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Muhammad Radun, 56
ans, avocat et président de l’Organisation arabe des droits humains en
Syrie, ancien prisonnier d’opinion,
arrêté le 22 mai à son bureau, à Lattaquié (sur la côte ouest), par des membres
de l’Al Amn al Siyassi (Sécurité politique), a été libéré le 3 novembre. Il avait été
arrêté le 22 mai 2005 à la suite de déclarations faites par l’organisation
de défense des droits humains qu’il préside, et qui concernaient les droits
de la personne en Syrie.
Muhammad Radun est
l’un des 190 prisonniers politiques qui ont été relâchés à la faveur d’une
grâce collective accordée par le président syrien pour marquer la fête
musulmane de l’Aïd el Séghir.
Avant sa remise en
liberté, Muhammad Radun devait passer en jugement devant la Mahkamat Amn al
Dawla al Aliya (Cour suprême de sûreté de l’État), le 4 décembre, pour «
diffusion de fausses informations » et « participation à une organisation
illégale de dimension internationale ». Il a été détenu à l’isolement
cellulaire dans la prison d’Adhra, près de Damas, la capitale, jusqu’à sa
libération.
Me Muhammad Raduna
été Dans un premier temps, il a été placé dans un centre de détention de la
Sécurité politique à Lattaquié, avant d’être transféré dans une autre
section de cet organisme à Damas, la capitale. Muhammad Radun aurait été
inculpé de «diffusion de fausses informations» à la suite,
semble-t-il, de déclarations faites par son organisation au sujet des
droits humains en Syrie.
Muhammad Radun, comme plusieurs autres militants des droits de la personne,
est privé du droit de quitter la Syrie en raison de ses activités. Ainsi,
le 23 novembre 2004, Muhammad Radun et Mahmoud al Aryan, son collègue,
n’ont pas été autorisés à se rendre en Égypte pour participer à une
conférence de l’Organisation arabe des droits humains.
L’arrestation de
Muhammad Radun semble s’inscrire dans une intensification soudaine des
actes de harcèlement visant les défenseurs des droits humains, qui ont vu
leurs activités brusquement limitées (voir le communiqué de presse
d’Amnesty International MDE 24/034/2005 du 25 mai 2005, ainsi que les
communiqués Syrie. Ali al Abdullah doit être remis en liberté, les
arrestations et actes de harcèlement des défenseurs des droits humains en
Syrie doivent cesser, MDE 24/028/2005, du 20 mai 2005, Syrie.
Muhammad Radun doit être remis en liberté et toutes les charges pesant
contre lui doivent être abandonnées. La politique de harcèlement et
d’arrestations systématiques des défenseurs des droits humains doit cesser,
MDE 24/029/2005 du 23 mai 2005, l’AU 131/05, MDE 24/027/2005 du 19 mai
2005 et l’AU 139/05, MDE 24/032/2005 du 25 mai 2005).
Le 30 mai dernier, Muhammad Radun a été inculpé de «diffusion de fausses
informations» et de «participation à une organisation illégale de
dimension internationale» par la Mahkamat Amn al Dawla al Aliya
(Cour suprême de sûreté de l'État). S’il est reconnu coupable, il encourt
une peine de plus de trois ans d’emprisonnement.
Les chefs d’inculpation retenus contre Muhammad Radun ont, semble-t-il, un
lien avec les déclarations faites par son organisation au sujet des droits
humains en Syrie. Selon les informations recueillies, il est toujours en
détention à Damas, la capitale syrienne, dans une section de l’Al Amn al
Siyassi (Sécurité politique).
Muhammad Radun risque de faire l’objet d’un procès inique. En effet, les
procédures de la Cour suprême de sûreté de l'État sont bien loin de
correspondre aux normes internationales d’équité. Les accusés ne sont pas
autorisés à consulter librement un avocat ; les «aveux» sont considérés
comme des éléments de preuve recevables même si les accusés déclarent
qu’ils leur ont été arrachés sous la torture ; le choix des peines est
généralement laissé à la discrétion des juges et les condamnés ne peuvent
pas faire appel. En 2001, le Comité des droits de l'homme des Nations unies
a déclaré que les procédures de la Cour suprême de sûreté de l'État
n’étaient pas conformes aux dispositions du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Syrie est partie.
INFORMATIONS
GÉNÉRALES
Seules les organisations autorisées par le gouvernement peuvent exercer
leurs activités en Syrie. Depuis des décennies, les défenseurs des droits
humains sont soumis à des arrestations arbitraires et à des détentions
prolongées, ainsi qu’à des actes de torture ou à d’autres formes de mauvais
traitements. Ils sont également privés du droit à une procédure équitable
et leur liberté de mouvement est restreinte. L’arrestation de Nizar
Ristnawi et Muhammad Radun semble correspondre à une intensification soudaine
des actes de harcèlement visant les défenseurs des droits humains, qui
voient leurs activités limitées. Le sheikh Mohammad Mashuq al Khiznawi,
imam et membre de premier plan de la communauté kurde, est mort le 30 mai,
des suites, semble-t-il, d’actes de torture qui lui ont été infligés alors
qu’il était maintenu en détention au secret par l’Al Mukhabarat al
Askariyya (Service des renseignements militaires). Cet homme était
connu pour avoir critiqué ouvertement la violence et le terrorisme, et il
avait réclamé dernièrement l’adoption de réformes en Syrie (pour en savoir
plus, veuillez consulter l’AU 131/05, MDE 24/027/2005 et sa mise à jour).
Voir : La lettre de l'IDHAE pour Muhammad
Radoun
Agissez pour la liberation de Me Muhammad
Radun
ACTION
RECOMMANDÉE
:
dans
les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés ci-après (en anglais, en arabe, en français ou dans votre propre
langue) :
– demandez instamment que Muhammad Radun soit libérés sans délai, dans la
mesure où ils n’ont fait que mener des activités légitimes et pacifiques en
faveur des droits humains, et où ce sont, par conséquent, des prisonniers
d’opinion ;
– exhortez les autorités à abandonner les charges pesant contre Muhammad
Radun et rappelez-leur que s’il est traduit en justice, il pourra se
prévaloir du droit à un procès conforme aux normes internationales d’équité
;
– priez les autorités de permettre à ces deux hommes de recevoir
régulièrement la visite de leurs proches, de consulter l’avocat de leur
choix et de bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir
besoin ;
– efforcez-vous d’obtenir l’assurance que Muhammad Radun ne sera pas soumis
à la torture ni à d’autres formes de mauvais traitements ;
– rappelez aux autorités que l’article 38 de la Constitution syrienne
garantit la liberté d’expression des citoyens de ce pays, et soulignez
qu’en privant de liberté Muhammad
Radun, elles contreviennent aux obligations qui sont les leurs en vertu du
PIDCP, dont l’article 19 proclame le droit à la liberté d’opinion et
d’expression.
APPELS À
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Président
de la République arabe syrienne :
His Excellency Bashar al-Assad
President of the Republic
Presidential Palace
Abu Rummaneh, Al-Rashid Street
Damas, Syrie
Fax : +963 11 332 3410
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président
de la République,
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Ministre
de l'Intérieur :
His Excellency General Ghazi Kan'an
Minister of the Interior
Ministry of the Interior
Merjeh Circle
Damas, Syrie
Fax : +963 11 222 3428
Courriers électroniques : somi@net.sy
ou admin@civilaffair-moi.gov.sy
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
|
Ministre de la Justice :
His Excellency Muhammad al-Ghafari
Minister of Justice
Ministry of Justice
Al-Nasr Street
Damas, Syrie
Fax : +963 11 222 3428
Courriers électroniques : moj@net.sy
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
COPIES aux représentants
diplomatiques de la Syrie dans votre pays.
Source: MDE 24/033/2005
ÉFAI
Londres, le 3 juin
2005
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