du Guangdong :
ZHANG Dejiang Shuji
Zhonggong Guangdongsheng
Weiyuanhui
Guangzhouzhi, Guangdongsheng,
Chine
Formule d’appel : Dear
Secretary / Monsieur,
MERCI
D’ENVOYER LES APPELS IMMEDIATEMENT.
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